jeudi 5 juin 2025

 

Jeudi 22 mai ; mouillage à Aughinish Bay

on est mouillés au milieu de nulle part !!!

c'est incroyable ! Cela existe encore...

On commençait à en douter...

Ce n'est pas que ce soit totalement désert ici, loin de là, il y a plein de maisons dispersées dans la campagne et les bois mais quand vous regardez tout autour cela vous donne une impression de calme absolu : pas de bruits de voitures, de camions, de sirènes de police ( ici ces sirènes sont particulièrement agressives pour les oreilles), pas de bateaux vrombissant sur l'eau avec des objets gonflables à la remorque et j'en passe...

Et en prime on n'est pas obligés de surveiller les autres bateaux au mouillage autour de nous et ça c'est devenu un luxe inouï ...

Nous sommes sur la côte sud de Galway, assez près de cette ville et au pied de la montagne passe une route nationale avec énormément de circulation puisqu'elle dessert toute la côte ; ils ont amélioré cette route pour que les touristes, y compris les leurs, puissent faire tout le tour de l'Irlande en longeant la côte.

Cette route s'appelle « la Wild Atlantic Way» et elle est sacrément empruntée et malgré tout, de notre bateau, on n'entend rien ; c'est comme dans un film muet, on voit passer des caravanes de bus de touristes mais nous n'avons aucun son, c'est assez amusant...

Nous sommes dans une région appelée Le Burren ; nous l'avions visitée en bus (de touristes justement parce qu'à l'époque nous n'avions pas de vélos) en 2007.

C'est un endroit assez désertique, la roche y est à nue sur de grands espaces ce qui a fait dire au géomètre de Cromwell « ici il n'y a pas assez d'eau pour noyer un homme, pas assez d'arbres pour le pendre et pas assez de terre pour l'enterrer » et Dieu sait s'il s'y connaissait pour toutes ces actions...

Charmant bonhomme....

C'est très vallonné avec des petites montagnes de 200 à 300m de haut, complètement dénudées mais à leurs pieds la terre a fini par y rester, permettant ainsi à la végétation de s'y fixer et aux hommes d'y faire de l'élevage et des semences...

Mais pas partout parce qu'il faut aussi tenir compte du vent qui en balaye pas mal...

Cette roche calcaire est fissurée en quadrillage presque parfait comme si on l'avait coupée avec un couteau  ; les coupures peuvent être profondes mais pas très larges et dans les interstices la terre s'y est mise à la longue et il y pousse des plantes rares dans la région comme des plantes Alpines et Méditerranéennes...

Bernard a décidé ce matin de reprendre ses bonnes habitudes en allant pêcher, sauf que...

Il n'avait pas vraiment fait tourner le moteur hors-bord et quand il l'a arrêté pour pêcher là-bas en dehors de la baie, il n'a jamais voulu redémarrer et moi je l'attendais pour profiter de la marée basse et aller ramasser des coquillages, ce qui a été partiellement manqué bien sûr...

La où la rivière fait un coude il y a une bande de gravillons mélangé à des petits morceaux de coquilles diverses de la taille d'un grain de sable qui traverse la rivière et elle n'est hors d'eau que peu de temps à marée haute ; c'est le domaine des oiseaux , ce qui veut dire qu'il y a à manger, donc des coquillages genre moules, coques, praires ou même huîtres....

Mais quand nous y sommes allés elle était à 1m50m sous l'eau...

L'eau est très claire ici, on voit bien le fond, cela nous change de la lagune fermée de Kilrush...

En passant ce matin Bernard a jeté la nasse pas très loin du bateau...

Au cas ou des homards auraient l'idée, avec le mauvais temps annoncé, de rentrer dans la baie !

Il y a des suicidaires des fois …

On a quand même débarqués sur la presqu'île qui ferme la baie pour voir ce qu'on y trouvait : cela a été des gros bigorneaux et une grosse huître...

C'est un début...

On est restés à bord cet aprem car le vent se lève dès l'après midi ; il n'y a guère de vagues, plutôt du gros clapot dû au vent, ce qui ne nous fait beaucoup bouger, c'est confortable...

Vendredi 23 mai ; mouillage à Aughinish Bay

On n'est pas partis encore assez tôt ce matin pour aller sur la langue de gravillons : quand on est arrivés, il ne restait pas beaucoup de surface sèche et la marée monte vite ; on a juste pu ramasser quelques huîtres (tout de même) une seule grosse moule et quelques coques...

On fera mieux la prochaine fois...

Bernard a regarder pour les marées mais ses 2 sources ne donnent pas le même horaire, rien d'étonnant du coup que nous ayons raté le coche aujourd'hui...

En revenant nous avons récupérer ce qu'il y avait dans la nasse : des crabes verts, rien que des crabes verts...tant pis on fera une soupe de crabes !

On est partis au fond de la baie du coup, voir si l'on pouvait débarquer éventuellement avec les vélos...

Ce qui surprend ici c'est que visiblement personne n'a de canot, il n'y a donc pas de pente pour en mettre à l'eau, on dirait que les gens tournent le dos à la mer...

En fait je dis des bêtises parce que ceux qui habitent la presqu'île voient la mer de l'autre côté, ils voient probablement toute la grande baie de Galway...

Il y a une barrière, rocheuse celle-là ,qui traverse la rivière avant le fond avec une grosse colonie de phoques ; cette barrière reste visible à marée haute, c'est pour cela que les phoques y restent, ceci étant ils ont sûrement de quoi manger sinon ils ne resteraient pas, donc il doit y avoir du poisson...

Le fond, si l'on peut dire est un vrai dédale de petits chenaux ; comme il y a une route qui y passe on a chercher un endroit pour accoster et on en a trouvé 2 dont un avec 2 canots dont un grand qui doit rester dans l'eau sinon il faut être une bonne douzaine pour le tirer vu le poids qu'il doit faire...

Un chemin part de là pour rejoindre la route, ce n'est pas mal...

La baie dans laquelle nous sommes rentrés est la plus à l'ouest dans la grande baie de Galway, il y en a une autre à l'Est de la nôtre que nous connaissons déjà : elle n'a pas la même orientation : la nôtre est orientée de l'ouest vers l'Est plus ou moins alors que l'autre est orientée nord-ouest sud.

Du coup le fond de cette baie où se trouve une ville, Kinvarra, est très proche de nous, à seulement 5km, ce n'est rien en vélo, à condition qu'il fasse beau...

Il y a plusieurs endroits avec des parcs à huîtres dans la baie dont beaucoup ont l'air d'être abandonnés, on les voit bien avec l'eau claire ; c'est beaucoup de travail pour peu de gains souvent...

On est rentrés assez tard mais de toute façon après 15h il y a beaucoup de vent et souvent il pleut..

On a fait notre soupe de crabes ; ne vous faites pas d'illusions, on y passe autant de temps que pour une soupe de poissons, vu que je la fais de la même façon et on y a passé l'après-midi...

En dehors des crabes j'y ai mis quelques pommes de terre, pour l'épaissir un peu, des oignons, de l'ail, des graines de fenouil, du safran et de la sauce tomate ; en goût c'est plus fin que la soupe de poissons...

En bref quel régal !!!

Lundi 26 mai ; Aughinish Bay

Voilà 3 jours que nous ne pouvons bouger du bateau ; eh oui c'est aussi çà de vivre à bord d'un bateau, c'est qu'en cas de très mauvais temps il faut se trouver des occupations...

De toute façon on est tous les 2 malades : on ne s'est pas rhabillés assez vite parce qu'avec le vent fort( 40nds dans les rafales) et la pluie, la température extérieure est bien tombée...

Dedans on a le poêle, il fait bon, heureusement !

Comme j'ai du temps et comme j'imagine que lorsque vous lisez ce blog c'est justement quand vous avez un peu de temps, je vais vous parler des oiseaux de mer que l'on retrouve maintenant , avec photos à l'appui, quoique ces photos n'ont pas été faites cette année, mais un oiseau est un oiseau...

LES OISEAUX DE MER

Pour la plupart on commence à les voir en France du côté de la Bretagne du Nord et très exactement dans l'archipel des 7 îles et encore pas partout car ses oiseaux sont farouches, intuitivement ils n'aiment pas les endroits trop peuplés par les hommes....

En revanche ils ne sont pas craintifs quand ils sont à terre, j'étais à moins de 2m d'eux quand je les ai photographiés....

Quand ils sont sur l'eau, ils s'échappent vite devant l'annexe ou alors il faut être à la rame...

Il y a ceux que l'on ne voit pas au large et qui nichent au raz de l'estran (l'estran étant la terre qui est recouverte ou non suivant la marée).

Tout d'abord il y a« l'huîtrier-pie »

Il a un cri abominable, fort et sec et vous le savez tout de suite s'il y en a autour de vous !!!

C'est un peu plus gros qu'un merle, blanc et noir avec des pattes roses assez longues, ça court vite mais surtout il a un très long bec rouge orangé vif, il est totalement immanquable !

Si vous êtes trop près de son nid il ne vous attaquera pas mais il va s'égosiller à vous déchirer les tympans ! Il va également essayer de vous emmener loin de son nid en faisant semblant d'être blessé, en laissant traîner une aile par exemple, et je vous assure que c'est très convainquant !

Nous en avons vu quelques uns en Algarve...

Qui surveillaient justement les parcs à huître et pourtant il paraît qu'ils n'en mangent pas...

Ensuite il y a les « guillemots-miroir »

Eux ils sont totalement inoffensifs, ils barbotent tranquillement dans les eaux calmes d'une baie et on ne les entend jamais...

De la taille d'un merle, noir avec juste une tache blanche sous les ailes, eux ils ont surtout les pattes qui sont rouges et juste l'intérieur du bec; nous n'en n'avons jamais vu à terre hormis de temps à autre mais tout au bord sans y rester apparemment …

Les mâles et les femelles sont identiques

Ils se font sécher les ailes régulièrement en les étendant tout en restant dans l'eau, ils sont amusants à voir...

Ensuite les oiseaux qui restent en mer ou sur les falaises.

A part les goélands et les mouettes que tout le monde connaît, ici il y a des « mouettes Tridactyles »qui nichent dans le haut des falaises et ont un bec plus courbé que leurs homologues et sont moins braillards...

Ils vivent souvent en colonie mais on voit quelquefois des couples isolés...

Ensuite viennent les « Guillemots de Troïls»

Ils nichent aussi sur les strates des falaises en dessous des autres, en théorie sur les guides, mais en pratique tout ce petit monde n'en a rien à faire de la théorie et tout le monde va nicher où il trouve une place suffisante pour installer son nid sous ses fesses que ce soit les Mouettes ou les autres !!!

Ces oiseaux sont très fins et élégants surtout au moment de la reproduction ; ils émettent un petit cri sauf quand ils sont en colère si vous sous approchez trop près de leur nid...

Au moment de la nidification ils peuvent arborer une jolie ligne blanche qui va de l’œil vers l'arrière de la tête...

Ils ne plongent pas pour trouver leur nourriture mais vont nager et plongent depuis la surface de l'eau et peuvent descendre très profond en s'aidant de leurs ailes...

La seule chose que je ne peux pas vous montrer sur une photo c'est qu'une colonie de ces oiseaux qui peux être d'une centaine d'individus ,ça pue et c'est rien de le dire et c'est extrêmement bruyant !!!

Avec eux , immanquablement , il y a les « Pingouins-torda »ou « petit pingouin »

Drôle de nom, s'il en est, car ces pingouins sont de la taille des guillemots mais en revanche c'est le seul pingouin qui vole...

Ils vivent en colonie eux aussi et se mélangent toujours aux Guillemots de Troïls, en fait ils mènent la même vie....

Les œufs de tous ces oiseaux sont allongés, un peu pointu au bout, pour qu'ils ne roulent pas et ne tombent pas à l'eau depuis le nid qui est souvent juste une petite plate-forme...

Ils ont un bec carré avec une bande blanche qui court de dessous les yeux vers le bec...

Eux aussi on peut les approchez sans crainte malgré leur aspect un peu rébarbatif...

Si vous voyez des Guillemots sur l'eau il y aura forcément parmi eux des Pingouins-torda et éventuellement, mais ne nichant pas dans les falaises, vous pourrez voir ces mignonnes petites peluches que sont les « Macareux Moines »

Eux ne nichent pas dans les falaises mais sur le gazon au-dessus ; ils creusent des terriers mais s'il y a des lapins ils occupent leurs terriers que ceux-ci , apparemment, partagent volontiers !

C'est fou de voir ces oiseaux sortir d'un terrier avec le lapin qui le regarde ; oh cela ne dure pas longtemps car dès que les petits sont sevrés, ils sont abandonnés au bout de 6 semaines au fond du nid par leurs parents qui doivent se remettre de leur diète due au manque d'alimentation puisqu'ils donnent tout à leur petit...

Ceux-ci doivent donc se démerder, sortir du terrier et aller au bord de la falaise et se laisser tomber dans l'eau...

Pendant 3 semaines environ, les parents sautent littéralement de la falaise à intervalles réguliers pour aller pêcher des petits poissons qu'ils ramènent en travers de leur bec, poissons destinés à leur progéniture ; on a essayé de les voir les petits mais un terrier c'est long...on n'a rien vu !

Leur vol n'a rien de gracieux avec leurs courtes ailes, ce ne sont pas de grands migrateurs en volant ; mais ces oiseaux ont ceci de particulier, c'est que malgré tout, dès le mois d'août,

ils disparaissent en mer et malgré les scientifiques qui en ont bagué beaucoup, on ne sait toujours pas où ils vont...

Ils sont si petits sur les vastes océans...

Ils ont un tout petit cri, des pattes courtes ainsi que les ailes, ils doivent mesurer à peu près 25cm à peine des pattes palmées oranges mais ce qui est remarquable chez eux c'est incontestablement le bec !!!

Un arc en ciel !!! mais là aussi c'est surtout pour plaire aux filles car en dehors de cette saison il est plutôt terne ce bec et la tête passe du blanc au gris !

Vous vous asseyez sur l'herbe à un endroit que vous avez repérez avant et où il va et vous attendez !

C'est magique car il s'approche pour voir cet intrus, tout doucement ,mais sûrement !

Avec notre petite fille, qui avait 6 ans à l'époque, on l'a fait et elle est tombée amoureuse de ses petits oiseaux ….

Elle s'en rappelle encore !!!

Mais attention, en Anglais, les Macareux sont des « Puffins » si si je vous l'assure...

Hors il existe aussi des oiseaux, mais pas dans ces contrées, qui s'appellent de « Puffins » en Français. on en a vu un grand nombre dans les îles des Açores, entre autre ( nous n'avons vu que ce genre d'oiseaux et beaucoup de pigeons là-bas ). Ceux-ci sont noirs et blancs également mais ne ressemblent en rien aux Macareux ; de plus ils ont un chant particulier, plus qu'un cri, qu'ils n'émettent qu'au coucher du soleil jusqu'à 3 ou 4h du matin et comme ils nichent sur les pentes des volcans au-dessus de la mer, qui ne sont pas réellement des falaises comme on l'entend ici ;ils sont donc nombreux quand ils nichent et cela vire vite à la cacophonie une grande partie de la nuit et c'est difficile de bien dormir si vous êtes en-dessous...En dehors de cela on ne les voit qu'en vols serrés au ras de l'eau pour se nourrir mais jamais seuls à terre, on n'a pas pu les voir de près, dommage et frustrant...

Quand vous naviguez près de ses côtes un peu nordiques, pour nous Français, et que vous voyez des Guillemots sur l'eau, il y aura immanquablement des Pingouins-torda

mélangés à eux ainsi que des Macareux ; ces 3 races d'oiseaux sont très sociables entre eux...

Tous ces oiseaux chassent les poissons en piquant du nez dans l'eau et peuvent nager profondément pour les attraper, en nageant avec leurs ailes...

Ensuite il y a les « sternes » ; il y a beaucoup de catégories de « sternes »et en fonction de leur habitat, soit les pattes changent de couleur mais aussi le bec. On en trouve pratiquement sur toute la planète ; ce sont des oiseaux plutôt blancs avec le cou et la tête noire, fins, braillards avec un bec très fin soit noir soit rouge ou les 2 ou d'une autre couleur....

Ils nichent où ils peuvent mais à l'abri des regards humains : sur une grève de galets isolée, sur de la prairie en bordure d'une petite falaise ou juste en bordure de l'estran.

Elles se font un nid avec ce qu'elles trouvent et quelquefois cela peut être, malheureusement, des morceaux de filet de pêche en nylon...




Il ne faut pas s'approcher du nid car elles attaquent et peuvent vous faire un beau trou dans le crâne ! (ça doit faire mal!!!!)

Pour se nourrir elles volent à la hauteur qu'elles veulent au-dessus de l'eau et plongent en piqué pour attraper leur proie : c'est très impressionnant !

Elles arrivent à faire des changements de direction net en plein vol et peuvent également s'arrêter net dans leur piqué si leur proie est partie sans les attendre et en leur faisant un bras d'honneur !

Et elles ont un cri qui vous déchire les tympans si vous restez près d'elles ; elles ne sont pas sociables mais probablement ont-elles des raisons...

Et maintenant passons aux grands oiseaux :

Connaissez-vous les « Fous de Bassan » ?

Non sûrement...

Joli nom n'est-ce pas ?

Ce sont de grands oiseaux blancs avec le bout des ailes noir, un long bec plutôt couleur argent ; ils volent par bandes de 3 à 5 individus en rasant les vagues.

Ils vivent en colonies sur des îlots totalement désertiques et peuvent être plus de 30000 dans cette colonie...



Ce sont des oiseaux discrets qui émettent un tout petit cri, pour un oiseau de leur taille' mais ils ont une technique pour se nourrir presque unique : ils volent très haut et piquent, eux aussi mais de très haut, et ils n'ont que quelques millièmes de secondes pour replier leurs ailes et entrer dans l'eau, vu leur poids.

Ils se laissent tomber comme une pierre !

Absolument extraordinaire !

A part cela ils sont plutôt bêtes : quand on est en traversée loin des côtes on a toujours 1 ou de 2 lignes de traîne pour la pêche au gros (des fois que des thons se promènent) et immanquablement si des Fous viennent roder dans le coin vous pouvez être sûrs qu'au moins 1 va mordre à l'hameçon !

Jusque là rien de bien grave, c'est sûr : il se laisse remorquer par Bernard qui remonte la ligne, se laisse attraper sans mordre, contrairement aux goélands, Bernard le maintient pour enlever l'hameçon et le relâche...

Et qu'est-ce qu'il va faire à votre avis ? Et bien il retourne mordre à l'hameçon !

C'est fort quand même ; dans ce cas on remonte nos lignes et on attend un peu avant de les remettre...

On ne voit pas de ces oiseaux dans les mouillages protégés ils restent sur leurs îlots battus par les vents...

Voilà pour ces oiseaux ; j'espère vous avoir fait plaisir en en parlant car pour ceux qui ne naviguerons jamais vous avez peu de chances d'en voir...

Mardi 27 mai ; Aughinish Bay

On a péter les plombs ce matin !

Cela fait 3 jours que nous sommes enfermés à bord et qui plus est, malades : on a de la fièvre, on tousse, la gorge gratte, on renifle et moi j'éternue tout le temps, un vrai plaisir !!! Ah ces vieux quand ils sont malades !!!

Donc, il ne pleuvait presque plus ce matin mais surtout il n'y avait plus de vent alors on a décider d'aller aux réserves ; nos réserves pas celles du commerces.

On a bien regarder l'heure de la marée basse et on est partis emmitouflés avec le chapeau de pluie sur la tête ; il bruinait un peu au début mais ensuite le soleil s'est levé et c'était parfait !

On est arrivés trop tôt sur notre plateau alors on a fait demi-tour pour aller voir ailleurs mais nous n'avons trouvé que quelques bigorneaux...

Retour au plateau enfin à sec !

C'est qu'il est grand en fait ce plateau ! Il occupe pratiquement toute la largeur du coude de la rivière, il laisse un petit couloir que nous avons pris pour venir là.

Mais alors là on en a fait des réserves !

Des huîtres plates autant que vous voulez et plutôt grosses ; les mêmes que les Ecossaises, on avait juste à se baisser et à les ramasser...

Quelques moules mais bien grosses et bien charnues ; des coques également, des bigorneaux bien entendu mais on avait du mal à les voir car leurs coquilles étaient très noires et les cailloux également.

Le nec plus ultra a été de trouver 2 coquilles St jacques échouées, sûrement avec la tempête car sinon nous n'avions pas de raison d'en trouver....rien que 2, certes, mais c'est mieux que 0...

On est restés 2h mais il a fallu attendre que la marée remonte un peu car notre annexe était loin de l'eau et bien entendu, benêts que nous sommes, nous n'avions pas encore remis ses roues dedans au cas où...c'est malin çà ! Eh oui notre annexe a des roues, elle est ainsi plus facile à tirer...

Bref il faisait chaud, on est restés au soleil cela a fait du bien ; au rhume aussi d'ailleurs car j'ai passé l'après-midi à éternuer !

Conclusion on est très contents de notre ramassage mais j'ai passé l'après-midi couchée avec de nouveau de la fièvre...

Vous allez me demander comment on garde et stocke tout çà ?

Eh bien c'est simple comme bonjour : on a fait en partie et on a acheté des filets en forme de sacs, certains de ces filets avec de la grosse maille en fil bien épais pour les huîtres par exemple et d'autres en mailles plus petites pour les bigorneaux ; ils sont fermés en haut par une garcette (grosse ficelle ou petite corde au choix pour nous ce sont des garcettes) un peu longue qui coulisse dans le filet, pas besoin de nœuds le poids seul du sac suffit à le maintenir fermé et on attache l'autre bout sur un cabillaud (bout de bois rond de section haut de 15cm env. passé au travers d'un autre bout de bois de section rectangulaire , le porte-cabillauds et qui servent pour fixer tout un tas de cordages divers et variés...

Quand on part naviguer on les remontent sur le pont et on leur »c'est marée basse pour le moment » et on les remet à l'eau dès notre arrivée....

Bon quelquefois on les oublie, on essaye de leur apprendre à nager mais ça ne marche pas...

Seuls les coques ne supportent pas la vie dans l'eau vive, il faut les faire cuire assez rapidement.

En Ecosse on a fumé des moules avec notre petit fumoir, c'est bon aussi comme ça...

Bref on a commencé notre régime alimentaire maritime,sauf pour les poissons que Bernard n'a pas encore pris....

Vendredi 30 mai ; Aughinish Bay

Comment une journée qui semblait calme, foire complètement dès le matin et finit bien !

Enfin une journée sans avoir 30 nds de vent !

Donc on a besoin d'aller faire quelques courses, les réserves s'épuisent, normal...

On va donc aller à Kinvarra en vélos, 5km ce n'est rien...

On se prépare dès le petit déjeuner avalé : les sacs étanches pour y mettre les baskets ( on ne fait pas de vélo en bottes de mer ) et les courses car ici on ne sait jamais, les coupe-vent, les ponchos pour se prémunir des embruns au retour, les vélos à sortir de leur cache, les casques  etc etc...

Au moment de sortir les vélos, il se met à pleuvoir...pas de chance...

Bernard regarde la météo et m'annonce que cet aprem se sera mieux..

Qu'à cela ne tienne...En attendant on décide de remettre le toit arrière en place et de fermer partiellement avec les bâches en place, la partie arrière du pont, on n'avait pas osé le faire avec 40nds de vent...

Comme la situation n'avait pas l'air d'évoluée et que l'heure passait on décide de déjeuner à bord...adieu le resto !

Le soleil arrive et le vent se calme pendant que nous mangeons ; on se dépêche, on sort les vélos, on les embarque avec le restant , on se change et on s'en va.

Tout va bien on a le vent dans le dos et on arrive où nous avons trouvé un endroit pour débarquer sauf que....

Dans un premier temps Bernard me dit subitement  «  on a oublié les batteries des vélos ! » et m.....e !

Mais de toute façon on a joué les novices !!!!

La marée était trop basse pour débarquer !!! et elle n'était pas encore complètement basse !!!

re m......e !!!! Franchement là !!! On est trop nuls !!! avoir oublié de regarder l'heure des marées !!!!

Tant bien que mal on s'est sortis de la vase et on est repartis pour retourner à bord en attendant que l'eau remonte un peu....

Mais le vent s'est levé un peu, on a vite enfilé nos ponchos mais tout a été trempé à bord ; heureusement nos vélos sont dans des housses normalement étanches...

Je ne vous dis pas le temps qu'il a fallu pour rentrer, vu qu'il a fallu aller au ralenti !

Heureusement il ne pleuvait plus ; on a laissé l'annexe à la remorque à l'arrière faire sa vie sans la vider et nous on a attendu...

2h après on est redescendus ; c'était mieux pour le niveau de l'eau mais on n'a pas pu aller au fond de l'anse. On est arrivé à revenir un peu en arrière et on a débarqué les vélos à un endroit qui nous paraissait moins pire pour débarquer, en les portant et en faisant attention de ne pas glisser sur les algues en chemin ; c'est Bernard qui s'en est occupé bien sûr et moi j'ai essayé de tirer l'annexe allégée vers le fond de  l'anse : un coup de gaffe au fond, un coup de rame à droite, un coup à gauche et finalement je suis restée scotchée au fond.mais assez près du but...

Heureusement la vase molle ne m'arrivait pas tout à fait en haut des bottes, j'ai donc pu remorquer l'annexe en me suspendant à elle le plus possible pour ne pas trop m'enfoncer...

Finalement j'y suis arrivé et Bernard avait eu le temps de déplier les vélos et de commencer à les amener là où on va laisser l'annexe et près du chemin pour partir.


On a mis les roues à l'annexe en se demandant si celles-ci n'allait pas s'enfoncer dans la vase,ce qui promettait d'être encore une galère....

Eh bien non, elle est montée sans gros efforts, je n'ai pas dis « sans efforts » !

On a donc réussi à partir !!!!

Magique !!!

Franchement on commençait à ne plus y croire !

La petite ville de Kinvarra est très touristique en raison de son château médiéval au bord de l'eau mais en dehors de ça il n'y a pas grand chose à voir ; il y a en revanche de très belles maisons modernes avec des pignons entièrement vitrés et de beaux jardins.

Mais il y a un petit super-marché et ce que l'on y a trouvé était suffisant mais il ne faut pas espérer y faire un gros plein....

La marée était haute à notre retour à l'annexe et elle était parfaitement au bord de l'eau...

Pas de vent pour le retour et avec un joli ciel on a ainsi clôturé cette journée riche en événements !

Lundi 2 juin ; mouillage à Kinvarra

Impossible de mettre le nez dehors pendant 2 jours ; pas trop de pluie mais beaucoup de vent...

J'ai payé cette excellente journée de vendredi en rechutant ; reprise des éternuements et impossible de dormir bien ce qui fait que le mauvais temps je ne le vois pas trop puisque je suis restée couchée, c'est malin...

Hier on avait envisagé de retourner sur notre garde-manger pour y ramasser de nouvelles moules et coques, voir des coquilles St Jacques, mais le vent en a décidé autrement et on n'a pas eu envie de se refaire mouiller et de toute façon pour ce que l'on a vu avec les jumelles, notre garde-manger n'est découvert avec les mortes-eau (pas beaucoup de différences entre la marée haute et la marée basse) que très très peu de temps et sur une toute petite surface, on a donc eu moins de regrets...

Aujourd'hui cela va mieux pour moi, il y a eu une accalmie de vent cette nuit ( on dort mieux sans bruit...)et ce matin et cela nous a permis de changer de mouillage.

Comme on ne savait pas à quoi s'attendre avec l'ancre qui avait si bien crochée le fond ( on n'a pas bougé d'un iota même avec 42 nds de vent) on craignait d'avoir du mal à la sortir et d'avoir à la laver ainsi que la chaîne si le fond était vaseux....

la carte vectorielle ne nous donne absolument pas de renseignements de cette nature contrairement à nos bons guides en papier...

Mais notre guide ne disait rien non plus car cette baie était considérée par son auteur comme « étant plutôt dangereuse ! » ; il n'avait tout simplement pas dû y aller !!!

Elle n'était donc pas cartographiée pas plus d'ailleurs que celle de Kinvarra mais dans celle-ci nous étions déjà allés en 2007...

En bref on s'y est pris de bonne heure pour partir car un coup de vent force 8 avec beaucoup de pluie est de nouveau annoncé pour cet aprem...

Ce matin c'était grand soleil avec une petite brise et l'ancre est remontée assez facilement, on a juste dû avancer un peu au delà d'elle pour l'obliger à se retourner et remonter ; on a un moteur puissant pour faire çà !

En dehors de l'abri de notre profonde baie la mer était un peu agitée, normal...

Comme les choses ont changées depuis notre dernier passage !

Il y a des parcs à moules partout dans la baie maintenant ! Et ils les ont marqués avec de grandes balises jaunes de marque de « danger isolé » au cas où....

Conclusion on n'a plus guère de choix pour mouiller....

Tous nos mouillages sont annotés sur nos guides par mes soins attentifs pour une autre visite mais on n'avait pas du tout vu venir cette évolution là !

Bon ce n'est pas grave en soit on a quand même pu mouiller mais il y avait une grosse colonie de phoques dans cette baie et bien entendu il n'y en a plus , trop de maisons aux environs, trop d'agitations avec les parcs à moules et sûrement aussi trop de pollution....c'est triste …

C'est le premier endroit où nous découvrons une telle différence avec 2007....

Le château était solitaire sur une petite pointe qui devait être au départ isolé sur son îlot à marée haute...en 2007 il était toujours sur son îlot mais entouré de pierres de murs qui avaient dû s'effondrer et il était isolé sans vraiment de végétation alentour...maintenant il est entouré d'une belle pelouse, de massifs de fleurs et d'arbres....ah le tourisme !!!

Comme je le disais vendredi c'est le seul bien « touristique » qu'ils ont, alors !

Mercredi 4 juin ; mouillage de Kinvarra

enfin plus de vent, ou peu de temps en temps, Bernard part donc à la pêche ce matin mais il en est revenu bredouille et mouillé car il n'avait pas mis son pantalon étanche, c'est bien la peine d'en avoir un...

Cet aprem on est enfin descendus à terre pour voir ce que ce l'on pouvait ramasser de mangeable et marcher un peu ,ce qui a fait le plus grand bien...

Dans un premier temps nous n'avons trouvé que des blettes sauvages mais en longeant la côte, très déchiquetée, on a fini par tomber sur un petit coin abrité avec des petites moules mais en revanche de très gros bigorneaux....

Quel calme dans ce petit coin ! Juste les petits oiseaux comme à la maison y compris les inévitables coucous....

Je serais incapable de dire combien de temps nous sommes restés là, on avait perdu la notion du temps....jusqu'au moment où un gros nuage très noir nous a rappeler à l'ordre alors on est retournés à l'annexe vite fait pour ne pas se faire surprendre par la pluie...

Demain nous rentrons au port de Galway pour y réceptionner nos premiers amis qui arrivent...

Quand on reste comme ça loin de toute l'agitation de la terre, on a du mal à s'y faire...

On a une tendance à devenir de vrais sauvages...



























































jeudi 22 mai 2025

 

Samedi 10 mai ; port de Kilrush / Irlande

Vous devez être en train de vous dire « mais qu'est-ce qu'ils font les Dupins » ???

comme le temps passe vite !!!

Comme d'habitude, vous allez me dire...

Nous avons quitté notre maison, notre campagne et nos amis terrestres le 15 avril.

En fait même l'hiver est passé vite...

Nous n'avons pas bougé, pour une fois, et nous ne sommes pas allés voir nos amis que ce soit en Bretagne ou dans le midi faute de temps...

Bernard étant très doué pour réparer toutes sortes de machines, en plus qu'il adore faire cela ,nous avons demandé au Foyer des jeunes de notre village de créer un atelier réparation appelé « Allo bobo machine » ….

Les gens du village sont ravis et Bernard aussi !

Il est donc occupé tous les lundis après-midi …

Quand à moi je fais désormais partie « d'un orchestre philharmonique » en cours de création...Qui l’eut cru !!!

Pas de problèmes je m'éclate avec mon violon en plus de ce que fais avec mes 10 doigts

Nous sommes de plus en plus impliqués dans la vie de notre village et c'est bien...

Quoiqu'il en soit nous les avons quand même quittés pour rejoindre notre Romico .

Il commençait à nous manquer...

Cet hiver il y a eu une grosse tempête sur toute la côte ouest de l'Irlande ; nous n'avons pas eu de gros dégâts parce que le port est derrière une écluse, donc pas de houle.

Mais en revanche une grosse défense à l'arrière a explosée et le bateau est venu frotter contre le catway ( un catway est un petit ponton pas très large et qui fait en général la longueur de notre bateau et qui se trouve donc sur un des 2 côtés du bateau pour pouvoir l'amarrer et descendre facilement du bateau ;( à savoir que cela n'existe pas en Méditerranée) ; par chance celui-ci a une bordure en bois, c'est seulement la bande extérieure du bateau, qui est prévue pour ça, qui a frottée.

Le port nous avait prévenus et envoyé une photo ainsi que nos voisins et amis Anglais qui, eux, étaient allés voir leur bateau.

Mais ce que nous avions vu sur une photo c'est que notre bôme n'était plus calée sur son support mais posée sur le toit ; nous avions trouvé cela étrange et nous avons eu du mal à comprendre ce qui avait bien pu se passer...Mike, notre ami Anglais nous avait bien confirmé que la cale de la bôme était à bord bien rangée sous le banc arrière...

Il a fallu un long moment à regarder de près notre bôme pour comprendre le problème : Bernard a oublié de l'amarrer quand elle a été posée sur son socle...

Elle est tombée en direct sur le catway sans causer de grands dommages au bateau, juste quelques éraflures autour de la porte dans le pavois, la casse d'une des poulies sur la bôme et elle est un peu écorchée là où elle a touché le pavois (le pavois étant un prolongement de la coque au-dessus du pont), donc rien de bien grave...

Mais............. elle a dû restée comme cela un moment car la pièce du bout est bien rabotée (elle est en aluminium dans la masse); encore utilisable mais il va falloir songer à la changer...

Elle ne se trouvera pas dans le commerce...

Cet incident aurait pu être beaucoup plus grave si elle était tombée de l'autre côté car elle se serait calée sur le pavois ou sur l'angle du toit de notre cabine et l'aurait sérieusement endommagé …

En 1 semaine nous avons réussi à remettre le bateau en état de vie normale de port et de navigation : toutes les voiles ont été remises en place, la bibliothèque a retrouvé son allure ( on met dans des plastiques tous les livres comme çà plus de mauvaises surprises avec l'humidité ) et la penderie et les placards ont retrouvés leurs habitants hors des housses sous vides (ça c'est vraiment une trouvaille ces poches à mettre sous vide avec l'aspirateur ! )

Pendant l'hiver j'avais préparé de nouvelles housses pour notre banquette et il m'a bien fallu 1 semaine pour les mettre en place ; il y avait juste 2 coussins du dossier qui n'étaient pas assez ajustés ; comme vous pouvez le voir j'ai résolument changé de couleur...

C'est plus moderne aussi et plus fini, j'en suis assez fière je dois dire...

Notre peinture et notre vernis , commandés en mars n'était toujours pas arrivée...

Elle a fini par arriver après avoir fait de nombreux détours...

Après çà on a eu le nez dans nos travaux divers : ponçage, peinture, vernis pour moi (en ponçant je me suis décollé plusieurs ongles d'ailleurs)...Et pour Bernard sortir 2 hublots parce que le système de joint que nous avons utilisé, dont on nous avait grandement vanté les qualités et la facilité d'utilisation, a finalement été une merde abominable, difficile a utiliser et qui se désagrège dans le temps sans compter qu'il ne supporte pas les UV....

Grâce à cela nous avons eu de nouvelles entrées d'eau....et cela prend beaucoup de temps de tout retirer et remettre en place avec du bon vieux Sika qui, lui, a fait ses preuves depuis longtemps !

Hormis la peinture a laquelle il ne touche guère il fait l'électricité, la mécanique et tout le restant et croyez moi sur un bateau il y en a des choses à gérer !!!

C'est vrai que nous avons fait beaucoup de choses mais il a fait si beau que cela aurait été dommage de ne pas en profiter pour les faire....

La mauvaise nouvelle, si on peut dire, c'est que le pub où l'on peut jouer de la musique, le Buggles, n'autorise la musique chez lui que pendant 6 mois et cela commence au mois de Juin...

J'étais vraiment trop déçue...

Par contre le marché hebdomadaire du jeudi est toujours là ; il est petit, ne vous y trompez pas, avec juste 6 ou 7 marchands et de tous petits étals, rien à voir avec nos marchés Français !

En revanche il y a un fourgon pour le poisson et ça pour nous c'est important car les « poissonneries » telles que nous les connaissons n'existent qu'en France....

Ici le poisson ne se vend qu'en filet sauf que ce marchand en vendait également des entiers ; il avait aussi de grosses coquilles St Jacques et des herbes marines comme les « salicornes » que nous adorons....alors faute de pouvoir pêcher puisque le port est en eau saumâtre ( dans une lagune derrière une écluse donc avec beaucoup d'eau douce) et d'avoir du temps pour rechercher les herbes marines, nous en avons donc acheter....

Et , cerise sur le gâteau, a un prix défiant toute concurrence !

Il y a aussi sur ce marché une jeune femme qui vend des fromages Français et des olives Espagnoles et du très bon vieux Cheddar (fromage Anglais qui, en général est parfaitement immangeable pour nous autre français); tout ce qu'il nous faut et elle vends tout au même prix ! Autrement dit bon marché...

Nous avons également trouvé un excellent boucher et on peut dire qu'en faisant ainsi nous avons toujours bien mangé, ce qui n'est pas possible si tu te contentes du super-marché....

Et pourtant ce n'était pas des aliments trop chers, plutôt bon marché mais il faut chercher et avoir le temps de chercher...

Vendredi 9mai ; port de Kilrush

Nous avons eu de la visite hier ; 2 jeunes de notre village, qui sont voisins avec nous et dont lui est natif du village se sont pris 2 semaines de vacances en Irlande ; ils ont loué une voiture et fait un grand circuit plutôt vers le sud et quand nous les avions rencontrés avant notre départ, nous leur avions proposer de dormir une nuit à bord puisque nous étions sur leur chemin....

Ils l'ont fait et nous sommes ravis !

On ne les connaissaient pas plus que ça mais on a pris le temps de se connaître un peu en discutant beaucoup et ce matin ils ont eu mal à partir...

A leur arrivée nous leur avons proposer d'aller voir les falaises et peut-être des oiseaux et un coucher de soleil mais les falaises étaient trop basses pour les oiseaux qui y nichent et il ne faisait pas chaud on n'a pas attendu le coucher du soleil...

Dans la matinée avant de repartir d'ailleurs, ils ont accepter de nous emmener faire des courses au super marché...

Un grand merci à eux parce qu'avoir une voiture c'est mieux pour çà !

Et cela nous a changé de parler français et de ne pas sauter sur nos travaux dès le petit déjeuner avalé !

Mardi 13 mai ; port de Kilrush

la bonne nouvelle du jour : notre amie Agnès nous a enfin appelés pour nous annoncé que leurs billets d'avion étaient pris et qu'ils arrivaient le 5 juin pour une semaine !

Comme nous sommes contents !

On les récupèrent à Galway, un peu plus au nord, du coup on commence à regarder d'un peu plus près notre circuit pour ensuite récupérer, 4 jours après leur départ, un autre couple d'amis de notre village .

Agnès et Michel louent une voiture et ce sera sympa pour nous aussi !


Mercredi 14 mai ; port de Kilrush

toujours un temps magnifique avec juste 3 gouttes d'eau en fin d'après midi comme tous les jours...

Il fait même de plus en plus chaud c'est incroyable, tout le monde est en short et en débardeur.

Cette fois ça y est on a rangé les outils, la résine et les peintures, on a gagné de la place à l'intérieur, comme c'est agréable... et normal en fait pour la navigation...

On a fait quelques courses ce matin en ville on s'est même offert le resto ; il était bien mérité celui-là !

Cet aprem notre voisin le plus proche, à 3 places de nous, en réalité nous n'avons plus de voisins directs, un grand gars sur un petit bateau tout mignon, nous a fait bien rire parce qu'il a mis à l'eau le fond de son annexe gonflable, qui apparemment est crevé pour voir où était la fuite. Et comme ça ne suffisait pas il s'est jeté dessus tout habillé..

Sauf qu'il n'a pas tenu la charge et il s'est retrouvé à la flotte tout habillé !

Sur le coup il a un peu crié mais finalement il a trouvé l'eau assez bonne pour y rester, de toute façon au point où il en était...

Mais il a trouvé la fuite !

Ce garçon depuis qu'il a trouvé une copine est devenu sociable...avant c'était vraiment un ours...

On a fini de faire ce que nous avions à faire en maillot de bain aujourd'hui , cet aprem justement !

Ce soir l'orage nous tourne autour mais à 8h du soir il faisait encore 20°C...

Jeudi 15 mai ; port de Kilrush

la semaine dernière au petit marché il y avait des musiciens et j'y ai rencontré un de ceux qui jouent au pub et qui m'a assuré que tous les jeudis il y avait musique sur le marché ; on est donc partis avec le violon.

Encore une déception....il n'y avait pas de musiciens ce jeudi, je n'ai pas dû comprendre ce qu'il m'a dit...

Kilrush est une bourgade riche même si l'on y voit des gens pas très reluisants ; il y a beaucoup de beaux magasins surtout de vêtements mais pas exclusivement pour les femmes, il y en a 2 pour les hommes, ce qui sort de l'ordinaire...

Les magasins pour hommes vendent aussi des chaussures de marque à un prix intéressant mais il y a aussi un magasin de chaussures qui vend des chaussures de très bonnes qualité et beaucoup moins chères qu'en France. A l'automne on c'était achetés chacun une paire qui sont de véritables chaussons...

Cette fois on a fait tous les magasins des 2 rues commerçantes et j'en suis revenue avec une chouette robe et des chaussures également ; les dernières achetées étaient des chinoiseries, confortables et à un prix très très bas mais qui ne durent guère dans le temps...

C'est pour mon anniversaire qui a lieu la semaine prochaine mais on ne sera pas en ville....

On a toujours une tempête de ciel bleu ….

Cet aprem on a remis l'annexe à l'eau et j'en ai profité pour aller ramer cela fait un bien fou !

Ma douleur dans le dos est passée en ramant ; conclusion je vais essayer de ramer régulièrement...

Ce soir nous avons nos amis Anglais, qui nous suivent depuis les Açores et qui ont hiverner ici également à dîner ; leur bateau est au chantier pour des petits travaux depuis plus d'un mois, ils viennent seulement d'y revenir et comme ils partent chez leur fille à Tralee ( plus au sud) pour le week-end cela nous avait apparu sympa avant que nous nous partions.

Foie gras et Sauterne au menu ainsi que des coquilles St Jacques juste poêlées …

Autant vous dire qu'ils reviendrons dîner chez nous quand on veut ;

Pour la peine demain ils nous emmènent faire notre plein de vivres pour un départ au plus tard lundi prochain...

Samedi 17 mai ; port de Kilrush

On a enfin pris le temps d'aller faire un tour en vélo cet aprem...

Il n'y avait que le vélo de Bernard de sorti pour éviter d'en rajouter dans le bazar sur le pont arrière mais , lui, il a souvent eu besoin de son vélo pour aller chercher du matériel hors de la ville...

On a fait une petite promenade pour se remettre en jambes vers l'ouest, sans longer réellement la rivière mais avec une belle vue sur celle-ci et l'autre rive ; il y avait des maisons magnifiques avec, bien entendu une belle vue....mais bien orientées au vent dominant...

A quelques kms il y a une belle lagune mais on ne peut pas y venir mouiller car il n'y a pas assez d'eau même à marée haute...

On a posé les vélos au bout du chemin et on a marché le long de l'eau, pour ma part j'ai même marché dans l'eau, qui est à une bonne température puisqu'il y a peu de fond...

On a ramassé des blettes sauvages.

Il faisait très chaud là le long de la plage de galets et on n'y a pas vu un chat...

En rentrant on a rangé les vélos.

Dimanche 18 mai ; port de Kilrush

On a continué à ranger le bateau mais à la petite vitesse tellement on est fatigués ; on se couche à 2Oh, on ne profite même pas des belles soirées longues...

Pour ma part j'ai marché au radar toute la journée avec une migraine lancinante, quelle galère...

Heureusement que nous avons pris l'option de ne partir que demain...

Lundi 19 mai : mouillage à Carrigaholt (à l'entée de la rivière Shannon)

Finalement il restait encore des tas de choses à faire , heureusement que nous nous étions levés de bonne heure, en se couchant à 20h c'est sûr remarquez...

Pour naviguer nous retirons le toit en polycarbonate de derrière et comme on ne l'a pas encore fait cette année on a un galéré...

On le fixe sur l'autre toit ; ensuite on a rentré toutes les amarres de l'hiver avec leurs ressorts (pour amortir les chocs quand il y a beaucoup de vent) et on les a remplacées par des plus fines pratiques à enlever rapidement ; mettre des amarres et des défenses pour l'écluse sur l'autre bord car dans l'écluse il y a un ponton flottant mais que sur un seul côté et ce ponton est une excellente idée quand on connaît la galère des écluses habituelles avec les chaînes pendantes que l'on a quelques fois du mal à attraper...

Au milieu de tout ça plusieurs voisins nous ont proposé leur aide mais il faut s'arrêter de faire ce que l'on fait pour leur expliquer où on va et quand etc etc...

On a fini par demander l'écluse pour 15h mais ça c'était simple car Doran était déjà au courant, il attendait notre coup de fil...

On revient quand on veut, il a dit, nous serons toujours les bienvenus !!!

Voilà une chose qui fait plaisir à entendre...

Il faisait un temps magnifique, pas de vent, pas de vagues et chaud !

Avant d'arriver au mouillage j'ai donc dis à Bernard que j'allais aller me baigner en arrivant et que l'on pourrait peut-être aller faire un tour en annexe ensuite...

On a mouillé, le ciel est devenu laiteux dans le quart d'heure qui a suivi, la température est descendus de 4°C d'un coup et le vent est arrivé en suivant...

Pas de baignade et pas de balade !!!

Heureusement le vent venait de la Shannon et il y a donc eu peu de houle que nous avions en face, ce qui est moins pénible que par le travers...

Pour notre première nuit au mouillage nous avons été servis !

Nous nous sommes couchés encore de bonne heure car demain il faudrait que nous soyons partis vers 6h.

Nous avons une longue route à faire, plus de 60 MN et nous allons arrivés tard sinon et là où nous voulons aller il vaudrait mieux arrivés tôt malgré les jours longs..

Mardi 20 mai ; mouillage dans une baie très longue et très étroite dite « Aughinish Bay »

Nous sommes partis à 6h30, ce n'est pas trop mal...

Le temps est à la pluie et très peu de vent ; peu de houle également par chance..

C'est reposant de naviguer sans passer bord sur bord comme à l'automne dernier.. .

On a marché voiles et moteur ; la pluie et le ciel très gris nous suivait à la trace, non qu'il ai fait beau pour nous et c'était moins pire...

Les falaises de Moher que nous avons longées vers 13h n'étaient pas aussi belles que sous le soleil que nous avions eu en 2007 mais enfin le ciel c'était légèrement éclaircit et ce n'était pas si pire là non plus ; plus nous montions plus la météo s'arrangeait, c'était assez cool !

Il y a plusieurs baies toutes en longueur sur cette côte sud de la baie de Galway et nous avions choisi celle-ci car nous n'y étions jamais entrés...

C'est assez stressant quand on y rentre car on ne voit absolument pas où se trouve le passage...

Il faut seulement se fier à la carte sur l'ordi mais à un moment donné Bernard a arrêté le bateau parce qu'il ne voyait pas où on allait et il ne comprenait pas …

En insistant un peu et surtout en suivant ce que disait la carte et non pas nos yeux on a fini par voir où nous allions ; tout cela bien sûr au ralenti complet au cas où...

La marée était basse, si on s'échouait ce n'était pas dramatique mais notre sondeur donnait légèrement plus d'eau que la carte ; je vous joint une photo de notre trace sur l'écran de l'ordi et vous comprendrez que certains passages étaient particulièrement étroits, c'est même pire dans la réalité que sur l'écran...

pour les non-marins, et beaucoup d'entre nos amis le sont, on ne navigue plus guère maintenant avec une grande carte en papier, on navigue avec un logiciel de cartographie sur écran, soit sur son ordi, soit sur une tablette ou bien sur un écran qui réuni tous nos appareils comme le sondeur (pour voir l'évolution du fond), le GPS (qui donne la position comme dans une voiture), le radar (qui permet de voir loin surtout la nuit ou dans le brouillard) et l'AIS (qui fait un peu comme le radar mais qui permet aux autres de nous voir, si nous nous émettons bien sûr, ce que nous faisons). Le principal problème de cet écran est son prix et nous nous préférons plusieurs écrans car si 1 tombe en panne le reste continuera à fonctionner ce qui risque de ne pas être le cas sur un écran qui regroupe tout...



Ceci dit, nous avons encore quelques cartes en papier, que l'on garde précieusement au cas où...

Cette fois c'était Bernard qui pilotait et moi aux jumelles pour voir devant et à un moment je me suis demandée où nous allions passer car devant visiblement les mouettes avaient pied....

Nous étions sur le bord droit du chenal et nous sommes passés à gauche en rasant la berge, ensuite il y avait comme un lac avec plus d'eau ; comme le passage est tortueux la houle ne doit pas renter, du moins on l'espère car la météo s'annonce assez vilaine en fin de semaine.

Nous avons tout notre temps car nous attendons des amis pour le 5 juin à Galway et nous en sommes à 3h



















































dimanche 6 octobre 2024

 

Lundi 9 septembre ; mouillage sur la rivière Shannon, devant l'île de Scattery

cela fait 2 nuits que l'on dort par petits épisodes tant on est secoués et que le vent hurle ses 40 nds et la journée d'hier n'a pas été mieux, impossible de débarquer pour aller marcher un peu ni de faire quoique ce soit d'ailleurs....

Vivement que l'on remonte vers l'Ecosse avec ses lochs profonds sans houle...

Aujourd'hui était le seul jour possible pour remonter vers la Shannon où se trouve notre port d'hivernage.

En partant d'assez bonne heure cela nous laissait le temps de remonter jusqu'à l'île de Scattery qui se trouve en face de notre port, Kilrush.

Nous avons fait une route au nord-est avec un vent de nord-ouest, puis ouest ; la mer était forte avec une très grande houle d'ouest mélangée avec les vagues du vent et une autre venant d'on ne sais où...

Le résultat a été une navigation au moteur avec le génois seul pour garder une certaine vitesse entre les vagues nous évitant ainsi de passer bord sur bord même si de temps en temps le bateau partait à la gîte brusquement.

Pas une partie de plaisir mais pas le choix et finalement c'était moins pire qu'au mouillage où nous étions !

Grâce au moteur doublé du génois nous avons fait du 6-7nds de moyenne et nous étions dans la passe de la Shannon à 14h.

Nos amis du « Pax » étaient également partis de Ventry et étaient quelques 2h derrière nous ainsi qu'un autre bateau que nous n'avons pas vu et que nous ne connaissions pas.

Bernard avait envisagé d'aller mouiller derrière la pointe qui barre l'entrée de la Shannon côté nord qui pouvait nous protéger du vent mais....pas de la houle et on allait encore être dans la même configuration que les jours précédents ….

Non merci !

Pendant que nous essayions de voir comment cela se passait à cet endroit , nous avons croisé un bateau Suisse qui venait de mouiller devant une grande plage ; en passant assez près de lui nous lui avons fait un signe de bonjour auquel ils ont répondu mais un des 2 hommes nous a fait le signe de téléphoner sans autre commentaires ni autres signes...

Interloqués par ce geste nous nous sommes regarder avec Bernard en se demandant ce que voulait dire son geste et n'y comprenant rien nous avons continués notre route vers l'île de Scattery en longeant toujours la côte nord de la rivière.

Des bateaux Suisses sur la mer il n'y en a pas des millions même si ces dernières années nous en avons rencontré pas mal, tant au Portugal qu'aux Açores.

Il n'y avait pas 10mn que nous les avions rencontrés quand soudain la VHF (radio reliant les bateaux entre eux et avec les ports, les secours, les sémaphores, les phares etc...) émet un « Panne Panne ».

Cela veut dire qu'un bateau est en difficulté mais pas en train de couler et ce bateau était notre Suisse..

Oh surprise !

Donc il avait un problème mais n'en n'a rien laissé paraître à notre passage si ce n'est ce geste de nous téléphoner...

Et là Bernard s'aperçoit que notre VHF est en volume assez bas …

Bref il demandait de l'aide pour rentrer dans le port de Kilrush, qui a une écluse à l'entrée, parce qu'il n'avait plus d'inverseur et qu'il ne pouvait plus stopper le bateau en faisant arrière ; ce qui ,effectivement, est compliqué pour rentrer dans un port , encore plus pour rentrer dans une écluse...

Après sa conversation avec les Coast Guard, nous l'avons donc appelé aussi pour leur proposer de les prendre à couple de nous avant l'écluse et de rentrer ainsi dans l'écluse si toutefois l'écluse était susceptible de prendre 2 bateaux ensemble car cela représentait environ 8m.

Heureusement le gars parlait français ; il a rappelé les secours pour leur proposer notre plan et eux ont appelé le port pour savoir si cela était possible.

La réponse a été NON..

En conséquence on ne pouvait plus rien pour eux ; les secours sont venus les prendre en remorque juste avant l'écluse pour les aider ; ils étaient venus jusque là au moteur.

Nous les reverrons dans le port quand nous y rentrerons.

Le mouillage devant Scattery n'est pas trop mal sauf pendant 2h avant la marée basse pendant lesquelles on reste obstinément travers à la houle car il y en a quand même...

Sur cette île il y a une ruine d'abbaye avec une tour de gué pour prévenir des raides des Vikings et s'y réfugier ; on l'a déjà visité en 2007 mais j'y retournerais bien...

Ces tours on va en voir de plus en plus en remontant vers le nord.

Plus de traces de notre « Pax » ; Bernard pense qu'ils ont mouillé là où était le Suisse, il faut dire qu'ils ont fait plus de route que nous et ils doivent en avoir plein les baskets !

Mercredi 11 septembre ; mouillage sur la rivière Shannon, devant l'île de Scattery

impossible d'aller à terre même sur l'île sans prendre une bonne douche d'eau de mer sans compter les averses....

On espère une petite accalmie de vent demain pour rentrer au port ; on croise les doigts...

Pax est déjà rentré depuis hier au soir, Jane doit être retournée chez leur fille pour s'occuper des enfants, Tralee n'est pas loin d'ici...

Ce matin pendant une accalmie de la pluie et du vent on a commencé à retirer des choses qui ne sont plus indispensables mais pour les voiles il va falloir attendre qu'elles sèchent...

Jeudi 12 septembre ; port de Kilrush

enfin il fait beau et l'été arriverait la semaine prochaine....

Nous rentrons donc au port dans de bonnes conditions .

Nous avons appelé le port pour savoir quand nous pouvions passer l'écluse mais il y avait un bateau qui sortait, nous avons donc un peu attendu avant de relever l'ancre car nous sommes tout près du port.

Ils commandent l'écluse depuis le bureau du port via un écran d'ordi, c'est magique !

Avec un bateau comme le nôtre on ne rentre pas à 2 bateaux l'écluse en question est assez petite par contre ils ont très bien fait les choses : sur le côté gauche (en rentrant) il y a un ponton flottant de 1m de largeur sur toute la longueur ce qui permet de s'amarrer facilement, c'est très malin cette histoire !

Comme la marée était pratiquement haute on a à peine attendu 2mn avant que les portes en amont ne s'ouvrent.

Le bassin avant le port proprement dit est assez long et bien balisé car il ne s'agit pas d'aller s'échouer...

Le port nous a indiqué la place « à côté de votre ami Pax », juste devant nous en première ligne.

Pour une fois nous sommes rentrés en marche arrière pour se mettre à notre place car nous n'aimons pas beaucoup avoir l'arrière (où nous vivons beaucoup) à quai mais là il faut être avec l'avant du bateau face au vent dominant qui vient du secteur ouest plus ou moins.

Les pannes ainsi que les « catways » (mot anglais qui ne se dit absolument pas comme ça en anglais) sont particulièrement robustes et larges, pas comme aux Açores...

Mike et Jane sont venus nous prendre les amarres comme il se doit et nous étions bien heureux de nous retrouver ensemble une fois de plus...

Et nous sommes allés nous présentés au bureau où Freeda nous a souhaité la bienvenue dans notre port d'hivernage !

En allant faire des courses, le supermarché est à 5mn à pied, nous sommes repassés devant une jolie statue de dauphins que nous avions déjà admirée en 2007 et je vais vous raconter une belle histoire à propos des dauphins, que nous avons vu en grand nombre en remontant ici : quand le bébé dauphin vient tout juste de naître, les parents le porte ensemble sur le bout de leur museaux jusqu'à la surface de l'eau et à l'air libre pour lui apprendre à respirer....

Vous ne le saviez pas n'est ce pas ???

Ce soir nous avons dîné à bord de Pax.

Tout est calme ici , pas de houle intempestive, pas de bruit sauf les oiseaux comme les étourneaux qui sont très nombreux et qui chient partout après s'être gavés de mûres mais bon c'est tellement bon d'être au calme...

Mardi 17 septembre ; port de Kilrush

Et l'été est bien là : grand soleil, douce température, voir chaud pour ici !

Nous râlons bien un peu qu'il fasse ce très beau temps maintenant alors que nous sommes rentrés au port....

Mais il faut avouer que cette météo est idéale pour laver et affaler nos voiles ; nous avons ainsi pu faire nos 5 voiles en seulement 2 jours, un record pour nous !

En fin d'après-midi on a même eu le temps d'aller voir l'écluse de près

Mais pour cela il faut faire un grand détour par la route et pour finir s'ils ont un problème sur l'écluse en question ils doivent y aller en voiture...

Normalement il y aurait dû y avoir un chemin qui aurait été beaucoup plus court mais celui-ci est tombe en désuétude et il est impraticable parce que pas entretenu ; on n'a même pas trouvé le départ en quittant le port et dans l'autre sens on a vu le début mais devant un mur de ronces...

On a ramassé des tonnes de mûres ; il y avait aussi des chevaux près de l'eau et pas mal d'oiseaux....

Les rincer était indispensable compte tenu des embruns que nous avions pris en traversant depuis les Açores sinon les voiles (comme le reste d'ailleurs) ne sèchent pas complètement et finissent par moisir ; pour les écoutes et les drisses la pluie les a lavées mais les voiles sont dans des housses et la pluie n'y rentre pas vraiment...

Le lavage en général c'est ma partie et j'ai pu faire ça en maillot de bain mais il faut avouer que c'est plus agréable comme çà que de le faire avec un ciré et des bottes !

Nos amis de Pax sont partis samedi chez leur fille jusqu'à mercredi, nous sommes pratiquement seuls sur la panne.

Nous sommes bien contents d'avoir fait toutes nos voiles car c'est le plus long à faire, nous allons pouvoir envisager d'aller faire une journée de vélo à la découverte du coin...

Avant de les rincer eux-aussi et de les ranger définitivement pour cette année...

Mercredi 18 septembre ; port de Kilrush

Et nous voilà donc partis en vélo pour la journée sur l'autre rive de la Shannon pour aller voir une ruine de château.

Pour cela il a fallu prendre le ferry auquel nous sommes arrivés pile-poil à temps ; 11 kms pour y aller et ensuite plus de 16 kms pour arriver au château ; en chemin nous avons rencontré une vieille abbaye du XVI e, en ruine également mais en cours de réparation.

Le cimetière attenant c'est développé à l'intérieur des ruines et lui donne un air vivant, même si cela peut paraître bizarre à dire...

La rébellion contre les Anglais à été terrible dans ce coin et les représailles ont été toutes aussi terribles malheureusement...

Le château ressemble beaucoup à celui que nous avions vu à Ventry en plus grand ; une haute tour (env. 25m) pratiquement carrée, flanquée d'un bâtiment plus bas (dont il ne reste rien) et entouré d'un mur d'enceinte donnant sur l'eau d'une petite rivière qui serpente dans les terres après avoir enlacé une petite île, habitée d'ailleurs.

En 1560 et des broutilles ce château, très bien construit pour l'époque, passait pour imprenable !

3 jours de tirs au canon des Anglais ont suffit à le détruire ; tous les soldats survivants ont été passés au fil de l'épée....en temps de guerre on ne fait pas dans le détail mais en même temps ils sont allés jusqu'à l'abbaye et ils ont tué les 3 prêtres présents ainsi que tous ceux présents parce qu'ils étaient aussi des « rebelles » !!!

Il y avait un peu de vent et nous avons donc dû chercher un endroit au soleil et abrité du vent pour pique-niquer et de préférence au bord de l'eau ; au calme comme il se doit...

On a même ramasser des bettes sauvages qui poussent en bordure de plage et sur la plage !

Et retour par la route principale, qui n'était pas agréable : monotone car toute droite et bruyante...

On a eu le ferry de justesse...

Mais il a fallu pédaler fort malgré l'assistance électrique !

Là par contre nous avons pris des chemins de traverse bien agréables qui passaient dans de belles forêts et celles-ci ne sont pas si nombreuses dans ce pays !

En ramassant des mûres en passant et on a fait comme les étourneaux on s'en est gavés !!!

Vendredi 20 septembre ; port de Kilrush

Nos journées sont bien occupés je vous pris de le croire !

L'annexe à laver, à démonter, à vider et nettoyer tout ce qui se trouve dans ses coffres, et mine de rien il y en a du bazar, puis demander à Mike de venir nous aider pour la mettre à l'envers sur le toit de notre cabine, la caler convenablement, la bâcher après l'avoir laissée sécher et on verra demain à la sangler...

Musique dans un des pubs de la ville ce soir à 9h mais Mike a déniché un concert dans une église dont les musiciens sont des élèves d'une école de musique à 8h.

On a donc fait les 2 et la bonne surprise c'est que les jeunes avaient un sacré bon niveau et nous avons été enchantés !

Ces jeunes avaient entre 11 ans et 16 à peu près ; il y avait une petite toute mince avec un visage rieur et sympathique qui jouait de la flûte (au demeurant ils en jouaient tous) mais également du banjo et elle en avait un qui était une pure merveille, qui avait dû coûter une blinde aux parents !

Elle le méritait cette petite car elle en jouait seule comme on respire, à l'aise et souriante et elle arrivait même à blaguer avec sa copine à côté d'elle sans s'arrêter de jouer...

En plus elle dansait et là aussi, seule ; elle dansait décontractée, cela coulait de source pour elle…

4 autres dansaient aussi, 2 grandes un peu grassouillettes et 2 petites mais aucune ne lui arrivait à la cheville à cette petite, aucune n'était aussi décontractée....

Il y avait aussi une fratrie de 4 enfants, 2 garçons ados qui jouaient de l'accordéon et d'ailleurs c'était toujours l'un des 2 qui commençait le morceau à jouer et 2 de leurs sœurs, qui étaient jumelles, des vraies ; l'une des 2 jouait du violon et l'autre de la flûte traversière mais ces 4 enfants affichaient un air très triste quel dommage et pourtant ils prenaient apparemment du plaisir à jouer et les filles à chanter également....

Au total ils étaient 18 à jouer sans leur professeur qui était une dame assez âgée et qui avait du mal à marcher ; elle les faisait jouer ou danser ou chanter en groupe ou séparément.

A l'autre bout de la file des joueurs, qui étaient assis, il y avait une petite que nous avons surnommée « le petit cochon rose » ; non seulement elle était carrément grosse mais en plus elle était habillée en rose pâle...

Mais surtout elle détestait visiblement la petite surdouée et elle devenait pâle à chaque fois que celle-ci entrait en scène, sur la demande de leur prof d'ailleurs, et elle lui jetait des regards noirs !

Et pourtant la prof la faisait jouer seule de temps à autre mais elle avait du mal à tenir la cadence et la prof demandait aux autres de jouer en même temps pour la soutenir quelques instants après le début du morceau, ce qui beau aussi.

En bref ce début de soirée musicale était vraiment d'une excellente qualité et nous avons adoré !!!

En suivant nous nous sommes dirigés vers Le pub dans lequel les gens du cru peuvent jouer ensemble tous les vendredis à partir de 21h.

Et non je n'avais pas emmené mon violon avec moi parce que je ne savais pas que cette fois, enfin, ce ne serait pas un groupe payé par le pub pour des touristes, ce que nous avons vu jusqu'à maintenant mais vendredi prochain j'y viendrais avec avec plaisir !

Pour ceux qui ne connaissent pas l'Irlande, un pub est un endroit en général assez cosy avec une déco toujours très variée suivant les goûts du proprio mais aussi toujours très chargée et qui vous donne l'impression de rentrer chez un particulier ou chez vous...

Il y avait une accordéoniste d'une cinquantaine d'année qui devait jouer depuis qu'elle était petite, une jeune femme violoniste que je soupçonne d'être aussi débutante que moi, un jeune homme assez corpulent et sûrement aussi un peu attardé qui jouait des cuillères (elles sont en bois et donne un peu la cadence), un charmant jeune homme qui jouait de la harpe, un papy peu communicatif avec les autres, qui a d'ailleurs un bateau dans le port car je l'avais déjà croisé, qui jouait de la guitare et enfin un jeune homme d'une allure très bohème, grand et maigre qui jouait du « bodram » (sorte de tambourin typiquement celtique) qui chantait également et qui avait emmené des cuillers lui aussi dont je me suis emparée après m'être assise à côté du harpiste ; je ne peux pas m'en empêcher, j'ai besoin de m'incruster et d'ailleurs la jeune femme voulait me prêter son violon c'est vous dire...

On est rentrés à minuit...

Mike et Jane étaient ravis et ont bien compris que j'aimais la musique ! Ce qui les ont surpris c'est que moi la Française j'aille m'incruster dans un groupe provisoire dans un pub Irlandais...

Eux rentrent demain en Angleterre.

Mardi 24 septembre ; port de Kilrush

On ne chôme pas pour finir notre hivernage ; l'annexe est sanglée sur le toit de notre cabine .

Les bâches de l'arrière qui nous permettent de fermer notre arrière justement ont été démontées, lavées, séchées et roulées et mise dans leurs housses et rangées à l'intérieur ; une partie de nos vêtements ont été passées à la machine à laver, ensuite tous ont été mis bien pliés dans des housses sous vide, seule façon qu'ils ne sentent pas mauvais, ni ne prennent l'humidité et enfin qu'ils ne moisissent pas.

La couchette de la cabine avant sert d’entrepôt pour les voiles et tout ce qui vient de dehors en général ; les bâches sont entreposées dans notre cabine le long de notre couchette sous le pont ; pour le moment l'intérieur du bateau est gros foutoir !

L'été est fini et l'hiver est là ; le vent est revenu ainsi que la pluie et il fait froid...

heureusement on a fini de ranger à peu près tout ce qui était dehors maintenant nous œuvrons à l'intérieur.

Cet aprem comme on en avait assez et qu'il ne faisait pas mauvais, nous sommes allés en ville faire 3 courses ; au retour comme nous longions le fond de la lagune, nous avons rencontré des français qui étaient assis sur un banc : un couple avec 2 filles, une jeune ado et une petite de 2 ans et demie qui apparemment refusait de finir de goûter.

Nous nous sommes arrêtés pour lui parler à cette petite et finalement on a commencé à discuter avec ses parents et nous avons fini à bord !

Eux voyageaient en camping-car ; ils en avaient eu assez de la vie dans leur région (Avignon).

Et ils se sont dit que cela ne serait pas pire pour leurs filles s'ils leur faisaient l'école eux-mêmes.

Ils comptent monter en Ecosse puis faire les pays Nordiques avant de traverser vers le continent Américain et d'aller du nord au sud ; et pourquoi pas ?

Beaucoup partent en bateau pour le faire...

Demain ils reviendront à bord voir notre vidéo sur l'Ecosse.

Mercredi 25 septembre ; port de Kilrush

Hier quand nous avons rencontré la petite famille française il m'a semblé que nous devions nous rencontrés...

maintenant je sais pourquoi : ils n'avaient pas pris en compte que plus on montait au nord plus les journées seraient courtes à partir de maintenant et pour l'hiver...

Cela nous paraissait une mauvaise idée de monter maintenant en Ecosse surtout pour une première fois...

Ils en ont convenu et ils ont changé leurs plans surtout qu'ils doivent tout de même retournés chez eux fin décembre.

Mais ce début de « grand voyage » avec leurs enfants les ont convaincus de continuer ; ils vont profiter de l'hiver pour mieux se préparer et mieux préparer leur maison roulante.

La petite Roxane m'a adoptée comme « mamie » ils n'en revenaient pas !

Il paraît que d'habitude elle ne fait de câlin à personne d'autre qu'eux ou sa vraie mamie...

Nous nous retrouverons certainement l'année prochaine en Ecosse...

Jeudi 26 septembre ; port de Kilrush

Il ne reste que demain pour finir de bâcher le bateau en entier et aller au pub demain soir.

Samedi matin nous prenons le bus à 10h40 pour Dublin après avoir fermé le bateau et être allés manger un solide petit déjeuner Irlandais parce que nous n'arriverons qu'à 15h à Dublin et certainement pas avant 16h dans notre chambre.

Samedi nous allons visiter le musée Archéologique entre 11h et 16h et ensuite nous avons rendez-vous avec notre petite Franco-Irlandaise de Dingle, Miriam.

Et lundi nous prenons l'avion pour Biarritz à midi .

Malgré la météo assez détestable nous avons quand même réussi à visiter ce que nous voulions voir et nous ne regrettons absolument pas notre retour au nord ; nous sommes grandement attendus l'année prochaine en Ecosse !!!