vendredi 31 juillet 2020

Un Confinement Gourmand

pour la plupart d'entre vous ce premier confinement a été une vrai calamité.....pas de visites, pas de balades, pas de bateau même pas en visite sans parler de travaux et même pas nos petits-enfants à voir ou à garder....je reconnais que cela a dû être très dur....

Et bien figurez-vous que nous nous en garderons un excellent souvenir !

Je vais vous expliquer en quoi a consisté notre confinement ici au Portugal et plus particulièrement sur le chantier naval où se trouvait notre Romico.

Je vous rappelle que nous étions au début du confinement une dizaine de bateaux habités + un couple en camping-car venu rendre visite à un copain de bateau et qui se sont retrouvés bloqués là (ils ont fait intervenir l'ambassade pour avoir une dérogation pour rentrer mais le jour du départ prévu ils ont eu vent que les Espagnols bloquaient tous les camping-car sur le bord de la route aux frontières....)

Sur les 10 bateaux, 3 étaient Allemands et n'ont jamais voulu communiquer avec nous et pourtant un des 3 était notre voisin d'en face ; lui aurait bien discuté mais sa femme s'y opposait fermement...un vrai dragon ! Et c'est fort regrettable....

Bref, tous les autres bateaux étaient de langue française : 1 Suisse, 2 Belges, 2 Français et 2 Portugais qui parlaient au moins français et anglais.

Après une courte période de flottement au début du confinement pour savoir ce que nous devions faire ou non entre nous, nous en avons conclu que nous étions tous dans la même maison pour une raison simple : nous partagions tous les mêmes toilettes ( quand un bateau est hors de l'eau on ne peut évidemment pas utiliser les WC ) et les mêmes douches, ce qui veut dire que si l'un d'entre nous attrapait ce virus nous allions tous être contaminés....ce n'est pas arrivé et nous avons eu bien de la chance !

Tout ceci pour vous dire que ce n'était pas un repas pris ensemble une fois ou 2 par semaine qui allait changer les choses et nous étions tous bien d'accord sur la question.

En fait tout a commencé bêtement : un autre bateau Français était au mouillage dans la lagune et venait pratiquement tous les jours discuter avec les uns ou les autres et un jour il a ramené à Kathy une seiche énorme de 3 kg qu'il ne voulait évidemment pas manger tout seul ; donc Kathy, qui était sa principale interlocutrice à ce moment-là, a rameuté tout le monde et la seiche a fini en ragoût avec de la tomate et des haricots ….

Chacun amenait sa table , sa chaise et ses couverts et de quoi boire ou de quoi grignoter à l'apéro....

A la fin du repas quelqu'un décidait de préparer à manger pour le samedi suivant et nous avons ainsi manger des spécialités de pays différents tout en utilisant quelques ingrédients locaux faute d'en avoir assez à bord, ce qui était encore plus amusant.

A part les petits commerces qui étaient fermés tous les autres étaient ouverts y compris ceux de bricolage ce qui a été évidemment bien pratique....

Pour mon anniversaire j'avais préparé une bouillabaisse, la semaine d'avant c'était l'anniversaire de Georges qui nous avait fait une choucroute, une autre fois c'était des rushti Suisses (l'orthographe de ce nom ne doit pas être correcte sans doute) qui sont des galettes de pommes de terre, des confits de toutes sortes que nous avions en réserve, des saucisses avec une sauce Belge, un authentique bacalhau Portugais , des pastades Aveyronnaises qui sont de grosses crêpes où l'on insère des restes de ce que l'on veut et je crois que j'en aie oublié ; souvent il y avait des restes alors nous remettions çà le dimanche. On travaillait tous au ralenti alors nous prenions notre temps.....

les conversations se tenaient en 3 langues autour des tables, ce qui est un excellent exercice pour les méninges mais fatiguant à la longue mais il y a toujours eu quelqu'un pour traduire aux autres ce que nous ne comprenions pas.

je vais tous vous les présenter comme je le peux tous nos compagnons de confinement :

Kathy et Stéphane ont un bateau en acier, Flyer, sur lequel nous avons vécu 1 an pendant que notre Romico était dans le hangar ; Flyer a beaucoup souffert et il faut lui refaire une jeunesse, il est arrivé au chantier en même temps que nous mais eux vivent à cheval entre la Belgique et le Brésil et n'ont guère le temps de s'en occuper ; le Covid a bien évidemment changé les choses.....Flyer est à l'entrée du chantier donc assez loin des autres bateaux. Kathy parle couramment 5 langues et Stéphane parle le Portugais .

Francis dit « Francisco ou sisco » vit et voyage seul à son grand regret, est Belge du nord, a un bateau en acier qui a besoin lui aussi d'une nouvelle jeunesse...il est le plus âgé d'entre nous, 70 ans mais il se porte comme un charme de presque 20 ans....une mauvaise langue qui était montée à bord a dit que c'était le foutoir sur son bateau : moi j'y suis allée le voir à bord et je peux vous dire que si les finissions ne sont pas celles du Romico (les cinglés ou maniaques comme moi ne sont pas légion) mais son bateau est hyper fonctionnel et organisé pour une personne naviguant seule....Il est arrivé ici en fin d'été l'année dernière et il parle au moins 3 langues dont l'anglais et le Hollandais et les langues similaires mais peut-être encore d'autres.

Il est amusant et apaise souvent les petites querelles en discutant....

Georges, notre soixante-huitard et pratiquement mon jumeau (il né 5 jours avant moi) 


Il est Suisse Allemand, vit seul aussi et a acheté son bateau en Allemagne du nord ;son bateau « Kira » est en acier également et il le met à son goût en plus d'une deuxième jeunesse pour l'extérieur. Il a déjà fait un tour du monde 30 ans en arrière sur plusieurs années ; il parle lui aussi 3 ou 4 langues et a eu l'intelligence d'éduquer ses enfants en leur parlant plusieurs langues : conclusion les 3 parlent couramment au moins 4 langues....sacré bon bagage à notre époque !

Les bateaux de Fransco et Georges sont pratiquement dans le même alignement sur le chantier, au fond après nous et ont le camping-car juste en dessous.

Justement ce camping-car appartient à Michelle dite « mimi » et William surnommé à cause de sa moustache « Astérix » qui se dit en Portugais Astérich ce qui nous a fait rire comme des gamins à chaque coup.

Ils étaient venus voir Francisco qu'ils avaient rencontré à Porto et quand ils ont compris qu'ils étaient là pour au moins 2 mois, ils sont allés voir Sergio pour lui demander s'ils pouvaient rester, en payant quelque chose bien sûr pour le stationnement : Sergio a accepté qu'ils restent mais a refusé qu'ils payent quoi que ce soit.


Pendant ces 2 mois nous avons tous travaillé au ralenti sur nos bateaux puisque nous ne savions pas si nous pourrions renaviguer cette année et William a ainsi appris la pétanque aux autres autour ; mais le plus acharné à y jouer tous les jours a été Georges et le perdant faisait la vaisselle car Mimi pour s'occuper s'est instaurée cuisinière pour ces 2 célibataires, Francisco et Georges.


Tout le monde a pu apprécié ce couple toujours prêts à rendre service et pour finir Georges qui n'a pas envie de naviguer seul a proposer à William et Mimi d'embarquer avec lui pour naviguer quelque temps ; sur le coup Mimi a refusé prétextant qu'elle serait un fardeau plus qu'autre chose et puis finalement elle a accepté à notre grande joie !

Je précise qu'ils ne sont jamais montés sur un bateau de plaisance et qu'ils ne parlent que le français ! Mais il est bien connu qu'avec les mains on peut parler toutes les langues....

En échange Georges a demandé son aide à William pour finir les travaux qu'il voyait s'éterniser en étant seul ; William qui n'est pas manchot (il a refait entièrement leur maison qui est une vieille maison de village) , de plus il dessine et il peint pour son plaisir, il a donc accepté ; cette activité lui plaît et l'occupe mais sa principale condition quand il a accepté a été de garder 1h pour la sieste.....

Les travaux de Georges du coup se sont mis à bien avancer et il a espoir de remettre à l'eau en août.

Ils ont l'air de bien s'entendre pour travailler ce qui n'est pas toujours facile.....

En face d'eux, de l'autre côté de l'allée il y a Laurent et Marie-Line qui étaient déjà venus sur le chantier le premier été ou nous y étions, auxquels nous avions rendus de nombreux et multiples services à l'époque comme les transporter un peu partout mais pour une raison que nous ignorons, ils nous boudent et nous ignorent....Leur gros problème est la boisson et ils vivent sur leur bateau (en acier lui aussi) sans avoir beaucoup d'activités ; elle, ne parle que le français mais Laurent a travaillé à l'étranger et parle donc très bien l'anglais....leurs relations avec le restant du groupe a été assez épisodique à cause principalement de leur état de sobriété....dommage....

Pratiquement à côté d'eux il y a Carlos : Portugais né en Afrique noire et ayant passé sa vie à voyager et travailler inter-continent, il vit seul lui-aussi à son grand désespoir sur un bateau plastique de 9m.

Comme il a beaucoup voyagé il parle lui aussi couramment 3 langues et un peu moins bien quelques autres ; pour arrondir sa petite retraite il conduisait un promène-touriste sur le Tage .

Son père a 99 ans, eh oui il y en a, était chercheur (plutôt en archéologie) et encore à son âge passe son temps sur son ordinateur pour faire des recherches historiques sur des sujets vieux de 3000 ans !

Extraordinaire ! Carlos dit qu'il aimerait avoir seulement un quart de la mémoire de son père...

Mais question Histoire il est intéressant à interroger croyez-moi !

Entre Carlos et nous il y a Fernando...il n'a pas été là souvent pendant le confinement mais je vais vous en parler tout de même parce que c'est un cas intéressant ; il vit ordinairement sur la rive Nord du Tage à Cascais qui se trouve en limite de Lisbonne vers l'ouest et l'embouchure du Tage où il a hérité de la petite maison de ses parents, petite maison dite « de pêcheurs », mais qui a la bonne idée de se trouver à l'heure actuelle dans une ville que l'on va dire simplement 'friquée »

Cascais se trouve juste à côté de Estoril là où se trouve le fameux circuit automobile Portugais.....

Fernando nous a dit que lorsqu'il était petit il passait son temps sur la plage dans l'eau (c'est totalement à l'entrée du Tage donc avec de l'eau de mer) et il dit qu'il ne savait pas à l'époque que cela deviendrait un luxe de se baigner toute la journée....

Fernando a travaillé un peu partout dans le monde mais jamais très longtemps et fait un million de métiers au gré de ce qu'il trouvait et lui plaisait....Il n'a pas été très longtemps à l'école mais il est intelligent , s’intéresse à tous les domaines et passe un temps fou sur internet pour apprendre et connaître des choses et il est capable de parler histoire ou technique ou scientifique avec nous en Français pendant des heures....son véritable problème est d'être indolent et peut-être à l'occasion l'alcool....

Il vivote faute de revenus (mais ne s'en plaint pas) et son petit trimaran n'aurait jamais revu la mer sans ….le Covid !

Comme quoi tout n'est pas forcément négatif !

Il a un ami de très longue date qui travaillait principalement à l'étranger mais cet hiver il est resté bien entendu chez lui et n'a pas voulu prendre de risques en repartant même après le confinement ; comme il ne savait pas quoi faire il a donc proposé à Fernando de l'aider à remettre son bateau en état avec lui pour le remettre enfin à l'eau....il a failli y arriver avant nous ! Son bateau ressemblait à une épave et avant notre départ il ressemblait enfin à un trimaran prêt à retrouver son élément !!! Nous avons assister à la transformation et c'était quelque chose et Fernando le dit lui-même qu'il n'aurait jamais fait tout cela tout seul....

Cela fait déjà 2 mois à peu près que son copain vient tous les jours dès 8h le matin ce qui fait dire à Fernando que la sieste est un souvenir très lointain....quand son copain s'en va il a une liste de choses à préparer pour le lendemain, quand à la grasse matinée....

Je n'ai jamais vu Fernando de mauvaise humeur.....

Du côté de Flyer il y a un ancien bateau de course qui a été acheté par un Portugais : Mario.

Lui aussi parle couramment l'anglais pour avoir vécu aux USA et très bien le français.

Mario est grand et mince et un peu plus jeune que nous tous, intelligent et instruit, très Portugais tout en étant très étranger à son pays ; c'est un curieux bonhomme, très lunatique et pour tout dire assez fou....il a une mentalité assez particulière par exemple il prône que la femme doit rester à la maison , qu'il est inutile de lui parler technique parce que forcément elle n'y comprendra rien, qu'elle ne sert que dans un lit, faute de quoi il vaut mieux la virer surtout après la ménopause.....d'après lui on devrait pouvoir se séparer d'une femme qui ne sert plus là comme çà sans faire d'histoires; le pire c'est qu'il clame que c'est lui qui a élevé ses 2 fils mais s'il leur a donné ce genre de conseils.....il n'a pas vraiment fait l'unanimité parmi le peu de femmes présentes, qui sont toutes ou presque des bricoleuses, ménopausées de surcroît !!!

La première fois qu'il a navigué avec son bateau il a trouvé le moyen de s'échouer ; évidemment avec une quille de 3m on ne passe pas partout....et la vedette qui est venue le remorquer lui a abîmé la quille, d'où travaux parce qu'en se couchant le bord qui touchait le fond a été salement abîmé lui aussi. Le bateau a été sorti de l'eau peu après nous,mais comme il n'a pas été réparé tout de suite, de l'eau est rentrée dans la mousse de la coque et elle n'était probablement pas sèche quand ils ont commencé à réparer.....

Il n'aime personne sur le chantier, engueule tous les ouvriers et à l'occasion les autres et en plus il n'est pas du tout mais alors pas du tout manuel ni bricoleur....

Et surtout il promet monts et merveilles à tout le monde sauf que 2h après il a tout oublié ou il n'avait pas le temps ou il devait aller ailleurs...

En face de lui il y a un bateau en acier (que d'acier!) appartenant à Rui surnommé « la rouille » à cause de l'état de son bateau qui n'a jamais été peint ; il l'a construit lui-même mais les travaux s'éternisent....il a commencé il y a 13 ou 14 ans maintenant (son fils avait 2 ou 3 ans)

Rui a sa micro-entreprise mais nous n'avons pas saisi de quoi et est marié à une hôtesse de l'air charmante qui parle couramment le français). Rui ne baragouine qu'un peu le français et l'anglais.

N'allez surtout pas croire que nous n'avons que des gros cerveaux sur les bateaux ou même sur le chantier !

Je vous parlerais peu du bateau au mouillage : Henri, son propriétaire s'est un jour , pour une raison inconnue, désociabilisé et il a dit une bonne fois pour toute que dire bonjour à quelqu'un est inutile et obsolète....Il ne s'intéresse à quelqu'un que si ce quelqu'un peut lui donner un conseil judicieux mais de toute façon lui, a la science infuse et conteste quoi qu'il arrive ce judicieux conseil....

Il a tergiversé un mois avant de sortir son bateau, juste pour quelques jours, parce que cela coûte trop cher mais n'avait toujours pas remis à l'eau quand nous sommes partis et cela faisait au moins 2 mois...Notre nouvelle annexe lui plaisait beaucoup mais elle était trop longue, trop lourde, le contre-plaqué trop épais, l'arrière trop large et j'en passe.....

Quand aux femmes il pense à peu près comme Mario, il est d 'ailleurs impossible et inutile de poser une question à une femme, à tel point que si je répond à une question en même temps que Bernard il préfère partir....

Au faire et à mesure des samedis la table s'est améliorée : on est passés des petites tables séparées et pas forcément à la même hauteur, à des tables à la même hauteur, puis une planche de contre-plaqué sur des tréteaux de chantiers mais ils étaient trop hauts et enfin la même planche sur nos tréteaux avec une bâche bleue en polypropylène pour la protégée et faire joli ! Il y a même eu des fleurs pour mon anniversaire !

La plupart du temps les repas se faisaient devant le camping-car qui avait assez de vaisselle pour tous mais au début on les faisaient à côté de Flyer , une fois qu'il pleuvait et faisait froid nous nous sommes même réfugiés dans un des hangar près de Flyer également et pour mon anniversaire on a mangé sous notre bateau avec une bâche tendue entre le voisin (dûment prévenu) et nous pour faire de l'ombre ….

Des anniversaires, nous en avons eu 3 au mois de mai plus celui de Kathy pour qui nous n'avions rien fait à cause du confinement du début ; cela donnait en plus un petit aie de fête, qui en ces temps troublés était le bienvenu ! chacun a eu un petit cadeau pour marquer le coup et même Georges qui ne le fêtait plus depuis des années a accepté de le faire.....

Et puis au mois d'avril, un dimanche, en plein confinement, nous avons vu arriver un petit voilier avec 4 personnes et un chien.

Bien sûr les langues sont allées bon train à ce sujet surtout que c'était des jeunes babacool assez sales et que le bateau a été sorti de l'eau le lendemain.

Ce qui leur est arrivé est une histoire incroyable et ces jeunes (entre 25 et 30 ans) ont eu tout de même de la chance de ne pas avoir finis noyés !

Sven, le propriétaire (une trentaine d'années ) est Danois et a acheté ce bateau pour 1000 euros pour vivre à bord et peut-être partir naviguer ; il a rencontrer Alicia, d'origine Italienne, 25 ans et belle comme un cœur, qui ne rêvait que de çà, partir à l'aventure sur un bateau...

Après un hiver passé au Danemark en vivant à bord sans chauffage elle a craqué et ils sont descendus en s'arrêtant au gré de leurs envies ; ils font tous les 2 des jeux de rue comme faire tourner des cerceaux, lancer des quilles, sauter des cordes et des faire des tours de passe-passe qui leur font gagner de quoi subsister.

Mais voilà le Covid est arrivé et ils se sont trouvés coincés devant Sétubal .

Un gros coup de vent est arrivé et le port a refusé qu'ils entrent ; l'ancre a chassé et ils se sont échoués. Là les Portugais n'ont pas été cool car ce qu'ils ont refuser de faire était de la « non assistance à personne en danger » même avec le Covid....

Ils se sont déséchoués eux-même, peut-être avec l'assistance du couple de jeunes rencontrés là et vivant là mais là je parlerais d'eux plus tard.

Mais l'échouage avait déstabilisé la quille (qui apparemment ne tenait pas trop bien déjà) et une importante voie d'eau s'est déclarée ; ils ont de nouveau demandé du secours faute de quoi ils risquaient de couler et ils devaient pomper non-stop, faute de quoi ils coulaient.

Comme il n'y avait pas de réponse Alicia a appelé ses parents en Italie pour qu'ils interviennent auprès de l'ambassade à Lisbonne et cela seul a fait un peu bouger les choses : ils ont eu le droit de naviguer jusqu'à nous au chantier qui a eu l'ordre de les sortir. La route a dû être longue et stressante dans ces conditions parce qu'ils n'étaient tout de même pas à côté!!!!

Après un long examen de diverses personnes et d'un expert, le bateau s'est avéré non réparable où alors de façon extrêmement coûteyuse mais çà Sven s'en doutait, il en avait déjà fait son deuil....comme il l'a dit, pour 1000 euros il a fait son temps puisqu'il a vécu 2 ans à bord!

Leurs amis les accompagnaient donc : Yuna, d'origine Polonaise, une trentaine d'années et son compagnon José, très typé Espagnol mais d'origine Portugaise, même âge. La langue commune entre eux est bien évidemment l'anglais et ces jeunes qui sont devenus internationaux en perdent leurs racines....

Yuna et José leur ont trouvé une communauté de jeunes, il paraît qu'il y en a partout dans le monde, qui vivent sur un grand terrain sur lequel le propriétaire amène de vieux bateaux abîmés qui ne peuvent plus naviguer et qui servent de logement, à charge pour eux de les entretenir pour qu'ils ne pourrissent pas complètement....voilà un excellent recyclage pour ces épaves !

Ils font retirer la quille qui ne sert plus, ce qui est plus pratique pour monter à bord.

Du jour du départ de leur bateau nous ne les avons plus jamais revus....

Ils sont restés plus d'un mois avec nous et se sont bien mêlés à nos repas pour lesquels ils ont bien réussis à amener quelques bricoles ; quelques petites démonstrations de leur art et la guitare de José ont amené un nouveau souffle à nos agapes …..

.Comme vous le voyez nous n'avons pas eu temps de nous ennuyer !

Mais fort heureusement tout à une fin : nous avons fait notre dernier repas tous ensemble au restaurant avant le départ de Francisco pour la Belgique le lendemain ainsi que Kathy qui remontait s'occuper de ses petites-filles en Belgique également et Bernard qui remontait une semaine à la maison . Pour notre dernier Georges nous a fait une grosse frayeur en faisant un malaise à l'arrivée au resto : il faisait très chaud et il venait de faire la course en vélo avec 2 autres....il était tombé et c'était salement amoché un bras....il a failli finir aux urgences si quelques uns d'entre nous n'avaient été si réactifs....

Ceci dit il n'aurait pas fallu que ce confinement dure plus longtemps car ce genre de circonstances exacerbe les caractères et les humeurs et cela aurait mal fini entre quelques uns !

Si c'était à refaire il faudrait le faire avec des inconnus comme au début pour nous, après on commence à trop se connaître et on s’aperçoit que l'on ne pourrait probablement pas vivre avec certains.....

Mais c'est la vie et nous garderons tous un excellent souvenir de ces heures assez tristes en soi ….

Nous nous avons continués de travailler pour mettre à l'eau dès que nous le pourrions car il était hors de question que notre Romico passe un été de plus hors de l'eau....


Les vannes de coque ont pratiquement été toutes changées, les tuyaux en tous genres aussi et d'ailleurs tout marche mieux.....

La cuisine a été refaite, la cale avant aussi, dehors quelques améliorations : outre les bâches qui vont nous permettre de ne pas avoir autant de vent quand nous restons derrière, il y a maintenant de beaux coussins sur le banc, la table a maintenant un pied central plus pratique qu'avant et des rallonges qui vont nous permettre de manger ou boire dehors à l'aise pour 6 personnes au moins, nous avons fait le vide sous la table à cartes pour un jour y mettre un jour des vélos pliants à assistance électrique et çà ce sera notre prochain gros budget ; notre échelle de bains a trouvé une place entre les 2 toits (elle était sur pont à l'arrière et nous gênait constamment) ce qui va la protéger beaucoup mieux des UV et du sel....


Jeudi 9 juillet 2020

grand jour pour nous !!!!!!!

le Romico a retrouvé son élément naturel l'EAU !!!!

enfin après 34 mois au sec et 19 mois de travail assidu dessus pour le remettre au mieux.....

A part nous personne n'y croyait à notre retour dans l'eau …..

Cela a été laborieux bien entendu, les Portugais ne respectant pas toujours ni les horaires ni les demandes.....

Nous avions été mis dans les sangles du roulève la veille vers 17h et déplacés près de la darse pour être mis à l'eau à 8h du matin dès leur arrivée ; ne voyant personne venir à 8h30 Bernard décide de donner un dernier coup de ponçage sur l'hélice et moi je surveillais quand je me suis avisée qu'ils avaient l'air d'attendre qu'il ait fini....bizarre me suis-je dis et j'ai donc conseillé à Bernard qui était en bas (on avait retiré l'échelle et j'étais à bord donc en haut ) d'aller voir Sergio ou Fernando pour savoir.....eh bien ils attendaient ce soir ! Ils avaient mal compris....no comment.....

La marée haute était à 6h30 et en mettant à l'eau à 9h....nous sommes restés dans les sangles parce qu'il était impossible de se déplacer vers le ponton, il n'y avait plus assez d'eau....

Pas grave en soi....

la pompe de cale et la pompe de cave (que nous gardons précieusement à bord au cas où ) ont largement étalé les entrées d'eau ; en fin d'après-midi quand nous nous sommes déplacés il n'y avait plus que la pompe de cale en service ; le lendemain la pompe de cale ne se mettait en route qu'occasionnellement …..

Tout çà grâce aux bons soins de Bernard (et un peu aux miens puisque je ne suis pas remontée à la maison pour arroser le bateau tous les jours) qui avait eu la bonne idée de laisser de l'eau en permanence dans la coque (même dans le hangar où il maintenait le taux d'humidité avec un chiffon mouillé devant un ventilateur) de mettre partout où il le pouvait des chiffons ou de vieux vêtements qu'il humidifiait chaque matin avec un gros pulvérisateur de jardin équipé d'un très long tuyau permettant d'envoyer de l'eau assez loin et d'un arrosage extérieur tous les soirs...

nous sommes restés 4 jours à quai le temps de finir de ranger tout notre bazar, enfin finir est un grand mot, ensuite nous sommes partis au mouillage au milieu de la lagune où il faisait beaucoup plus frais avec moins de moustiques également....

La voiture est garée chez Victor, qui était notre dernier voisin en date sur le chantier ; Victor est un local qui parle très bien le français et l'anglais et qui nous a gentiment proposé de garder notre voiture chez lui jusqu'à la fin octobre....un souci en moins !


Victor est le premier Portugais a réellement avoir sympathiser avec nous en 3 ans....

En 3 ans nous avons croisé beaucoup de Portugais aimables, voir sympas, et tous nous disaient qu'il fallait leur dire si nous avions besoin de quelque chose mais pour autant aucun ne nous laissait son numéro de tel …..hormis José et sa compagne qui était allés nous acheter le polyane l'année dernière.

Bref, Victor est très sympa et c'est un bon vivant ; il aime bien manger et bien boire par exemple ; quand nous avons emmener la voiture chez lui il nous a invités à dîner. Son épouse Anna est toute aussi sympa et très conviviale. Quand nous reviendrons chercher la voiture nous sommes même invités à dormir chez eux, ce qui sera sûrement bien pratique pour nous....


Vendredi 17 juillet ; baie de Sessimbra

Et nous voilà repartis pour de nouvelles aventures !!!!!!!

Vous ne pouvez pas vous imaginer comme nous sommes contents !

Nous avons lever l'ancre après déjeuner à 13h avec la marée qui commençait à descendre.

Il y avait plein de petits bateaux de plaisance sur le Tage ; à Seixal il faisait 33°C mais dès que nous avons atteint le Tage la température a baissée et plus nous nous dirigions vers la mer plus elle baissait pour finir à 19°C, autant dire que nous n'avons plus transpiré !....

Bernard craignait au vu de la météo d'avoir le vent dans le nez mais pour finir il était nord-ouest donc bien portant pour nous et en force 3-4 ; belle nav pour une première !

En arrivant au cap Espichel il est tombé mais quand nous avons viré vers l'Est il est remonté très fort jusqu'à nous faire affaler la grand-voile en catastrophe : nous voulions mouiller devant les grottes que nous avions entraperçues de la terre l'année dernière mais il y avait tellement de signaux de filets ou de casiers qu'il était impossible de louvoyer entre eux avec le vent en prime....

Nous sommes donc allés jusqu'à la petite baie de Sessimbra dont tout le monde nous ventait la beauté.....ça la beauté c'est tout relatif ; peut-être y a-t-il un centre de vieux village mais le tout est gâché par les barres d'immeubles et d'hôtels qui ont poussés comme des champignons.....

Ce mouillage n'est pas protégé et très rouleur en plus des nombreux pêcheurs qui entraient et sortaient.....

A notre arrivée vers 17h il ne faisait que 19°C avec de la brume qui arrivait.

Samedi 18 juillet ; lagune de Sétubal / Portugal

ce matin il faisait froid (pour cette saison ) et le brouillard qui n'était pas parti dans certains coins, est revenu en fin de matinée.

La nuit a été très agitée, la houle du vent du large et les pêcheurs.....

En bref ce n'est pas un bon mouillage !

Enfin nous avons profité de notre belle annexe pour aller faire une très longue rando jusqu'aux grottes ( 2h30 de nav ) mais nous avons été déçus, elle n'était pas aussi impressionnante vue de la mer.....il y avait des bateaux de plongée partout et donc de plongeurs partout ce qui nous a empêchés d'aller les voir de près de surcroît mais la balade en soi était belle.

Nous sommes contents de notre annexe , elle passe bien dans les vagues courtes que créent les autres bateaux en tous genres et est beaucoup plus stable que la précédente !

Dès notre retour à bord nous avons relevé l'ancre pour profiter de la marée montante pour s'engager dans la lagune de Sétubal dont l'entrée était à 10MN environ.

La côte à Sessimbra (que nous n'avons pas vue alors que nous la longions à cause du brouillard) est orientée vers le sud mais dès que l'on arrive à Sétubal cette côte fait un coude et est orientée face à l'ouest et la lagune après son entrée face à l'ouest fait un coude serré et descend vers le sud formant ainsi une presqu'île sablonneuse, très construite elle aussi avec des clapiers à vacanciers assez hauts et un petit port entièrement rempli de yachts et quand je dis yachts.....

Nous ne savions pas où mouiller mais le projet était de le faire le long de cette presqu'île .

Cette lagune, que l'on pourrait appelée loch ou fjord ou ria d'ailleurs est très grande et très large avec du côté terre et non presqu'île beaucoup d'industries comme le gaz, le pétrole, un terminal de cargos etc.....

Il y a donc une espèce de tour de contrôle qui gère tout ce qui rentre y compris les plaisanciers ; avec notre AIS il est évident qu'il est facile de savoir tout ce qui nous concerne en premier lieu notre nom....

Ils nous ont imposé de descendre assez bas pour ne pas gêner les nombreux ferrys (très gros les ferrys) qui traversent cette lagune mais cela a été bien ainsi.

Par contre c'est le week-end et le mouillage et la plage qui la longe ont vite été envahis par de nombreux petits bateaux qui sont partis ce soir à l'heure de l'apéro.....heureusement !

A côté de nous est arrivé ce soir un catamaran à moteur de 63 pieds c'est à dire pratiquement 19m ; ce n'est pas spécialement beau ce genre de bateau mais il avait , outre son annexe montée sur plate-forme qui s'abaisse pour la mise à l'eau, un petit cata gonflable avec une voile totalement lattée intéressante.....Pas grand monde à bord et silencieuse ce qui nous a étonnés car ce genre de bateau ne circule rarement sans une cohorte de gens bruyants à bord....il aurait pu mouiller un peu plus loin il avait largement la place mais bon.....

dimanche 19 juillet ; lagune de Sétubal

la nuit a été reposante et fraîche ; du brouillard ce matin qui a fini par se dissiper assez tard a tel point que les gens sont arrivés tard sur la plage et le cata repartait faute de soleil....mais celui-ci a fini par reparaître et le cata est revenu.

Au Portugal le dimanche est réservé à la famille : alors comme c'est l'été et que tout le monde aime la plage, toute la smala débarque au même endroit avec barnum, chaises, tables, glacières etc...et à 6h on repli bagages....pas ou très peu d'ordures là où ils étaient, bravo !

Le petit cata à voile est passé très près de nous avec femme et enfants en bas âge ; ils admiraient le bateau et sont venus discuter. Le monsieur parle très bien le français, une petite cinquantaine avec une femme plus jeune et 2 charmants enfants qui avaient l'air très bien élevés.....cela fait plaisir à voir !

Ah au fait nous avons apporté 2 grosses améliorations sur notre Romico en plus de pas mal d'autres mais ces 2 là nous changent carrément la vie à bord : d'abord nous avons déplacé notre chauffe-eau qui est maintenant dans la cale moteur et qui peut être alimenté par l'eau de refroidissement dudit moteur ce qui veut dire en clair que chaque fois que nous allons utiliser le moteur nous serons assurés d'avoir de l'eau chaude en arrivant au mouillage et de l'eau bouillante, pas mal n'est-ce pas ? Sinon c'est 2h de groupe électrogène....

la deuxième amélioration concerne notre pilote automatique qui était extrêmement bruyant parce que nous avions conservé la pompe d'origine qui fonctionnait en permanence ; un heureux hasard nous a fait rencontré au chantier un très gros bateau de Nouvelle-Zélande dont le propriétaire s'est débarrassé de pas mal de choses en mettant à l'eau et dans ces choses il y avait une pompe hydraulique....que Bernard a récupérer et mise en service....on n'entends plus du tout le pilote dorénavant , silence en mer !!!

Lundi 20 juillet ; mouillage devant la plage de Sines / Portugal

départ dans la brumace qui était tenace et qui nous a donné une assez mauvaise visibilité.

somme toute belle navigation avec du vent portant et juste ce qu'il fallait de vent pour avancer de façon raisonnable même si au départ il a fallu laisser un peu le moteur....

Nous avions un souvenir assez mitigé de notre précédent séjour à Sines et les choses n'ont pas changées : il y a toujours autant de pêcheurs qui entrent et sortent non-stop 24h/24 et le mouillage devant la plage qui est de ce fait très rouleur est assez restreint somme toute.

Surtout qu'il y avait déjà là pas mal de bateaux dont un cata et une gros bateau ancien d'une vingtaine de mètres en plein milieu....

Nous avons mouillé entre le cata français et un monocoque anglais  quoique assez près de l'anglais c'est vrai....et lui avec son tupperware (bateau plastique) léger ne se comportait pas comme les autres autour avec le vent, le gros clapot et la marée...

Nous étions en train de ranger le bateau et j'étais à l'intérieur quand Bernard me dit : « viens voir il y a quelqu'un sur le gros bateau qui appelle « marinette » et j'ai cru comprendre que c'était Martine l'ancienne femme de Gérard (que nous fréquentions plus ou moins à Capbreton)

Je sors et je regarde et effectivement c'était bien Martine ; elle proposait que l'on se voit et de venir mais nous avions déjà sauté dans des vêtements propres et décroché notre annexe....

Quelle surprise mais alors quelle surprise !!!

Nous avions quitté Capbreton un peu fâchés parce que son mari Gérard était imprévisible et lunatique et reportait sans arrêt ses erreurs sur les autres et comme on avait trouvé cela fatiguant nous avions évité de les fréquenter tout simplement ; nous avions su par une connaissance commune qu'ils avaient changé de bateau pour un gros cata pour traverser l'atlantique et avaient fini par se séparer avant de traverser ; lui avait traversé et avait rencontré une femme seule sur son bateau et il partageait son temps avec elle entre leurs 2 bateaux, un aux Antilles et un en Méditerranée....d'elle nous n'avions aucune nouvelle....

Elle a refait rapidement sa vie avec Jean-Marc qui a acheté un ancien bateau océanographique, ils habitent à bord et naviguent au gré de leurs envies comme nous mais au sud de l'Europe pour le moment....Ils remontent vers la Bretagne où ils ont trouvé une place à Arzal pour faire quelques travaux d'urgence.

En fait Gérard son ancien mari est bi-polaire ce qui expliquerait mieux son comportement ….

Jean-Marc est charmant et nous avons vite sympathisé d'autant que Martine lui avait parlé de nous en parlant de notre beau bateau 1 mois auparavant ; il était donc ravi de nous rencontrer.enfin...et désolé que nous repartions si vite....

Pendant que nous discutions à bord de leur bateau, la nuit arrivait et notre voisin anglais a commencé à nous embêter ; j'avais eu un pressentiment en arrivant à leur bord qu'il allait nous enquiquiner toute la soirée ce rosbeef ! Avant de partir il avait commandé à Bernard de rallonger la chaîne d'ancre ce qui était idiot puisque en tournant nous nous rapprocherions de lui et c'est ce qui est arrivé ; avec une lampe de poche il nous a fait des signaux jusqu'à ce que nous le voyions.

Évidemment nous avons abrégé la soirée en sautant dans notre annexe pour aller relever l'ancre et changer de place ; mais cela ne se fait pas en 5mn et pendant que nous nous préparions il continuait à nous parler d'un ton désagréable.... Bernard a fini par dire qu'il était parano ! Quand nous sommes arrivés vers 17h30 il était déjà en train de boire son verre de vin blanc....

Maintenant qu'ils ne sont plus Européens on va peut-être moins en voir de ces gens qui se prennent pour les rois de la mer....

Mardi 21 juillet ; mouillage baie de Sines

Nous avions rendez-vous ce matin avec nos amis pour aller faire des courses à terre et un resto à midi ; c'était eux qui nous prenaient avec leur annexe car ils ont un accord avec le port pour l'y laisser. En montant vers la ville ils nous ont raconté que cette nuit ils avaient été obligés de mettre leur groupe électrogène en route et il se trouve dehors ; Ils pensent que nos chers anglais qui sont mouillés derrière eux n'ont pas dû apprécier.....

Il y a toujours autant de bateaux de pêche ici et ils sont particulièrement bruyants en plus de nous secouer tout le temps....

Cet après-midi nous avons pu apprécier la baignade et la natation autour du bateau pour la première fois car avant il y avait toujours eu trop de courant pour nager sans se faire embarquer....

Ce soir c'était leur tour de venir à bord et comme Jean-Marc rêve de monter en Irlande et en Ecosse.... mais à la fin de la vidéo cela a été à leur tour de partir précipitamment car un des pêcheurs en partance était bien près d'eux ; ceux-ci ont tous les droits ici et il ne fait pas bon se trouver sur leur chemin …...

Mercredi 22 juillet ; mouillage derrière le cap Sao Vicente / sud Portugal

longue navigation aujourd'hui parce qu'il n'y a pas d'abris le long de la côte ou plutôt il n'y en a qu'un dans lequel il est déconseillé de rentrer avec de la houle.....

Et de la houle ça on en a eu ! Une houle croisée fort désagréable qui nous a fait balancer tout le temps ; même le cata français qui nous suivait de près, en pensant probablement nous doubler, facilement se faisait brinquebaler c'est vous dire ! Ceci étant je n'échangerais pas mon joli bateau pour un cata même pour tout l'or du monde....quand ça bouge cela doit être très désagréable et bruyant parce que l'eau doit taper sur les coques.et sous la nacelle.....et il ne nous a pas doublés parce qu'au moteur, vu la puissance du nôtre, c'était pratiquement impossible....si cela avait été à la voile il nous aurait laissé sur place bien sûr....

Pour clore le tout pas un souffle de vent ou si peut qu'il était impossible de ne laisser que la voile mais en revanche vers le milieu de la journée les voiles et le moteur nous ont permis d'avancer bon train sans trop se faire ballotter.

Il a fait 18-19°C toute la journée donc pas moyen de rester dehors au soleil, celui-ci ayant disparu pour la journée et remplacé par une brumasse humide aussi désagréable que la houle ; aucune visibilité, on a croisé des bateaux dont nous n'avons aperçu que la silhouette au loin...on ne les voyaient bien que sur le radar et l'AIS....

Passée la pointe de Sao Vicente, la pointe la plus sud-ouest de l'Europe, nous avons visé la première anse protégée pour aller mouiller et nous reposer ; les bateaux qui nous suivaient, et ils étaient quelques uns, ont continués probablement jusqu'à Lagos avec 3h de mer en plus mais comme l'alizé du nord s'était levé ils ont dû pouvoir faire de la voile pure pour continuer....


Jeudi 23 juillet ; mouillage dans la baie de Sagres contre la pointe de Lagos / sud Portugal

notre mouillage derrière la pointe de Sao Vicente était décidément trop venté et trop froid et cela s'annonçait pire pour demain....

En revanche plus nous allions aller vers l'Est plus il ferait chaud et moins il y aurait de vent, du moins pas cet alizé du nord qui refroidit tout.

Vers 14h « l'entrée d'air maritime » comme ils disent et qui est en fait du brouillard avait l'air de revenir, nous avons donc décidé de partir un peu plus vers l'Est.

Avec un bon vent du nord de 20-25 nds et juste le génois nous avons bien naviguer jusqu'à la pointe qui sépare Sagres de Lagos ; là nous avons vu de belles strates de roches agrémentées de petites plages qui nous ont plu alors nous nous sommes arrêtés .

Cet endroit est magnifique et le fond de sable donne une couleur verte à l'eau près de la plage qui a l'air d'être inaccessible depuis la terre....si elle était accessible il y aurait du monde tout simplement !

juste un autre voilier au mouillage qui est parti dans la soirée et une grosse vedette dont l'ancre a chassée et qui s'est retrouvé à 2 ou 3 MN de son point de mouillage rapidement et qui nous a donc laissé la place....

Ici il y a déjà un peu moins de vent et il fait meilleur même si les nuits restent fraîches, ce que nous allons sûrement regretter plus tard vers l'Est !

Vendredi 24 juillet ; même mouillage

enfin une vrai journée de vacances ! Calme ce matin, tempête de ciel bleu et soleil !

Ce matin pêche avec l'annexe pour Bernard qui m'a déposée sur la plage avant de partir.

En tenue d'Eve je me suis promenée et entendu les premières cigales depuis si longtemps....

Il n'y a qu'un peu de sable sur la plage et un banc qui ne découvre pas en ce moment avec la marée mais c'est ce banc de sable qui donne la couleur turquoise de l'eau à marée plus haute ; le reste ce ne sont que des cailloux gris pour la plupart roulés par les vagues qui forment un cordon de plus de 2m de haut sous la falaise . Ce cordon de cailloux tombe à pique sur la plage, ce qui veut dire que dès l'automne la mer doit taper dedans quand il y a du vent de sud....

juste sous la falaise il y a d'autres cailloux aux magnifiques couleurs de la falaise ; j'en ai ramassé quelques échantillons comme d'habitude !

Au retour de Bernard, qui n'a rien pris sauf l'air, on est allés chercher d'éventuels coquillages à se mettre sous la dent mais mise à part quelques petits bigorneaux....bon c'est mieux que rien et ici nous ne sommes pas en Ecosse ou en Irlande il faudra donc faire avec...

Vers 13h il est arrivé un cata de passagers qui a mouillé assez loin et ils ne faisaient pas trop de bruit malgré leur annexe rapide qui faisait des aller-retour pour récupérer leurs paddles montés de néophites qui s'éloignaient trop rapidement avec le vent qui est remonté...

Après-midi au calme sans exercice violent !

Samedi 25 juillet ; petite lagune d'Alvor / sud Portugal

le vent a soufflé très fort toute la nuit, plus de 25nds en permanence ( notre anémomètre est en panne) et il n'est tombé que ce matin après 9h pour repartir, comme tous les après-midi, en allant crescendo.

J'avais vu sur le guide du Portugal que nous avons à bord, une photo d'une arche rocheuse vue d'en haut se situant un peu avant Lagos et nommé Ponta da Piedade qui était pour nous assez près derrière la pointe que l'on voyait ; nous sommes donc partis de bonne heure pour avoir tout loisir de nous arrêter quand nous le voulions pour visiter éventuellement avec notre annexe.


Avant la pointe, il commençait à y avoir bon nombre de petits bateaux et de kayaks et de belles roches avec des strates comme nous aimons...

En fait nous étions déjà à Ponta da Piedade, ce site très étendu se situant à cheval sur la pointe qui sépare Sagres de Lagos.

Aussitôt nous avons mouillé un peu à l'écart de ces flottilles de bateaux et avons mis l'annexe à l'eau.

Nous sommes restés 2h sur ce site mais s'il n'y avait eu autant de kayaks et vedettes de tout genre au milieu ( et qui avaient la priorité sur nous puisque les vedettes travaillaient dont quelques unes accompagnaient les nombreux kayaks sur l'eau) nous serions restés beaucoup plus longtemps en débarquant à certains endroits....

Mais franchement c'est de TOUTE BEAUTE !!!! Une débauche de grottes, de souterrains et d'arches.....

Depuis notre voyage aux Shetland nous n'avions pas vu autant de grottes , d'arches et de tunnels sur un aussi petit espace !!!! cet endroit est grandiose mais sûrement mieux à visiter hors saison....

Nous avions mal choisi le jour en fait puisque nous sommes samedi !

Il y avait tellement de bateaux que la mer en était houleuse !

Sitôt l'annexe remontée, nous avons relevé l'ancre pour aller mouiller dans des eaux plus calmes, enfin calmes est un grand mot car maintenant nous sommes en plein dans la zone hyper touristique de l'Algarve....On avait oublié ce que c'était !

Nous sommes rentrés dans une très belle petite lagune, Alvor ; nous avons mouillé à l'entrée car il y peu d'eau dans cette petite lagune et c'est bondé de bateaux de toutes tailles, qui naviguent la-dedans plein pot . Apparemment il n'y a pas de limitation de vitesse ici ni de zone réservée à la baignade et on se demande comment il n'y a pas plus d'accidents....

nous allons rester là quelques jours parce que maintenant nous ne sommes plus loin de Faro où nous devons récupérer Nico et Val qui arrivent par avion à Faro lundi en 8.




















































jeudi 9 avril 2020

Voyage 2020

bonjour les amis,
je vais prendre le temps cette année de vous tenir plus régulièrement au courant de la fin de nos travaux et de notre voyage si tant est que nous puissions partir.......et vous vous allez avoir le temps de lire ce blog en fin de compte au vu des événements actuels.....
Le monde entier est devenu fou mais qu'y pouvons-nous ? !
Bref on y peut rien , nous devons subir et essayer de survivre à ce premier virus infernal …...
l'hiver chez nous a été long parce que très très humide ; il n'y a que la nature et les nappes phréatiques pour ne pas s'en plaindre....
Et pourtant il est passé si vite....
Au fait pour ceux qui n'ont pas tout suivi de notre histoire ou qui ne s'en souviennent pas et qui s'imaginent que nous naviguons actuellement tranquillement : eh bien non !
Romico est au sec depuis septembre 2017 au Portugal sur la rive sud du Tage face à Lisbonne ; nous lui avons refait une beauté ( ce qui était absolument indispensable!) et cela a été long, fastidieux et extrêmement fatiguant. Mais si vous lisez ce blog vous avez peut-être le temps de revenir en arrière sur ce blog pour en comprendre toutes les péripéties ….
voilà pour la parenthèse !
Après de nombreux reports nous avons réussi à quitter la maison et la France le 8 mars ; en passant il était temps ! A 8 jours près on ne pouvait pas partir, l'Espagne étant très contaminée et ayant fermé ses frontières dans la semaine suivante.....

Il y a eu quelques changements ici au chantier pendant l'hiver ; ils ont été mis en redressement judiciaire car maintenant nous payons à un organisme de recouvrement et Raphaêl qui était le manager a déserté.....il est parti travailler en Angleterre sur un chantier naval. Nous pensions qu'il n'avait pas eu le choix à cause de leurs dettes mais non c'est tout simplement sa femme qui a craqué et qui estimait qu'il passait trop de temps sur son lieu de travail ! Apparemment elle l'a littéralement traîné ailleurs et de préférence loin....on lui souhaite bien du bonheur ! Mais ceci étant cela a dû lui faire un choc d'être en Angleterre non seulement pour la différence de climat mais là il va comprendre ce qu'est réellement un « chantier naval » !
Et pour son père quel choc ! Surtout que maintenant à 82 ans il n'a plus le droit de venir passer ses journées sur le chantier, trop risqué pour lui à son âge avec ce virus, le pauvre !!!
Enfin nous nous sommes au soleil et à la chaleur ! Que cela fait du bien !
Notre Romico a bien passé l'hiver ; les nouvelles bâches que j'avais faites avant de le quitter ont bien résisté au vent et bien protégé nos vernis.
Malheureusement je n'ai pas de photos à vous montrer parce que je n'ai pas pris le temps d'en faire avant de partir ni en arrivant avant de débâcher.....les bonnes habitudes se perdent !
Sachez seulement qu'elles couvrent entièrement les parois des cabines depuis la timonerie jusqu'à la cabine avant . Elles ont juste un peu décoloré en passant de jaune très très clair à pratiquement blanc. Elles n'étaient pas trop sales non plus....
La première semaine a été très productive ; en premier il a fallu laver le bateau car ici quand il fait sec la terre vole partout ; ensuite il a fallu retrouver le palan pour débarquer notre annexe qui était retournée sur l'avant et qui allait nous gêner pour mettre nos voiles. La météo ayant été très bonne et sans vent les deux premiers jours, nous en avons profité justement pour mettre nos voiles en place, les sacs les contenant étant particulièrement encombrants et lourds et gênants dès que l'on veut travailler dedans.
Notre Romico ressemble enfin de nouveau à un voilier !
Toute cette première semaine le maillot de bains et les tong ont été de sortie.....mais cela n'a pas duré....un peu comme l'année dernière d'ailleurs....
Il a fait + 26°C dans la journée mais vers 4h il fallait se rhabiller vite.
Notre voiture était pleine à bloc mais dans un premier temps nous n'avons sorti que le stricte nécessaire.
Après le mise en place des voiles nous avons entrepris de reconstruire un petit atelier contre le grillage de limite du chantier à l'avant du bateau .
Nous nous sommes appliqués cette fois : toujours en utilisant des morceaux d'échafaudage mais en plus nous avons fait un toit rigide à notre cabane fait de volets et d'une porte qui nous servaient de table de travail l'été dernier et que nous avions entreposé sous le bateau, comme çà on sera plus à l'abri en cas de pluie. Le tout recouvert d'une bâche plastique avec un vieux cordage plombé dessus pour qu'il ne s'envole pas et l'affaire est faite !
Et nous avons pu vider la voiture comme ça sans être trop encombrés en haut.
Ah oui j'ai oublié de vous dire qu'avant de faire notre cabane Bernard a dû couper l'herbe, ce que le chantier ne fait jamais sauf quand la dite herbe nous arrive aux genoux et qu'ils considèrent que ça peut brûler ; ils ont ce qu'il faut pourtant pour le faire …..
Mais le rotofil n'avait plus de carburant....et puis le fil était cassé parce que bien sûr avant de venir pour le faire ils n'avaient pas eu l'idée de regarder.....normal ici.....et pour finir c'est Bernard qui l'a fait parce que après tout ça le grutier qui était venu le faire n'avait plus le temps de s'en occuper ….
Nous travaillons sur plusieurs endroits en même temps : nous avons toujours des pièces à mettre en place dehors tels que des bloqueurs, un winch, le touret de sangle pour le mouillage arrière, les projecteurs de pont à revoir (ils prennent l'eau) des branchements électriques à refaire après ce démâtage et j'en passe......
Nous essayons d'amélioré notre cockpit arrière en le protégeant mieux du soleil et surtout du vent ; quand nous habitions à bord à Capbreton nous avions fait des bâches en partie transparentes qui pouvaient fermer complètement cet espace mais après nous ne nous en étions plus servi parce que trop compliqué à mettre en place pour un court moment....mais....
A la fin de l'été dernier il est arrivé sur le chantier 2 bateaux Chiliens ( des gens que nous ne voyons guère dans nos eaux Européennes ) dont 1 des 2 avait un toit arrière rigide comme le nôtre et des bâches pour fermer son cockpit mais il avait eu l'idée géniale de rouler ses bâches sous son toit.... « mais c'est bien sûr ! » me suis-je dis ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt !
Voilà une idée de génie qui va nous permettre d'avoir les bâches à poste prêtes à servir ; bien sûr il faut adapter tout cela d'autant qu'à Oban, durant un hiver particulièrement venteux,nos 2 toits étaient tombés à cause d'une mauvaise fixation. Et oui normalement nous avons 2 toits sur l'arrière : 1 à poste fixe en composite blanc qui nous permet d'être à l'abri des intempéries qui part du pied de mat d'artimon et qui va jusqu'à la moitié à peu près du cockpit et un autre amovible en polycarbonate transparent qui va jusqu'à l'arrière et que l'on coulisse sur le fixe blanc en navigation sinon il nous gênerait pour l'écoute d'artimon.
Tout ça pour vous dire que nous n'avions remis en place que le toit fixe blanc ( un neuf car les 2 étaient irrécupérables après leur chute, en plus d'avoir d'avoir fait des dégâts ) en modifiant les fixations ce qui a entraîné quelques petites différences de hauteur entre autre....
Nous avons commencé par remettre en place ,comme nous le pouvions , les bâches qui ferment le pont sur les côtés et qui empêche le vent d'arriver sur l'arrière : celles-ci sont équipées d'une « porte » c'est à dire qu'il y a une fermeture éclair sur toute la hauteur sur un côté pour pouvoir accéder à l'avant du bateau, ce qui est pratique surtout au mouillage.
Nous avions oublié comme c'était confortable de les avoir quand 2 jours plus tard nous avons eu du vent assez fort genre 35 nœuds !
Le 18 mars nous n'étions toujours pas confinés à domicile comme en France parce que pour le moment il y a peu de cas et ceux-ci seraient plutôt dans le nord.
Les restaurants sont fermés ainsi que les écoles comme beaucoup d'endroits publics mais beaucoup de magasins sont encore ouverts et il faut respecter certaines règles ; dans les grandes surfaces il y a un vigile qui n'accepte qu'un certain nombre de personne à l'intérieur et les autres font la queue dehors tous à 1 ou 2 m les uns des autres et les gens respectent parfaitement les consignes....les Français pourraient peut-être prendre des leçons …....ah et vous ne pouvez pas acheter plus de 2 paquets de ce que vous voulez, normal....
Les petits commerces font respecter les mêmes règles en signalant qu'une seule personne à la fois peut être admise dans le magasin et là aussi les gens respectent les règles.
Nous avons profité de ces mesures assez souples pour justement remplacer maintenant notre toit manquant en polycarbonate : Sergio de la direction a prêté son fourgon à Bernard pour aller chercher la plaque qui faisait 3mx2m et là aussi nous avons refait quelque chose de plus simple à mettre en place et à stocker sur l'autre toit.
Et là aussi cela va nous changer la vie....
Vous allez me dire pourquoi avoir choisi du polycarbonate ?

Pour 2 raisons ; la première, ce matériau est très léger et ensuite au cas où on ferme complètement le cockpit celui-ci est très clair grâce à la transparence du toit et s'il y a trop de soleil nous avons un tissu à lui mettre dessus tout simplement......
Les jours de moins beau temps ou de pluie ( rares) nous avons du travail à l'intérieur à foison et si nous ne pouvons pas naviguer avant juin ou plus (allez donc savoir....) nous allons avoir le temps de bichonner notre bateau chéri !
Ensuite pendant que Bernard s'occupait des éclairages en tout genre à modifier ou à changer j'ai vidé dans la cabine avant tout le contenu d'un très grand coffre qui se trouve sur le côté de notre cabine à l'opposé de notre couchette ; dernier nettoyage de ce coffre en 2004....on a fait des découvertes bien entendu parce que dans un aussi grand coffre on en met du foutoir en dehors des béquilles (les jambes du bateau quand on veut s'échouer) !!!
Il fallait nettoyer ensuite repeindre avec une peinture plus facile à laver et refaire les lattes qui protègent la coque : il y a eu du bazar à bord pour un moment et qui dit « coffre »  (même si celui-ci est très long 1m80) il n'est pas facile d'y entrer pour nettoyer ou peindre et au bout de 2h il faut en sortir sous peine de s’asphyxier......sans compter que pour y rentrer il faut ramper littéralement et je ne compte plus les bleus.....en plus il ne faudrait pas avoir de poitrine....
Heureusement que nous avons déjà fait son petit frère (de coffre) qui se trouve sur l'autre bord le long de notre couchette sinon j'aurais pu porter plainte pour coups et blessures avec tous les bleus que je récolte en me glissant dedans !
Depuis le 20 mars environ nous sommes confinés.....dans le chantier..... mais là encore les règles ne sont pas aussi strictes qu'en France pour le moment.
Il n'y a plus de queues aux super-marchés et de toute façon on peut encore s'approvisionner aux marchés où il n'y a jamais eu de queue ; les pêcheurs travaillent toujours on trouve donc du poisson et de beaux fruits et légumes locaux .
Sur le chantier nous sommes 10 bateaux habités sur 160  et un camping-car français qui se trouve là par hasard : ils sont venus voir un copain Belge sur le chantier et sont restés coincés par la fermeture des frontières. Ils sont allés à l'ambassade pour obtenir une dérogation pour rentrer chez eux, demande qui a été accordée, mais les Espagnols ne laissent plus passer personne hormis les camions et encore il paraît que les stations services sont fermées pour la plupart.....
Sur les 10 bateaux il y a 2 Français, 2 Belges, 1 suisse, 1 Hollandais, 1 Allemand, 1 Anglais et 1 local qui parle bien le français et qui est très serviable et le dernier dont on ne sait toujours pas la nationalité.....
Un des 2 bateaux Belges est le bateau sur lequel nous avons vécu pendant 1 an , le Flyer.
Katie et Stéphane sont rentrés du Brésil 3 semaines avant nous et devaient rentrer en Belgique....
Ce sont les seuls avec qui nous partageons pas mal de choses et de petits services.
La Francophonie est majoritaire cette fois mais la langue commune avec les autres est l'anglais.
Mais les autres en questions sont peu communicatifs surtout en cette période on ne peut plus troublée....
La navigation est de toute façon très compromise étant donné que les ports sont fermés ; il n'y a que les petits pêcheurs locaux des lagunes qui font sortir leur bateau pour un rapide carénage comme d'habitude en cette saison.
Le temps s'est mis à la pluie ; on est contents justement d'avoir notre cockpit fermé .
Nous avons commencé à faire du tri et à jeter des choses emmagasinées depuis longtemps et n'ayant souvent aucune utilité....mais on pensait que....peut-être un jour....
Les coffres derrière les WC on eu droit eux aussi à un grand nettoyage de printemps, 2 couches de peinture et du tri des affaires s'y trouvant ; pas du luxe là non plus et encore que ceux-ci on été visités souvent compte tenu qu'il y avait là des entrées d'eau venant du pont....
Dans l'avenir nous voulons investir dans des vélos pliants à assistance électrique pour faire des randos mais il fallait trouver de la place pour les entreposés : ce sera sous la table à carte mais jusqu'à maintenant il y avait des petites étagères avec du bazar non indispensable qui est parti en majorité à la poubelle !
Entre les planchers de notre cabine et les cuves qui se trouvent dessous, il y a 15cm qui nous servent à entreposer des bouteilles de vin, des boîtes de conserves, les réserves de matériel de pêche et quelques petites choses comme ça ; mais là aussi c'était mal organisé et tout le temps en vrac et des petites choses qui disparaissaient entre les cuves.
Là, fabrication de petites caissettes compartimentées qui éviteront peut-être ce bazar mais en tout cas ce sera plus facile à gérer ; caissettes en bois peintes faciles d'entretien bien entendu.
Pour ce genre de choses nous avons acheté dans le magasin local de peinture de la peinture polyuréthane en mono composante et nous avons fait du stock en arrivant au cas où....
Bernard a aussi changer l'éclairage principal du carré (notre salon-salle à manger-cuisine) ; nous avions une lampe en 220V que nous n'utilisions jamais et 4 petits néons au-dessus de la cuisine.
Tout est parti pour être remplacé par une bande lumineuse de petites leds de 1m de long, collée au plafond en travers du carré et qui nous éclaire comme en plein jour ! On y a jamais vu aussi bien et , cerise sur le gâteau, pour une consommation équivalente à 2 de nos anciens néons....
On va faire pareil dehors dans le cockpit arrière avec une bande de 3m de long ; jusqu'à maintenant nous avions juste une petite lampe qui nous donnait une lumière blafarde....
Maintenant nous prenons le temps de faire nos travaux au vu de ce qui se profile à l'horizon....
Avant de partir je trouvais que les événements se précipitaient un trop à mon goût et que nous allions être embêtés pour revenir une semaine en avril pour ramener la voiture...
Aussi suis-je retournée voir mon médecin pour qu'il me fasse une autre ordonnance pour mes médicaments (j'en avais déjà pour 4 mois) et que je puisse partir avec les 8 mois prévus de notre absence, ce qu'il m'a accordé sans discuté me donnant même raison. Restait ma pharmacie...Mais là aussi j'ai 2 pharmaciennes absolument adorables et efficaces qui ont bien compris que la situation dégénérait vite dans tous les sens et celle que j'ai vu c'est arrangée pour tout me donner....
Je ne les remercierais jamais assez de pouvoir ainsi partir sans avoir ce genre de problèmes que posent ces satanés médicaments ! J'en ai profité pour refaire également la pharmacie du bord qui avait également un peu de retard..... plus quelques huiles essentielles ainsi que mon amie Kathy m'a conseillé....du reste je n'ai pour ainsi dire pas été enrhumée cet hiver avec ça contrairement à Bernard pour une fois ! Et cela atténue les allergies créées par les médicaments en plus....
Normalement nous avons du monde cet été à bord.....pourvu qu'ils puissent venir nous serions tous si déçus !
Pour le moment nous ne sommes pas les plus à plaindre !
Le ravitaillement se fait bien, nous sommes suffisamment occupés pour ne pas trouver le temps long même si il pleut et nous avons une vue magnifique sur la lagune….
Et puis finalement je ne vais pas avoir grand-chose à vous raconter sur mon prochain message alors si je vous parlais de Québec où nous nous rendons tous les 2 ans voir nos petits et le pays en passant cela vous distrairait peut-être un peu ??????























jeudi 9 janvier 2020

Nous reprenons donc la suite de nos travaux sur notre Romico.
Après 5 semaines à la maison demi-janvier à fin février, nous sommes donc repartis une fois de plus vers Seixal et le chantier le 26 février .
cela faisait 2 semaines qu'il faisait un temps magnifique chez nous, digne d'un mois d'avril ; la végétation explosait de tous les côtés avec ces températures si chaudes, les mimosas nous ont embaumés le jardin et la maison pendant 3 semaines et nous avions rarement vu ces fleurs aussi épanouies et si grosses ; les branches en tombaient par terre avec le poids et nous, nous commencions à tourner en rond en nous disant qu'il était temps de repartir finir notre bateau.....
Non que nous n'ayons rien eu à faire : Bernard a coupé le bois pour l'hiver prochain pendant que je préparais les plans puis les gabarits de notre nouvelle annexe ; nous avions aussi ramené les planchers intérieurs du bateau et nous les avons ponçés....
Le lendemain de notre arrivée au chantier, alors que nous étions en train de réinstaller notre atelier au sol, les propriétaires de Flyer sur lequel nous vivons sont arrivés.
Kathy et Stéphane sont restés un mois ; ils vivaient dans leur camping-car sous le bateau et nous sur leur bateau mais tout c'est bien passé entre nous .
Ils montaient travailler sur leur bateau quand nous étions sur le nôtre ; Bernard avait pris l'habitude d'aller boire son café avec eux pendant que je faisais la sieste et le dimanche à midi nous faisions un barbecue avec celui du chantier et c'était repos pour l'après-midi....
Il a fait un temps magnifique et relativement chaud tout ce mois de mars.
Nous avons fini nos préparatifs d'avant peinture et finalement cela nous a pris 3 semaines ; vérifier tous les petits trous et fissures mal bouchés (enfin presque tous les petits trous....), passer une couche de résine sur des endroits pas forcément lisses histoire d'arranger les choses, finir de boucher les « petits nids à moisissures » (qui ont demandé quelquefois beaucoup de travail et d'ingéniosité....)puis nous avons passé au rouleau des sous-couches sur le pont et sur le pavois, jusqu'au moment où nous avons dit « Stop » et tant pis pour les micros trous qui restent et les vagues sur le pavoi entre les jambettes.....
Toutefois nous nous rendions bien compte qu'il faudrait bâcher le bateau pour pouvoir peindre en toute tranquillité parce que le toit du hangar est en éverite et que le vent et la pluie font tomber des particules et des poussières noires ainsi que des coulures avec l'humidité partout sur le bateau....
Heureusement nous avions pris l'habitude de faire le tour du parc de bateaux en fin d'après-midi tous les jours et un jour en passant près d'un bateau nous avons vu que son propriétaire (un local qui vivait à bord) avait entouré son bateau de plastique transparent, un plastique assez épais et rigide qui permettait qu'il tombe bien.....
Cela correspondait franchement à ce que nous cherchions pour couvrir le bateau....
Nous sommes donc allés le voir pour savoir où il l'avait acheté et combien il l'avait payé ; il parlait parfaitement l'anglais, nous a tout expliqué et à fini par nous proposer d'aller en chercher pour nous parce qu'il allait très souvent à Lisbonne....
Nous sommes vite retourner au hangar faire un métré assez large de nos besoins et 2 jours plus tard nous avions notre plastique à domicile....pour 3 euros et des broutilles en 4m de large.
Bon d'accord il nous en fallait 70m....
Ce Portugais s'appelle José et sa compagne Sophia ; nous avons bien évidemment sympathiser à la suite de ça.
José parle très bien l'anglais mais Sophia parle aussi très bien le Français en plus de l'anglais....
Nous leur avions proposer de venir voir notre bateau et le jour où ils sont venus nous avons fait du troc avec eux et nous en sommes particulièrement contents : notre petite annexe toute abîmée (la pauvre) était debout contre le mur dans le prolongement de notre établi....
A dire vrai nous ne savions pas quoi en faire car cela nous paraissait impossible de la « jeter »...
José la regardait sous tous les angles en nous posant des questions quand nous lui avons expliqué que vu l'étendue des dégâts nous allions en construire une neuve ; cela l'a incité à nous proposer de la racheter :
Sur le coup on est tombés des nues car nous n 'avions absolument pas envisagé que quelqu'un aurait l'envie de l'acheter dans l'état où elle était....
Nous nous sommes regardés avec Bernard tout en réfléchissant et nous avons fini par lui dire que....nous lui donnions !
Ils ont été aussi ahuris que nous mais ne voulaient pas pas cela soit gratuit...
On a fini par un accord : ils nous ont emmenés au resto !!!
Pour nous cela était inespéré : nous ne pouvions pas nous résoudre à la détruire après 15 années de très bons et loyaux services par tous les temps....
Elle aura une troisième vie (nous l'avions rachetée à son constructeur sur le Bassin d'Arcachon mais elle était neuve) et ne naviguera peut-être plus en mer mais sur le Taje ; elle va être de nouveau bichonnée et repeinte (à la couleur de leur bateau) et nous devrions en septembre faire une course avec nos 2 annexes...
Nous étions enchantés de cet arrangement, vraiment mais quand ils sont venus la chercher pour la mettre à bord avant leur mise à l'eau et leur départ pour le port, j'ai craqué et pleuré....
Nous les avons accompagnés sur leur bateau pour aller à leur port d'attache à Lisbonne ; Sophia n'y connaît rien aux bateaux et nous avions jugé que faire une manœuvre de port tout seul en connaissant José....
Finalement nous avons été Très avisés de leur proposer notre aide : la mise à l'eau s'est faite très en retard à cause du bateau précédent et la marée était déjà bien descendue ce qui a eu pour résultat de nous faire toucher le fond et d'être obligés de faire une manœuvre pour le moins scabreuse....Ensuite arrivés sur le Taje, qu'il nous a fallu remonter contre le courant vers ce port, le moteur s'est soudain arrêté comme ça sans préavis...
Plus moyen de le redémarrer et José était bien en peine de comprendre ce qui arrivait...mais pas Bernard fort heureusement ! Tout simplement parce que cela fait presque 20 ans que nous naviguons avec notre Romico, sans parler de nos métiers respectifs, et que cela nous était déjà arrivé....Probablement une merde dans le carbu due aux travaux du bateau et de la non utilisation dudit carburant …. un tour dans la cale et 10mn après nous repartions.
Nous avions pas mal dérivé puisque nous remontions laborieusement le courant mais bon, de toute façon nous serions tout de même arrivés à marée basse dans la marina....
José nous avait conseillés de nous y prendre maintenant pour avoir une place pour l'hiver prochain dans cette marina, car bien entendu notre Romico désespère de retourner dans l'eau, et cela nous arrangerait bien d'y avoir une place surtout en étant pistonnés par un local qui y a une place à l'année !
Après notre amarrage sur le ponton nous nous sommes donc rendus au bureau du port pour faire notre demande ; José y est effectivement très connu, à l'accueil ils parlent français et oh bonheur cela devrait pouvoir se faire. Nous ne le saurons qu'à la fin août mais nous sommes enregistrés c'est déjà ça !
Voilà pour la petite histoire et fermons donc la parenthèse.

Il nous a fallu 2 jours pour mettre tout notre polyane en place : tirer des cordes entre les poutres de la charpente, au milieu et sur les côtés puis dérouler le plastique de 4m de large et plier en 4 par terre dehors, après balayage de la place, le couper à la longueur voulue, le replier et le réenrouler pour le manipuler, le faire passer sur l'échafaudage, le faire passer avec notre grande gaffe sur les 3 cordages pour finalement le laisser tomber de l'autre côté, le tout sans l'accrocher à tout ce qui peut dépasser et le déchirer....et pour finir scotcher les morceaux ensemble et sur l'échafaudage avec du scotch un peu solide et ça fort heureusement nous en avions d'avance....
Mais le résultat en valait la peine : dessous il y fait 2 ou 3 degrés de plus et le vent n'y entre pratiquement pas, un vrai cocon....
Et « cerise sur le gâteau » personne ne peut voir ce que nous faisons au juste là-dessous.....
Nous avons divisé le bateau en 4 zones pour peindre : les cabines et les toits (le plus gros morceau) puis le pont et le pavois sur l'arrière de la porte sur le côté dans le pavois à la porte de l'autre côté (nous avons une porte ou un passage si on veut dans le pavois pour ne pas enjamber celui-ci quand nous sommes le long d'un quai), ensuite la même chose mais sur l'avant et pour finir la coque à l'extérieur, ce qui était le plus facile...
Entre chaque zone il fallait masquer (ou protéger) tout le restant du bateau, ce qui demandait une bonne journée de travail....et pour chaque zone il y avait une semaine de travail en peignant couche sur couche autrement dit humide sur humide ; c'est toujours Bernard qui s'occupait de préparer le mélange de peinture puisque toutes étaient en 2 composants et l'éternelle question était de savoir « combien-il-en-fallait» pour en avoir assez mais ne pas en gâcher....pour le coup nous avons pas mal gérer l'affaire et nous avons eu peu de pertes.
Pour les bandes de couleur nous n'avons pas utilisé le pistolet parce que trop de masquage à faire ; après une première couche de blanc passée partout nous évitions tout simplement d'en rajouter sur ces zones, comme ça juste à l’œil puis nous délimitions les zones avec du scotch et nous faisions chacun un côté avec un rouleau pour aller plus vite ; après les 2 couches passées successivement nous retirions tout de suite le scotch, nous contrôlions les petites coulures éventuelles et le lendemain nous vernissions le tout, blanc et couleur.
Pour les cabines c'était long et compliqué parce que sur les toits il y avait des zonez blanches et des zones avec de l'anti-dérapant ; sur les côtés des zones blanches et des zones vernies....
Il fallait donc déplacer les masquages au faire et à mesure , le tout sans marcher ni mettre les mains là où il ne faut pas....gag!!! En plus on ne met pas de vernis sur l'anti-dérapant donc lui a fait l'objet d'une journée rien que pour lui ; ne croyez pas que c'était du gâteau : il faut la tirer cette peinture !
La tenue pour peindre au pistolet est particulièrement seyante : combinaison en intissé blanche, capuche comprise, des sacs plastiques scotchés au niveau des chevilles pour protéger les chaussures ou les chaussettes (sans les chausssures)quand il faisait chaud mais aussi pour ne pas faire de traces, des gants et un masque digne de ce nom : on aurait dit des cosmonautes !
Quand on se déshabillait tout l'intérieur de la combi , des gants et des « chaussons » étaient trempés de transpiration....
Nous avions un pistolet de taille normale que nous avions acheté en Bretagne quand nous avions utilisé pour la première fois cette peinture en bi-composants il y a de ça 12 ans en arrière et un jour en passant à Leroy Merlin nous en avions acheté un plus petit en se disant que pour les zones un peu scabreuses comme l'intérieur du pavois où il y a une jambette tous les 30cm...
A part les toits où j'ai peint toute seule, nous avons fait le reste avec les 2 pistolets en même temps : Bernard avec le gros sur les parties planes et longues donc l'extérieur et moi avec le petit pour les endroits avec plein de décrochés comme l'intérieur du pavois et le dessous du banc à l'arrière :
Sous la peinture blanche , comme celles de couleur il y a 2 couches de sous-couche, puis ensuite nous avons mis 2 couches de cette laque et quelquefois 3 couches sur les endroits très sollicités et enfin 2 couches de vernis et là aussi quelquefois 3.
Pourquoi du vernis ? Tout simplement cela évite à la laque de fariner trop vite ; nous l'avions fait sur la coque à Oban et c'est très efficace....en plus cela donne de la profondeur à la peinture et le résultat est indéniablement meilleur !
Une semaine pour chaque zone et 4 zones le calcul est vite fait, cela a duré un mois sans parler de l'anti-dérapant du pont qui est encore différent de celui des toits et que nous avons fait 2 semaines après au rouleau et il y en a eu pour 3 jours dont une journée rien que pour mettre les scotchs....
Nous avons fini sur les rotules et le soir à 8h nous nous endormions ; On a tenu parce que nous voulions sortir du hangar fin mai.....
Nous y avions passé tout le mois d'avril où finalement il n'a pas fait beau alors qu'en mars quand nos amis étaient là il avait fait un temps superbe et chaud....
Ceci dit nous avions tellement le nez dans nos peintures que nous n'avons même pas vu arriver le printemps....d'un coup il y a eu des feuilles aux arbres sans que nous ayons vu les bourgeons, nous qui sommes pourtant si attentifs à ça....cela m'a donné un coup au moral !

Les barbecues ont repris avec l'arrivée massive des gens sur leur bateau et nous en avons rencontré de très intéressants autant de langue anglaise que de langue française.
Les Français que nous avons rencontré ont souvent été des gens que nous avions déjà vus à l'automne.
Nous avons retrouvé avec plaisir nos amis Québécois qui s'apprêtaient à remonter vers le nord pour visiter la Bretagne, l'Irlande et ensuite aller hiverner dans le sud de l'Ecosse ; en allant voir Pascaline et les petits nous irons faire un petit séjour chez eux à Montréal....inutile de vous dire que nous attendons tout cela avec impatience....
Mais par-dessus tout nous avons enfin rencontré quelqu'un qui était allé naviguer le long des côtes Algériennes.....et qui, de surcroît, était intéressé par des renseignements sur l'Irlande et l'Ecosse, magique ! Eux habitent Paris c'est plus près que Québec....
Quelques petites soirées en commun pour échanger nos bons plans et idées ainsi que des visions en photos nous ont, non seulement divertis, mais nous ont aussi donné un aperçu de nos futurs voyages....
Mais ces soirées ont toujours été trop courtes, comme c'est bizarre !
D'ailleurs toutes les soirées passées à bord des autres bateaux ont été trop courtes...

Et nos problèmes avec notre voisin d'atelier et sa musique allez-vous me demander ?
Et bien le charpentier et son pote le peintre n'ont rien trouvé de mieux que de mettre chacun leur radio ou CD tout en travaillant dans le même local ; il est vrai que celui-ci est long mais quand même et bien sûr pour entendre bien le son il faut pouvoir le mettre fort et plus fort que l'autre bien entendu !
Ça a encore failli pêter !!! Mais cette fois quand j'ai vu que Sergio ne faisait pas grand chose et que de toute façon Raphael ne ferait rien , je suis allée voir Fernando qui, lui, est allé s'occuper de la chose et tout s'est calmé. Fernando est le plus respecté de tous parce qu'on ne l'entends pas , on ne le voit pas toujours, il n'élève jamais la voix mais quand il dit quelque chose personne ne discute ni ne songe à le narguer.
Un jour qu'il traversait notre atelier nous l'avons fait monter à bord pour entendre le niveau du son en haut ; il en a été si stupéfait qu'il est allé séance tenante les arrêter....
Le problème c'est qu'au bout d'une semaine il faut le leur redire....ils ont un QI de poulet rôti ces gens-là et encore un poulet rôti est bon à manger au moins alors que ces 2 énergumènes ne nous disent jamais mais jamais ne serait-ce que « bonjour », ils préfèrent tourner la tête ou la baisser quand ils nous voient....rien à en tirer......
Quand nous avons enfin fini nos peintures au pistolet nous avons pu respirer un peu ; il nous restait à finir l'anti-dérapant du pont que nous avons fait au rouleau puis à remonter les vitres des fenêtres, les cadres, les aérateurs etc....pour rendre enfin le bateau étanche et pouvoir ENFIN sortir du hangar !
Nous avons soulevé notre bâche du côté du passage et où nous montions à bord et là les ouvriers qui nous parlent ont pu voir ce que nous avions fait pendant tout ce temps ; tous en sont restés littéralement sidérés et nous ont complimentés....cela met du baume au cœur !
Tout cela nous a pris 1 mois et le 29 mai, 1 an après notre entrée pratiquement jour pour jour, nous sommes sortis du hangar et remis à notre place face à la lagune dans le parc de bateaux.
Je m'étais arrangée pour faire le ménage complet de l'intérieur, par petites étapes parce que c 'était parfaitement imnommable là dedans !!!
Même ce qui était couvert avec du plastique.....et j'avais préparé la couchette puisque nous avions des matelas neufs à y mettre …..
Le soir même nous dormions à bord : quel plaisir d'être de nouveau dans Notre couchette et au calme !!!
Tout de même un gros bémol à notre enthousiasme : en déplaçant le bateau avec le roulève , les sangles de celui-ci nous ont sérieusement abîmée la peinture, autant sous la ligne de flottaison que notre belle laque.....
Inutile de vous dire que nous étions furieux : tout ce qu'a trouvé à dire Raphaël c'est que cela n'était jamais arrivé et que c'était la faute à notre peinture ! Non mais qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre !
Ce qui est sûr c'est qu'il aurait fallu attendre un peu plus avant de sortir du hangar.....
Le lendemain de notre sortie nous sommes allés passer la journée à la plage pour décompresser ; farniente, baignade et soleil, trop bon !!!! on est rentrés rouges comme des écrevisses mais qu'est ce que c'était bien !
Ensuite nous avons démonté notre atelier dans le hangar pour le remonter à l'avant du bateau puis nous avons fini de vider Flyer, qui nous avait accueilli pendant 1 an, de nos affaires ; tout cela ne s'est pas fait tout seul.....
Notre nouvel atelier était fait de bric et de broc dont des morceaux d'échafaudage qui montent à 1m80 à peu près et qui nous ont permis de bâcher le tout pour être à l'ombre sans compter que cela nous a fait de la place pour entreposer les choses un peu longues comme les tangons
Et nous avons repris le ponçage , la peinture et le vernis sur tout le restant : les bossoirs, le bout-dehors en pièces détachées, les bômes et j'en passe....
On s'est étalés de chaque côté du bateau mais aussi de l'autre côté de chacun de nos voisins....
Parce que là où nous étions prêt à peindre il ne fallait pas poncer....

Le 15 juin nous sommes rentrés chez nous pour une petite intervention pour moi : nous y sommes restés 1 mois.
Nous en avons profité pour commencer à construire notre annexe ; nous avions acheté le contre-plaqué au Portugal et nous l'avions découpé à l'aide des gabarits que j'avais préparés cet hiver et ramené les morceaux dans la remorque.
Nous avons ainsi gagné un temps précieux....
Et pour une fois nous avons pu profiter de notre terrasse et de notre jardin en plein été , c'était bien sympa....et bref !

A notre retour à Seixal, Bernard a préparé le retour du moteur à bord pendant que j'alternais peintures et vernis sur les pièces du bout-dehors, des bossoirs, de la bôme de grand-mât ainsi que de la résine époxy sur notre nouvelle annexe.
Celle-ci est en 2 parties qui peuvent s'emboîter l'une dans l'autre pour tenir moins de place sur le pont ; en l’occurrence pour nous juste pour l'hivernage puisque nous avons des bossoirs.
A la maison nous avions enduit d'époxy chaque morceau et mis un tissu de verre sur la partie qui allait à l'intérieur de l'annexe ; quand celle-ci a été construite nous avons mis un autre tissu de verre sur l'extérieur en prenant la précaution de préparer d'abord les différents trous : ces trous ont été faits plus grands, bourrés de résine avec de la charge (pour que cela ne coule pas) pour être ensuite repercés au bon diamètre ; cela nous évitera la délamination du contre-plaqué quand on force sur ces trous ( surtout ceux des fixations des 2 parties et ceux des fixations des roues qui sont soumis à rude épreuve...)

Ensuite il fallait construire les coffres : 1 à l'avant de l'annexe et 2 sur l'arrière, 1 de chaque côté.
Une partie de chaque coffre a été rempli de mousse dure puis fermé de façon étanche pour faire une flottabilité en cas de chavirage mais mon pêcheur préféré va avoir plein de place pour mettre tout son matériel dans les autres....
Et de nouveau, peinture, vernis, remontage de l'accastillage etc etc.....le tout en fixant les 2 parties puis en les séparant, puis en les refixant etc....


Enfin le 11 septembre nous avons pu aller l'essayer : grand moment pour nous !
Nous sommes bien contents, elle tient bien la mer et on devrait pouvoir y monter à 4 ; elle est un peu plus lourde que la précédente mais on y a gagné en solidité, ce qui dans notre cas et était voulu d'ailleurs. Notre annexe étant un prolongement indispensable de notre Romico !!!

Pour ce qui est de notre moteur nous avons eu quelques soucis avec les mécanos, nous qui avions dit haut et fort que notre mécano n'était pas mal même bon......

Notre mécano , qui est quelqu'un de notre génération a fini par laisser les rênes à un plus jeune qui travaillait avec lui mais il est encore présent sur zone pour ces clients comme nous et heureusement ; heureusement également il avait emmené avec lui un homme qui parlait français....
Pas de problèmes particuliers pour le retour à bord ; tout le monde était à l'heure y compris la grue du chantier conduite par notre manager Raphaël. Les choses ont commencées à se gâter quand il a fallu caler le moteur....


Dans notre candeur pour ce qui est de la durée d'un chantier entrepris comme le notre nous n'avions pas numéroté et repéré les «  silent blocs» ( pour les non-navigants ceux-ci sont des morceaux de caoutchouc dur qui permet de limiter les vibrations du moteur ainsi que son bruit ) parce que nous pensions les remettre en place rapidement bien sûr !
Enfin bref ; nos silent blocs sont tous différents, eux-même calés dans entre 2 pièces métalliques adaptées à la configuration de notre support moteur et le mécano au bout de 10mns à chercher qui-va-où avec Bernard au-dessus de la cale grande ouverte a fini par déclarer qu'il allait couper ceux qui ne voulaient pas rentrer où il voulait Lui voir même les supprimer totalement !
Vous imaginez bien la colère de Bernard ! Ce moteur tourne ainsi depuis 55 ans avec les mêmes silent blocs !!!
et un moteur ne se pose pas sans silent blocs !!!!
Le ton a monté et heureusement que le Français était là !
Pour finir Bernard a eu gain de cause, encore heureux, ils ont posé tant bien que mal le moteur sur le châssis et Bernard a dit qu'il le ferait tout seul, ce qu'il a fait dans la journée....
le patron s'est fait payer ce qui restait dû et on ne les a plus revus ; même pas un coup de fil pour savoir si cela avait marché ! Quelle conscience professionnelle !
Et cette affaire qui aurait dû durer 2h a duré toute la matinée !
Ce remontage du moteur a eu lieu fin juillet a notre retour de France.

Au mois d'août dès que cela a été possible nous avons rematé ; là pas de problèmes avec juste Raphaël suspendu à la grue en même temps que le mat a mettre en place pour s'assurer que tout allait bien et pouvoir ainsi décrocher la sangle qui tenait le mat .
Nous avons pu ainsi faire de l'ombre correctement sur tout le bateau et cela nous a changé la vie !
Entre ça et les courants d'air faciles à faire à notre bord la chaleur pouvait venir !

Mais il n'a jamais fait aussi chaud que l'année dernière ; les températures sont restées raisonnables autour des 30°C pas les 40 que nous avions eu ; la chaleur ne nous a jamais gênée pour dormir il y a eu juste quelques jours où cela n'a pas été possible de travailler entre 13h et 17h malgré l'ombre faite entre notre bateau et celui d'à côté....
Nous avons aussi protégée la coque exposée au soleil et arrosé tous les jours matin et soir...
Malgré tout notre Romico souffre terriblement et la coque en-dessous de la ligne de flottaison s'est un peu ouverte ; Bernard a mis des chiffons humides partout dans la coque où cela était accessible et il les remouille tous les jours ; la cale moteur est aussi remplie d'eau...

Nous avons fait connaissance en août d'un couple de jeunes français avec un petit garçon de 11 ans ; ils sont restés 3 semaines au chantier avant de rentrer en France et le petit Milane venait nous voir tous les jours ; il intéressait beaucoup à la construction de l'annexe et nous faisait beaucoup rires avec des remarques amusantes ; nous avons donc fini par sympathiser avec les parents (en faite son père et sa compagne) et un jour de groose chaleur nous leur avons proposé une journée plage sur l'océan ; ils ont accepté avec joie et nous avons passé une excellente jounée avec eux....et Milane , infatigable, nous a bien fait rire !
Ils ont mis leur bateau en vente et le lendemain il était vendu !
Nous leur avons proposé de leur ramener leurs affaires avec la voiture ; avec la remorque cela était possible...
Avant leur départ nous les avons embauchés pour nous aider à remonter le bout-dehors à sa place et nous n'étions pas trop de 4....

Le plus long dans tout cela a été de reprendre toutes les pièces annexes tels que les bossoirs, les morceaux du bout-dehors qui avait une plate-forme lattée et qui est maintenant en contre-plaqué peint et vernis, les bômes et j'en passe …...le détail serait fastidieux croyez-moi !

Nous sommes rentrés en France le 15 septembre car le 28 nous partions voir nos petits-enfants à Québec pour 1 mois....
Nous n'avons donc pas remis Romico à l'eau car il aurait fallu encore au moins 2 ou 3 semaines à rester à bord pour être sûrs que notre Romico se remette de ses émotions et ne coule pas.....
C'était trop risqué en partant aussi loin …..
Et au fait nous avons prêté notre bateau à des amis anglais qui s'étaient également lancés dans de gros travaux à bord du leur ; leur bateau est leur maison tout au long de l'année et il est beaucoup plus petit que le notre....ils vont vivre à bord de Romico 2 ou 3 mois le temps de finir le leur...
Juste retour des choses puisque nous avons eu la chance de rencontrer des gens qui nous ont prêté le leur pendant 1 an tout juste !

Nous allons passer l'hiver au calme à la maison et reviendrons finir les 3 bricoles qui restent à faire en mars prochain pour une remise à l'eau en avril enfin !!!!!!!