mercredi 26 juin 2013

Mercredi 19 juin 2013 ; loch Carron, anse de Plockton
aujourd'hui une journée fatigante nous attendait : nous avons fini de passer le long, très long même chenal qui sépare l'île de Skye et la terre et ce chenal a cette particularité d'être en partie très étroit avec des coudes. La première partie, sur environ 3MN était encore large ; le vent est rapidement monté, ainsi que la houle, aidée par le courant. Cette partie a été assez vite passée puisque nous avions un peu sous-estimé le vent et étions partis avec notre code D, qui est resté en place jusqu'au premier coude à angle droit ; on volait littéralement sur l'eau avec cette voile et le vent portant ! Là arrivés au coude il a fallu affaler rapidement et envoyer le génois. Comme la passe devient très étroite à ce niveau, le courant augmente considérablement et le vent tombe complètement à cause de la protection des montagnes des 2 rives ; il a fallu remettre du moteur en arrivant au deuxième coude, qui suit le précédent à 500m plus loin, pour diriger un tant soit peu le bateau qui dérivait à 7nds au



milieu de tourbillons (avec pleins de phoques d'ailleurs qui chassaient ). On avait l'étrange impression de faire du sur-place sauf à fixer un point de la berge qui, lui, défilait très vite ! Dans cette partie étroite, le peu de vent qui restait pirouettait jusqu'à un nouveau coude à angle droit où cette passe retrouvait une largeur convenable ; le vent pouvait alors reprendre son élan et nous pousser fort vers la sortie nord ; nous étions quelques bateaux à être partis en même temps à cause du courant montant et comme ce vent est monté jusqu'à 30 nds on a tous pris la même direction à la sortie de la passe pour nous mettre à l'abri.
Pour finir, on a pu faire de la voile jusqu'à l'arrivée dans le loch hormis ce petit passage étroit ; à la sortie de la passe, qui est délimitée si on peut dire par le pont qui relie Skye à la terre, on est repartis du côté de la terre car il était impossible d'aller contre le vent le long des côtes de Skye.
L' abri en question vers lequel nous nous sommes dirigés s'appelle l'anse de Plockton à l'entrée du loch Carron : endroit magnifique, s'il en est, bien abrité, une forêt descendant jusqu'à l'eau du côté de la montagne et entourant un beau château ; de l'autre côté de cette anse presque fermée, le village de Plockton, avec des maisons proprettes et bien entretenues. Des rhododendrons encore en fleurs rehaussaient encore cette impression de calme et de beauté.
Mais alors quel monde dans un aussi petit espace !!! on se serait cru à Porquerolles un jour de mistral ou à Houat un jour de mois d'août ! Et franchement depuis 3 ans que nous naviguons ici en Ecosse c'est la première fois que nous trouvons autant de bateaux au même endroit ! Certes il y avait beaucoup de vent et les autres abris étaient plus loin mais nous avons appris par la suite que c'est un endroit extrêmement réputé aussi bien pour les navigateurs que les terriens.

Jeudi 20 juin ; loch Carron, Plockton
le vent est enfin complètement tombé mais le soleil reste assez timide, tant pis!En bas de la montagne et juste derrière le château passe le train : pas un TGV bien sûr, juste 2 wagons dont une motrice mais qui va jusqu'à Edimbourg si besoin est, via Inverness : nous sommes allés à la gare voir les horaires affichés dehors parce que le bâtiment est devenu privé ! Et comme il n'y a même pas de caisse automatique sur le seul et unique quai, il est écrit que tu prends ton passage à bord du train, c'est aussi simple que çà !
Nous avons une liaison internet très capricieuse mais nous avons pu envoyer le dernier blog et Bernard en regardant, comme d'habitude, si cela allait bien, a vu un commentaire sur le précédent : quelle surprise avons-nous eu en le voyant écrit en anglais par un inconnu ! Il émanait d'un habitant du loch Ailort qui en pêchant à la traîne avec son canot dimanche dernier, était venu tourner autour du bateau (sûrement pendant que nous étions en haut de la montagne car nous n'avons pas vu un seul autre bateau venir dans ce loch ) pour l'admirer et nous a fait une très belle photo qu'il nous proposait de nous envoyer via internet ! On en est restés baba parce que beaucoup de gens nous ont pris en photo mais jusqu'ici il est le premier a avoir eu l'idée d'aller voir sur google s'il y avait quelque chose concernant un bateau nommé Romico et il est tombé sur notre blog ! Très fort ! Nous avons bien entendu répondu, il nous a envoyé la photo et je vous laisse juge si elle est belle....
merci Ken Bowker et comme nous avons aussi son adresse et son tel. Nous ne manquerons pas fin août en revenant à Oban d'aller lui faire une petite visite !
Nous sommes allés à terre en fin de matinée histoire de se dégourdir les jambes et de faire quelques courses de premières nécessités ; nous y avons rencontrer pas mal de français, ce qui est assez surprenant dans un endroit aussi éloigné des grands sentiers touristiques mais il paraît que justement cet endroit est signalé comme étant très beau à voir ….pour çà on est d'accord ! Nous avons d'abord croisé 2 couples qui, à leur allure et leur comportement m'ont fait dire qu'ils venaient du sud-est de la France voir de Marseille ; à quoi Bernard m'a répondu qu'ils n'en n'avait pas l'accent....et pourtant j'avais raison car ils sont rentrés au restaurant où nous étions et comme un seul parlait un peu l'anglais mais ne comprenait absolument rien à ce que lui disait la serveuse, Bernard est allé les aider....et à fini par savoir qu'ils venaient des environs de Marseille ; je les ai trop vus ce genre de gens sur la navette des Embiez pour les remarquer à cent lieues !
Justement en parlant de restaurant, en allant voir la carte de près, nous sommes tombés sur d'autres français avec qui nous avons engagé la conversation.....nous avons déjeuner ensemble pour pouvoir continuer à discuter de voyages et autres choses ; ce sont des Normands de notre génération très sympathiques et ayant le même genre d'idées que nous et comme nous étions bien partis, nous les avons invités à venir boire l'apéro à bord pour le soir. Ils sont allés à Skye faire un tour en voiture ( ils voyageaient en voiture de location ) pendant que nous faisions ce que nous avions à faire et Bernard est redescendu les prendre avec l'annexe à 18h30 ; je crois que nous leur avons fait très plaisir en les invitant et pour notre part nous avons passé un excellent moment en leur compagnie ! Nous espérons bien garder quelques contacts avec eux...

Vendredi 21 juin ; île de Skye dans une anse en face de l'île de Raasay
départ tranquille vers l'île de Skye et l'anse de Broadford où se trouve Le supermarché de Skye, un grand Co'op au bord de l'eau et donc facile d'accès ; voiles et moteur suivant le vent et les batteries à charger. Le mouillage est bon devant le supermarché en question et une petite digue en pierre permet de débarquer tranquillement à l'abri d'éventuelles vagues ; bien pratique !
Ceci fait + un petit passage sur Skype pour voir les enfants et nous partons vers un endroit plus à l'abri du vent d'est qui doit rentrer cette nuit ; ce sera une anse , au sud de Portree ( ville principale de Skye) dans le passage entre Skye et l'île de Raasay.

Samedi 22 juin ; Arcaseid Mor au sud de l' île de Rona ( nord-est de Skye)
le ciel est particulièrement plombé ! Pas un poil de vent mais une longue houle de nord , prémices du vent fort qui doit arriver la nuit prochaine ; ce petit loch d'Armaseid Mor est vraiment tout petit et assez mal pavé mais nous avons une excellente carte de détails heureusement ; il y a déjà 2 bateaux au mouillage, un sur bouée et 2 d'une dizaine de mètres sur une petite panne flottante sûrement privée. Nous arrivons à nous glisser tout au fond et nous mouillons par 3m de fond ; nous sommes arrivés à marée basse ce qui nous permet de bien voir les cailloux et nous envoyons 30m de chaîne ce qui sera suffisant pour le mauvais temps annoncé : l'arrière du bateau est à 10m des cailloux mais le fond à l'air d'avoir une bonne tenue....Bernard est allé pêcher avec l'annexe et mettre la nasse à l'entrée du loch ; enfin les choses deviennent sérieuses avec la pêche : Bernard a ramené 2 lieux dont un de 2,5kg et le plus petit d'un kilo ! Voilà de quoi tenir quelques jours !
Nous pensions qu'il n'arriverait plus de bateaux vers 17h quand il en est arrivé un petit qui s'est mis un peu près mais bon on s'est dit que çà irait . On s'est couchés un peu tard mais il n'y avait pas 5 mn que nous étions allongés qu'il est arrivé un autre bateau ; autant vous dire que dans ce cas là on est vite debout ( et à peu près habillés) pour voir qu'est-ce fabrique le nouvel arrivant, surtout dans un aussi petit espace....et bien il est venu se coller à nous,entre le petit et nous ! Un bateau de location que nous avions déjà vu avec 6 personnes dont un skipper qui faisait un discours sur les avantages des mouillages comme celui-ci et la longueur de chaîne qu'il faut pour nous éviter : encore heureux qu'il ait eu l'intention de nous éviter ! Il devait avoir des origines italiennes celui-là car il gesticulait comme un malade avec sa carte à la main, le tout sous la pluie ! Quand le vent va rentrer il va nous obliger à nous lever pour surveiller....

Dimanche 23 juin ; Arcaseid Mor, île de Rona
c'était la pleine lune cette nuit ce qui a nous permis de bien voir si tout allait bien avec le vent ; nous sommes tellement à l'abri que le vent lui-même est moins fort ici que dehors ! Quand les 2 bateaux évitent sur leur ancre on n'est pas loin l'un de l'autre vraiment mais ce matin ce mauvais voisin a eu la bonne idée de repartir, ouf ! Bernard a voulu aller ramasser la nasse mais il a fait demi-tour ! On est dans les nuages et il pleut. Il reste plus qu'à attendre que çà passe en s'occupant!cuisine, mise à jour des photos, du blog, lecture......

Lundi 24 juin ; île de Skye : loch Sligachan (sud-est de Skye)
on ne pourrait pas dire que c'est du beau temps mais c'est mieux qu'hier ! Et le pleut plus. Promenade à terre, voir comment c'est ; dans le secteur il n'y a qu'une maison, toute en longueur et qui met à votre disposition une douche et une machine à laver, ce qui est sympathique surtout quand on sait que l'eau vaut de l'or ici ainsi que le courant. Cette maison tourne en autarcie : captage de source pour l'eau, groupe électrogène, serre pour les légumes, élevage etc....en rentrant Bernard va relever sa nasse : elle est pleine de tourteaux ! On en garde 3 pour nous et il va donner les autres aux 2 autres bateaux encore présents , qui sont enchantés !!!
Juste après déjeuner, nous estimons que le vent est favorable pour repartir vers le sud ; mais avant cela nous allons au moteur (contre le vent) vers le nord de Skye pour y voir les belles falaises que nous avions vues d'en haut l'année dernière avec nos amis des Landes qui étaient venus nous rejoindre en voiture : elles sont encore plus belles vues d'en dessous ! Que la nature fait de belles choses décidément !!! Nous traînons dans le coin malgré la grande houle qui reste du vent d'hier et je suis bien contente car pour le moment je n'ai pas le mal de mer, au moins une chose positive !
Nous finissons par faire demi-tour et redescendons le long de cette côte , plein pot et tout à la voile ; un vrai plaisir surtout avec la houle de l'arrière, ce qui rend la vie à bord plus confortable !
Nous rentrons dans le loch Sligachan à l'heure du dîner et allons jeter notre ancre devant le village, histoire d'avoir de l'internet.

Mardi 25 juin ; loch Alsh : Dornie et juste au pied du château d'Eleian Donan
devant le village ils viennent de construire un magnifique embarcadère pour le ferry qui va à l'île de Raasay et les travaux ne sont pas finis ; la Calédonian Mac Brayne est propriétaire de 90% de tous les ferrys navigant en Ecosse, ils ont les moyens et font les choses bien et en grand en général ! Donc cela ne nous a pas inquiétés sauf qu'à 2h du matin, comme c'était marée basse et très basse à cause du grand marnage,ils ont attaqués le travail avec la pelleteuse et à la lueur des projecteurs pour continuer à dégager le bas de l'ancienne pente du ferry.... Je ne vous explique pas le bruit et le bond que nous avons fait, en nous demandant ce qui pouvait bien faire un bruit pareil à une heure pareille!!!il y avait de quoi être émotif !
Nous n'avions pas trop le désir de rester dans ce loch mais là nous nous sommes sauvés !
Grande partie à la voile puis moteur quand nous sommes arrivés au pont de Skye car les montagnes très proches de la passe freinent le vent ; nous commençons à nous rapprocher de Mallaig où nous devons être le 4 juillet et comme la météo ne s'annonce pas bien belle en fin de semaine....ceci étant cette météo cette année est totalement imprévisible et cela peut changer d'ici là ; nous rentrons dans le loch Alsh qui donne dans la passe et nous rendons à Dornie, ville qui se situe à l'entrée d'un second loch, le loch Duich ; nous voulons mouiller près du château d'Eleian Donan, érigé sur un îlot à Dornie mais il y a tellement de fond dans ces lochs qu'après 1h à avoir tourné et sondé partout le long des berges, nous optons pour aller jeter l'ancre au pied du château ; il y a beaucoup de courant où nous sommes mais ce n'est pas grave !

jeudi 20 juin 2013

Mardi 11 juin ; loch Moidart
de moins en moins agréable le temps, mais bon ce matin çà allait encore ; pas de ciel bleu ni de soleil pour faire des photos et faire dire à nos amis « mais il ne pleut pas tout le temps en Ecosse ? »
Première longue promenade à terre pour cette année : et çà monte dur et raide le sentier qui va en haut des collines qui surplombent le loch au- dessus du bateau ! En y allant tout doucement c'est gérable pour moi ; je fais extrêmement attention maintenant, pas de souci, j'ai l'intention de voir grandir mes petits ! Retour sous la pluie battante et un peu humides malgré les vestes !

Jeudi 13 juin ; loch Moidart
rafraîchissement des températures depuis hier ; 11°C toute la journée d'hier avec vent fort et pluie violente. Ce matin à 8h, pas une ride sur la surface de l'eau ; çà n'a pas duré mais le soleil est resté avec de grands morceaux de ciel bleu toute la matinée.
Donc retour à terre pour une plus grande balade sur le haut des collines et venir à l'aplomb du bateau, pour la photo qui-va-bien ;avant toutefois nous sommes allés voir ce château de près : on ne peut pas y rentrer car il menace de s'éffondrer malheureusement ; il faut dire qu'il date du XIIIè et que le chef de clan a qui il appartenait (le treizième du nom) y a mis le feu avant de partir à la guerre : ou bien il ne voulait pas que son château tombe aux mains des ennemis ou bien il n'avait pas l'intention d'y revenir, ce qui est arrivé puisqu'il s'est fait tué à cette guerre ! C'est tout de même une idée assez originale que de brûler son propre château avant de partir !!! très belle balade après cela parmi la forêt de pins dont certains arbres sont sûrement centenaires , malheureusement il y en a beaucoup de déracinés , puis ensuite parmi les rhododendrons en fleurs ; il y en avait tellement ici que des forestiers sont en train d'essayer de les éradiquer : c'est pire que du chiendent ces arbustes ! Et comme ils se plaisent ici comme en Irlande, ils sont géants et forment des taillis absolument impénétrables ! Au faire et à mesure qu'ils les coupent, ils les brûlent, percent les racines et y font couler un poison pour les tuer ; mais cela ne fait que retarder la repousse ! Il a du y avoir une belle tempête par ici car c'est un vrai désastre dans les pinèdes ! Nous sommes 4 bateaux au mouillage : l'anglais avec qui nous avons un peu fait la course durant notre navigation pour venir ici et 2 bateaux Suédois qui ont mouillés entre l'anglais ( qui avait gardé ses distances) et nous. En rentrant de notre promenade, qui a bien durée 2h, nous avons croisé les Suédois qui venaient d'arriver à terre et nous avons discuter un peu avec eux ; et puis en arrivant à l'annexe, comme nous étions de la remettre à l'eau, nous avons vu arriver nos 2 anglais qui couraient presque pour venir nous voir en nous faisant des grands bonjours : ils étaient en admiration devant notre bateau depuis qu'ils avaient navigué de conserve avec nous et voulaient nous le dire ; et puis nous avons discuter de choses et d'autres et comme j'avais pris quelques photos du leur de bateau, nous leur avons proposé de les leur donner. Bernard est parti pêcher après déjeuner et à son retour nous sommes allés à leur bord ; et comme il se doit avec des gens normaux qui prennent le temps de vivre et de naviguer tranquillement, nous bu et rebu et encore rebu ( du vin rouge sud-africain ), puis nous avons dîner ; et comme demain il ne fait pas beau, ils viendront déjeuner à bord visiter le bateau....elle est pas belle la vie ???

Vendredi 14 juin ; loch Moidart
la dépression a due passer ailleurs, il ne fait pas si mauvais que çà ; guère de soleil, juste à l'heure de déjeuner, qui a un peu traîné bien entendu : nos copains anglais s'appellent Trévor et Kay et leur bateau est presque aussi bien que le nôtre quoique en plastique ; celui-ci s'appelle le « Moonbow » et ce nom est très particulier car il veut dire « arc de lune » en traduction littérale mais en fait il faudrait dire « arc-en-ciel de lune ». Et oui cela existe malgré que ce soit extrêmement rare !
Bien évidemment ils sont tombés en admiration devant l'intérieur du Romico et il est désormais certain que l'an prochain il y aura à bord du « Moonbow » un groupe électrogène et une machine à laver ! Ils ne sont à la retraite que depuis le mois de mars de cette année et ils commencent donc seulement à naviguer sur du long terme comme nous : et contrairement à certains, ils apprécient les conseils de ceux qui naviguent depuis plus longtemps, même si ce sont des français!Visiblement ils n'avaient pas trop l'habitude de la navigation avec les cartes sur informatique et ils étaient tous les 2 bien contents d'écouter Bernard leur montrer et leur donner ce que nous avions mais cela nous fait plaisir de les donner à des gens qui saurons en tirer un bon parti ! Le repas à la française avec du poulet en gelée de notre voisine landaise Madeleine a eu un franc succès ! C'est quelquefois bien d'avoir de ces réserves !
Pour digérer ils sont partis marcher un peu et nous nous sommes allés vers le fond du loch voir un peu ; on ne regrette pas de ne pas être au fond car c'est beaucoup moins joli là-bas ; de plus c'est pratiquement partout une grande vasière avec de la vase collante, beurk... même pas un coquillage à ramasser pourtant partout on a trouvé de grandes coquilles vides de coquilles St Jacques, d'énormes coquilles de moules , de bulos et de couteaux ; ou sont les vivants ? Sûrement au fond des passes en eau qui vont au fond du loch...
en rentrant, nous sommes passés devant le « Moonbow » sur lequel nos copains venaient de rentrer : il a bien fallu s'arrêter pour se réhydrater n'est-ce pas ?
Et au fait on va vous en raconter une bien bonne : si cela continue il va falloir un fusil pour aller pêcher......voici pourquoi : hier soir Trévor était en train de pêcher depuis son bateau, tranquille en regardant le paysage quand tout à coup il voit une grande paire de cornes qui se déplacent sur l'eau!!!oh la surprise ! Mais le plus surprit à été le cerf qui nageait de la rive vers l'île au milieu du loch et qui allait se heurter au bateau si Trévor en appelant Kay ne l'avait effrayé ! Il paraît qu'il a fait un demi-tour stratégique en nageant à toute vitesse et qu'il est remonté d'un bond sur la rive !!! on a manqué çà ! Ce n'est tout de même pas un spectacle courant çà !

Samedi 15 juin ; loch Ailort
le Moonbow est parti de très bonne heure pour remonter à Mallaig y faire de l'approvisionnement ; quant à nous, nous étions moins pressés puisque nous allions juste dans le loch d'à côté à 2 ou 3 MN et quand y entrant qu'à 11h30 c'était parfait. Ce loch a 2 passes d'entrée dont une très resserrée du côté où nous voulions aller ; elle est même tellement étroite entre 2 îlots que nous l'avons manquée !
Et là ce ne sont pas des parcs à poissons qu'il y a, mais des filières à moules ; ces filières à moules sont toujours dans 10m d'eau donc entre la terre et elles l'endroit était parfait pour jeter l'ancre, au calme. De toute façon il n'y a pratiquement pas de vent aujourd'hui et le loch est un lac ;dès notre arrivée il est tombé une averse digne d'un déluge, qui n'a duré que 2h mais dense ! nous en profitons ensuite pour aller presque au fond en annexe : ce loch fait un L mais dans la partie du fond passe la route qui va à Mallaig et le train, autant dire que c'est beaucoup moins bien que là où nous sommes. En plus c'est affreusement mal pavé ici : pleins d'îlots mais également des cailloux à peine affleurants .....et des filières à moules là où il y a de l'eau.La petite chute d'eau que nous avions à peine distinguée dans les arbres du versant de la montagne de l'autre côté du loch, coule maintenant en larges cascades que nous entendons depuis notre mouillage.
La soirée est particulièrement calme et nous en profitons tard dehors !

Dimanche 16 juin ; loch Ailort
rien à signaler ce matin ; cet aprem nous allons marcher et monter en haut de la colline qui domine l'endroit où nous sommes et la côte jusqu'au cap d'où elle remonte vers le nord. Nous n'irons pas jusqu'en haut car les nuages très menaçants qui stagnaient sur la montagne en face nous ont envahis nous apportant un peu de pluie ; cela à tout de même un peu gâché le panorama de ne pas avoir de soleil ! Çà montait assez raide dans les éboulis de roches plus ou moins stables ; le sol est très inégal et spongieux et il faut regarder en permanence où vous mettez les pieds car les herbes cachent les trous ; et dans les trous il y a de l'eau ! La vue d'en haut est magnifique, dommage qu'il fasse sombre sous ces nuages....et le grand beau temps est revenu dès que nous avons remis les pieds à bord.....grrrrr.....
Bernard en rentrant enfile sa combinaison néoprène pour aller chercher des huîtres dans 2 ou 3 m d'eau : il les a vues hier en allant ramasser des bigorneaux ; il revient avec quelques douzaines d'huîtres plates absolument di-vi-nes ! Et congelé !

Lundi 17 juin ; loch Ailort
journée splendide, ciel bleu et grand soleil !
Et petite brise de nord-ouest, justement là où nous voulons aller, donc on est bien là car demain nous aurons du vent qui va bien. Bernard en profite pour finir de réparer le dessalinisateur ( à qui il manquait un joint absolument introuvable en Ecosse) et il le fait tourner ainsi que le groupe électrogène bien sûr ; je saisie l'occasion de faire une lessive et pendant ce temps je nettoie à fond la cabine avant dans laquelle nous allons dormir quand notre amie sera là avec nos petits. Tout est ouvert à bord tellement il fait beau ; nous déjeunons dehors et nous préparons à changer de mouillage. Mais nous avons été stoppés tout net : le sondeur (ce qui nous permet de voir le fond de l'eau sur un petit écran, pour ceux qui ne savent pas)avait l'air de bien fonctionné sauf qu'il ne nous donnait pas de fond.....consternation à bord ! Cela nous est indispensable pour aller dans tous ces endroits à l'abri et sans çà, pas de bons mouillages....On a recherché la sonde qui se trouve dans la penderie mais il a fallu tout vider, vêtements, chaussures....on en a mis partout ! Bernard a tout testé et démonté : l'appareil en haut, le câble et enfin la sonde, qui passe au travers de la coque et il pense que c'est elle qui donne des signes de faiblesse ; c'est comme le frigo, 13 ans de bons et loyaux services mais nous l'avions acheté d'occasion, alors....bon en attendant on va bidouiller quelque chose pour utiliser celui de l'annexe en passant la sonde par l'extérieur le long du pavois ; le tout étant qu'elle reste fixe par rapport au bateau et notre vitesse, ce qui n'est pas une mince affaire!Tout cela nous a pris tellement de temps que nous sommes restés où nous sommes au calme. Décidément le matériel de plus de 10 ans nous lâche au faire et à mesure et cette année nous avons collectionné les pannes définitives.... L'apéro et le dîner dehors nous ont remontés un peu le moral, il n'y a rien de tel, n'est-ce pas ?

Mardi 18 juin ; île de Skye, côté terre, anse d'Ornsay
ils sont toujours très optimistes ici pour la météo car le vent annoncé pour dans la matinée est arrivé à 3h du matin;il est de sud-est et nous sommes bien protégés ici et donc bien portant pour nous pour monter le Sound of Skye.
Bernard s'apprêtait à descendre notre malheureux sondeur dans la cale quand je lui ai signalé qu'à sa place ordinaire c'était encore là qu'il nous gênerait le moins : et il remet à sa place, le rebranche et le rallume au cas où........et il marche !!! allez donc savoir ce qui se passe ! Ce n'est sans doute que partie remise....pour le moment nous sommes soulagés ; nous partons donc. Le vent au départ était parfait, 10nds, avec notre code D , parfait mais cela s'est vite gâté et le vent est monté à 20nds, ce qui est trop pour lui ; on l'a affalé pour n'établir que le génois par vent arrière. La mer s'est vite creusée aussi ce qui est un peu normal dans un espace resserré comme le sound ; ce vent nous a bien poussés mais c'était assez inconfortable.
Nous avions jusqu'à 15h pour remonter jusqu'à la renverse de courant et à 15h nous étions à l'abri dans cette anse de Skye où nous sommes déjà venus à l'automne dernier en rentrant à Oban.
La visibilité a été particulièrement médiocre toute la journée, à peine si nous avons vu la terre et Skye avec du crachin digne de la Bretagne !







mardi 11 juin 2013

Dimanche 2 juin 20103 ; loch Leven
j'avais donc commencé à dire dans le précédent message que le temps était incertain ; mais au faire et à mesure que nous descendions le ciel s'éclaircissait et nous avons pu profiter de ces beaux paysages Ecossais. Avant de rentrer dans le loch Leven, qui débouche dans le loch Linnhe, il y a un rétrécissement important du loch, ce qui donne lieu à un courant très violent, comparable à l'entrée du Golfe du Morbihan ; il est évident qu'il ne vaut mieux pas y passer à contre-courant ! Juste après ce trouve l'entrée du loch Leven sur babord : par contre là, il aurait fallu mouiller en attendant la renverse de courant. Mais juste devant nous , un bateau est rentré tout de même à contre-courant, alors nous l'avons suivi ; ce courant n'était pas très violent pour finir car nous sommes avec un petit coef, donc petit marnage ( c'est à dire très peu de différence entre la marée basse et la marée haute ).
Je ne sais pour quelle raison mais Bernard appréhendait de rentrer dans ce loch !
Sur notre guide il est écrit qu'il est très beau, ce loch et ils ont bien raison de le dire : sur le versant sud, la chaîne montagneuse du Glen Coe, qui culmine à plus de 1000m , dont les monts environnants tombent à l'à pic du loch ne laissant qu'une toute petite bande de plat sur laquelle une route à grande circulation passe ; ses pentes sont plantées de sapin comme dans beaucoup d'endroits ici, jusqu'à mi-pente à peu près ; ensuite la montagne est pelée et aride.
De l'autre côté du loch, les pentes sont moins verticales, les montagnes moins hautes et boisées de forêt d'arbres divers ; les maisons autour de ce loch sont toutes très grandes et jolies dont beaucoup d'hôtels, les montagnes environnantes attirants beaucoup de passionnés de montagne.

Lundi 3 juin ; loch Leven
ah aujourd'hui est arrivé un événement qui aurait pu avoir de fâcheuses conséquences !
Bernard va pêcher ce matin avec l'annexe ( mais on ne va pas encore faire une indigestion de poisson!) et il rentre à midi ; il accroche l'annexe à ses suspensions en la laissant flottée et s'apprêtait à remonter le moteur de l'annexe quand je sors pour lui dire qu'il est inutile de remonter l'annexe puisque nous avions projeter d'aller nous balader après déjeuner. Ildécroche donc le moteur de son palan et remonte à bord. Nous déjeunons et faisons une petite sieste et partons nous balader . Tant que nous sommes allés tout droit tout c'est bien passé mais en rasant une petite île pleine d'oiseaux il a changé brutalement de direction et...........le moteur est tombé à la mer !!! stupéfaction à bord !!! que c'est-il passé ? Tout simplement pour remonter le moteur le matin, il l'avait desserré du tableau arrière avant de le suspendre à son palan et sans réfléchir il l'a décroché du-dit palan sans le resserré sur le tableau arrière. Quelques secondes se sont écoulées avant que nous ne jetions notre grappin pour marquer l'endroit ; il n'y avait que 2m d'eau ( à marée haute) mais malgré tout nous ne voyions rien au fond malgré une eau très claire ; Bernard m'a débarquée sur l'îlot et il est retourné à bord à la rame chercher sa tenue de plongée. Et nous avons ainsi repêché le moteur ! Que d'émotions !!!
bien sûr la promenade a été terminée, retour à bord et démontage du moteur, rinçage, vidange, sécher un maximum tout ce qui est fragile etc....et il remarche ! Il a de la bonne volonté !
Ce soir la lumière est splendide et le soleil éclaire le haut des montagnes en nous laissant à l'ombre !
Mardi 4 juin ; loch Leven
il fait très beau aujourd'hui quoi qu'un peu frais : 4°C cette nuit mais à midi il faisait 13.
nous venons de reprendre notre habitude qui consiste à aller faire le ramassage des coquillages à manger, faute de poisson. Ici nous n'avons trouvé que des moules et très peu de coques assez petites d'ailleurs. Et cet après-midi nous avons quand même réussi à aller faire notre balade en annexe....sans incident !
Ce loch est très long et nous ne sommes pas allés au fond ; il est particulièrement beau.
Pas très loin de notre mouillage, en bordure de route et donc en bordure de loch, se trouve une église, entourée d'un cimetière comme chez nous dans les Landes, loin de tout et l'on pourrait dire au milieu de nulle part ; elle attirait le regard car sur un des côtés qui longe la route se trouve un champ de fleurs bleues : un magnifique tapis bleu, splendide et pas si courant !


Mercredi 5 juin ; loch Creran, anse de Glaceriska
il a fallu se lever de bonne heure ce matin pour profiter du courant descendant qui nous permettait de sortir d'ici sans problèmes et de redescendre le loch Linnhe jusqu'au loch Creran : c'est là que notre ami Donald construit sa maison ; il a préparé un mouillage pour son bateau et qu'il n'y est pas pour le moment, avec son autorisation nous allons nous amarrer dessus. Nous sommes déjà venus ici en sept 2011 quand nous cherchions un port d'hivernage ; nous y avions trouvé beaucoup de champignons et de coques. C'est un peu ouvert au large et il faut du beau temps comme en ce moment pour pouvoir y rester sans problème, mais c'est un coin très agréable !
Bernard retourne pêcher et le voisin de mouillage, qui habite une maison sur la colline qui domine loch, vient me faire la causette ; c'est un bavard cet homme là et comme il doit s'ennuyer il est à l'affût de tout ce qui bouge ! Il fait tellement bon aujourd'hui que je peux lire dehors au soleil en short ! Quel plaisir ! On a même dîner dehors....le luxe !
Jeudi 6 juin ; Glaceriska
virée à terre à marée basse en fin de matinée pour ces fameuses coques ; Bernard a même ramassé sous des algues un énorme tourteau ! Repas de choix à midi : bigorneaux, coques et tourteau ! On a vu plus malheureux ! Notre voisin bavard nous a même mis en garde en disant que les coques n'étaient pas bonnes ici car elles étaient pleines de vase ! Elle est bonne celle-là ! D'habitude elles vivent où les coques ? Et de toute façon, on ne les mange jamais tout de suite, on les laisse se dégorger dans un filet suspendu le long du bord au moins 2 jours !
Notre ami Donald nous avait appelés pour dire qu'il arrivait aujourd'hui mais nous ne l'avons pas vu. Et si le petit déjeuner a été pris dehors, un petit air frais s'est levé à midi et les 18°C affichés sur notre thermomètre étaient quelque peu faussés.

Vendredi 7 juin ; Glaceriska
toujours un beau ciel bleu , la mer comme un lac jusqu'à midi et un petit thermique de sud-ouest l'après-midi ! Le top quoi ! Bernard a pris un autre tourteau ce matin dans la nasse pour le déjeuner.
Il a également appelé notre ami Donald ( c'est facile de communiquer avec nos amis Ecossais maintenant puisque nous avons pris un téléphone ici avec un numéro Ecossais et eux apprécient la chose pour nous joindre) car nous envisageons d'aller faire un saut en rade d'Oban pour aller faire quelques provisions ; ceci étant il n'est pas venu hier mais il est toujours serviable car nous a proposé de venir nous prendre en voiture à 16h ! bon d'accord, 16h chez lui se traduit toujours par au moins 30mn de retard, mais il y était....sur son chantier de maison où nous l'avons rejoint à pieds après un texto nous disant de le rejoindre là ! En l'attendant nous avions eu droit au voisin bavard qui nous a raconté sa vie et celle des autres : comme sa maison domine la baie il surveille tout de là-haut ! Il a un petit bout de terrain au bord de l'eau sur lequel il a mis un container de camion dans lequel il met son annexe et tout le reste ; et là il avait tondu ce petit bout de terrain à raz, ce qui était étonnant : c'est parce que le voisin au-dessus de Donald venait à sa maison de campagne..... en hélicoptère et voulait atterrir là ! On n'a pas tous la même notion des choses n'est-ce pas ?
A Oban il faisait une chaleur ! Dans tout çà nous ne sommes revenus qu'à 9h passés ; heureusement que les super-marchés ouvrent très très tard ici, comme Tesco jusqu'à 23h !

Samedi 8 juin ; Sound of Mull : Ardtornish
dans le midi, un temps comme çà on l'appelle «  calmasse plate » : pas une ride sur l'eau, la mer comme un miroir et par là pas un pet de vent....jusqu'au thermique du jour qui a décidé de souffler du nord-ouest aujourd'hui.....donc dans la passe (sound) nous avons eu le vent dans le nez ! Normal non ? Bref ce matin c'était un grand plaisir d'être sur l'eau car ces endroits (comme tous les autres d'ailleurs) sont si beau sous le soleil et le ciel bleu ; juste un peu de brume de beau temps à l'horizon. Au ralenti pour pêcher, en vain, et arrêt pour déjeuner derrière un beau château de l'île de Mull ; derrière parce que l'anse est derrière lui. Dès que le vent a pris nous avons relevé l'ancre pour prendre la passe, qui est très large au départ (2MN et ensuite entre 1 et 1,5 de large pour 21 MN de long) mais le vent a très vite tourné à notre grand regret. Nous sommes donc allés nous réfugier dans une anse au sud du loch Aline ( que nous connaissons bien pour y être allés déjà 2 fois) ; là nous étions bien à l'abri du courant et du vent près d'une falaise couverte d'arbres immenses et pleine d'oiseaux (terrestres les oiseaux)

Dimanche 9 juin ; île de Mull ; anse de Tobermory
toujours ce beau ciel bleu mais le vent a attaqué de bonne heure et nous aussi car Bernard craint qu'il ne tourne cet aprem.
Enfin une belle navigation toute à la voile ! C'est la première depuis 10 jours que nous sommes partis ! Grâce à notre beau Code D, il faut le dire et plusieurs bateaux se sont demandé comment on faisait pour avancer aussi bien avec aussi peu de vent !
Mais tout à une fin, malheureusement, et à midi il est complètement tombé …...pour virer au nord-ouest comme hier ! Du coup pour déjeuner on s'est laissés dériver... et nous sommes rentrés dans l'anse de la capitale de Mull, Tobermoy ; nous nous sommes glissés tout au fond d'un petit passage entre une île qui protège un peu la baie et Mull, au calme et au chaud : si moi j'ai bien bronzé, il doit y avoir quelques Ecossais d'une belle couleur écrevisse cuite ce soir !!! et à 18h tout est redevenu calme et paisible sans vent !

Lundi 10 juin ; loch Moidart
le temps change malheureusement : le vent s'est levé cette nuit déjà du sud-est et nous sommes bien abrités. Comme nous voulions profiter du courant montant et de rentrer dans le loch Moidart autrement qu'à marée basse , nous nous préparons pour partir après déjeuner ; nous hissons notre grand-voile, ce que nous n'avions pas encore fait même pour la regréer, et nous y avons pris de suite 2 ris (ce qui consiste à la réduire) car le vent monte tout doucement mais sûrement.
Waouh !!! quelle navigation !!! départ au grand-largue (avec le vent pratiquement de derrière) , 10-15 nds de vent, donc les ris ont été inutiles, puis bon plein, peu de houle, 20-25 nds de vent, donc moins de génois et 2 ris dans la grand-voile et pour finir au près serré avec l'artimon en plus pour équilibrer le bateau, un vent plus variable mais toujours dans les 15_25 nds : vous allez me dire que le vent avait tourné en cours de route pour faire ce genre de navigation, eh bien non ! C'est nous qui avons tourné autour du vent, c'est fort hein ? Voilà pourquoi : nous avons quitté le Sound of Mull par vent arrière puis nous sommes allés tourner autour de la pointe d'Ardnamurchan, qui ressemblerait un peu à un dos d'éléphant qu'à une pointe ou à un U dont on a fait tout le tour, d'où les 3 directions de vent ! Et puis on s'est laissé prendre au jeu de la vitesse avec un bateau qui nous suivait (genre Voyager ou Evasion de 12m à peu près) et il n'a pas réussi à nous doubler ! Il n'y a que dans les baisses de régime du vent qu'il arrivait à grignoter son retard mais dès que le vent repartait nous reprenions notre élan!quel régal !
Nous avons fini par tout affaler bien sûr à l'entrée du loch car celle-ci est très tortueuse : merci les cartes de précision sur informatique ! Nous sommes nombreux à être rentrés en même temps pour une fois mais tout le monde s'accorde à dire que ce loch est particulièrement beau : et c'est vrai !
Il est assez large avec des îles un peu partout et les montagnes qui le bordent n' excédent pas 600m de haut ; les berges sont couvertes d'arbres et de rhododendrons en fleurs. Il y a un tel courant dans ce loch qu'il faut mouiller contre le vent , ce que refuse de faire « Romico », nous avons donc fait le tour de notre mouillage ! Sur un îlot se trouve un château en ruine ; à allez voir demain.




























dimanche 2 juin 2013








Voyage en Ecosse, printemps- été 2013
le printemps en question a tout de même du mal à s'installer cette année ; ceci est apparemment valable partout en France , toutes régions confondues, même chez nous et dans le midi : la maman de Bernard qui monte traditionnellement dans les Pyrénées en cette saison et qui y passe l'été est redescendue sur Dax tant il fait froid là-bas, et croyez-moi elle n'est pas douillette !
Donc nous avons quitter Oban après 1 mois passé à essayer de faire nos vernis entre 2 averses, remettre les voiles en place entre 2 coup de vent, changer nos batteries et notre frigo qui a rendu l'âme après 13 ans de bons et loyaux services. Il est vrai toutefois que nous traînons beaucoup à faire tout çà quand on regarde tous nos amis qui le font en moins d'une semaine ! ( sans les vernis, aucun n'a de bateau en bois ! )Le frigo nous a beaucoup freiné car le nouveau a fonctionné …..12h ! Bel effort n'est-ce pas ? Bien sûr les coups de téléphone et les mails (en anglais dans le texte ! ) n'ont abouti à rien et il a fallu faire venir un frigoriste qui a remédié au problème ; donc tout est rentré dans l'ordre si l'on peut dire.
Pendant notre séjour à la marina d'Oban, quelques bateaux français s'y sont arrêtés : en général si nous les voyons arriver nous allons les aider ou bien nous allons nous présenter ; et quand on dit qu'il faut de tout pour faire un monde, les réactions de nos compatriotes ont été on ne peut plus diverses et variées : au mieux on finissait à leur bord pour la soirée et on passait une excellente soirée et au pire, ni bonjour ni merci, étant évident que c'était de notre devoir d'aider......ce genre de gens considèrent qu'un bateau en bois c'est bon pour un musée, que le leur est forcément la panacée question navigation, quand à la vie en Ecosse, ils n'ont aperçu en courant que 2 ou 3 villes ou mouillage et le whisky est aussi imbuvable que de l’alcool à brûler ! Bon et bien tant pis pour eux avec ceux que nous avons côtoyés, nous avons d'excellentes soirées. Nous avons eu le plaisir de retrouver également un bateau que nous avions vu l'an passé à la marina : le Soldemar qui appartient à un breton marié à une Anglaise et vivant au pays de Galles, accompagné de son ami anglais et marié à une Corse ; cette année, ils naviguaient tous les 2 avec une amie fort sympathique mais qui, elle, ne parlait pas français. Ce genre de retrouvailles est vraiment super et bien agréable !!! Nous avons revu également tous nos amis Ecossais, même John ( notre ami des Hébrides) qui était de passage avec son bateau et qui s'est arrêté exprès pour nous voir. En bref le temps a passé vite finalement ! Pour notre départ, il fait beau et chaud mais depuis une semaine ce beau temps alterne avec des périodes de froid et de pluie ainsi que de vent assez fort et c'est bien le premier jour que nous n'avons pas besoin de chauffage.
 
Mercredi 29 mai 2013
le frigoriste est venu une dernière fois ce matin pendant que je faisais les dernières courses en ville. A 14h nous avions rendez-vous avec le camion de gazoil au port de pêche : joli temps, jolie mer et un petit vent de nord-ouest qui nous a bien plaqués contre le bateau de pêche, qui lui-même était à couple d'un autre ; la marée était pratiquement basse et il ne fallait pas trop s'écarter du chenal creusé par les pêcheurs avec leurs nombreuses allées et venues ! On paye ainsi le carburant beaucoup moins cher qu'à la pompe de la marina. Un petit arrêt du vent thermique de l'après-midi nous a permis de nous déhaler sans problèmes de cet endroit un peu scabreux pour faire une manœuvre franche ; nous étions soulagés !
Nous avons pris la passe nord entre l'île de Kerrera et Oban parce que le courant nous y portait ; petite nav sympathique vers un mouillage qui n'est possible que par beau temps à 3MN de là. Comme vous le voyez cela n'était guère long. Jolie baie avec des arbres partout et une belle plage au fond avec beaucoup de monde en ce beau jour d'été. La nuit promet d'être calme !

Jeudi 30 mai
on repart tranquillement dans la matinée vers le nord car nous voulons remonter le Loch Linnhe, qui est probablement le plus long d'Ecosse et d'où part le fameux canal Calédonien qui, lui, traverse entièrement l'Ecosse d'Est en Ouest en passant par le Loch Ness. Ce loch ressemble à un L renversé et dans l'angle du L se trouve une grande ville où passe le train et nous voulons aller réserver des places pour l'arrivée de notre amie Christiane qui vient avec son petit fils et le notre .
Nous n'y serons pas ce soir car nous nous arrêtons pour déjeuner dans une très jolie crique avec de l'eau transparente presque verte ; Bernard va pêcher avec l'annexe mais il ne ramène rien pas même un maquereau ! Et en fin d'après-midi nous remontons sur 5MN ce Loch Linnhe avec le courant faute de vent !
Vendredi 31 mai
après une petite frayeur hier soir due au vent qui montait rapidement alors que nous étions dans un mouillage pas bien abrité, nous avons bien dormi car ce vent a fini par retomber dans la nuit ; les nuages aussi sont tombés d'ailleurs ! Et si bas que l'on ne voit plus les montagnes qui bordent ce loch ! Visibilité : néant comme on dit dans le jargon maritime ! Ne croyez pas que nous soyons seuls dans ce loch car il est important et très large : à mi-chemin il y a un rétrécissement qui génère un fort courant et à cet endroit ils ont mis un bateau traversier pour éviter aux gens du cru d'aller à la ville sans faire une quantité énorme de kms ; en haut après la ville de Fort William il y a une zone industrielle pour laquelle monte des cargos en prime : d'accord ce ne sont pas les rails d'Ouessant ce loch les bateaux y sont beaucoup plus rares ! Mais il faut être tout le temps vigilants.
Nous arrivons donc pour déjeuner dans cet angle du L où nous mouillons en face de Fort William : en face de nous , presque à l'aplomb du loch, en tout cas juste à la limite de la ville, se dresse le Ben Nevis, à 1300m d'altitude, ce qui en fait la plus haute montagne du continent anglais : destination très prisée des Ecossais et des Anglais car on peut y faire du ski l'hiver et toutes les activités de montagne que nous connaissons en dehors de çà. Il y a des plaques de neige en haut mais qui sont éternelles et la cime est, paraît-il, dans les nuages 300 jours par an ; ce soir elle est comme le ciel, dégagée.
Samedi 1 juin
il a fait 4°C cette nuit et la température intérieure s'en ressent. Nous descendons dans la matinée en ville sous le crachin et chaudement vétus. Nous faisons une reconnaissance des lieux et nous allons à la gare réserver les billets de train pour notre équipage qui arrive dans un mois ; nous serons à Mallaig ( à la hauteur de l'île de Skye) et j'irais les accueillir à l'aéroport d'Edimbourg. Nous coucherons à Glasgow et le lendemain matin de bonne heure nous prendrons le train pour Fort William où nous rejoindra Bernard ( en train également) pour faire le plein de vivres et nous reprendrons le train pour Mallaig ; ce qui nous permettra de ne faire que du mouillage sans avoir à se préoccuper de l'intendance.Le soleil est ressorti de derrière les nuages et la température remonte quelque peu ; en revenant Bernard va pêcher......pour rien malheureusement !
Dimanche 2 juin
temps mitigé : pas vraiment du soleil, pas vraiment du vent et pas vraiment chaud !
On profite du courant descendant pour repartir vers l'entrée du loch.

vendredi 7 septembre 2012


Mercredi 29 août 2012; port de Mallaig

après une journée sous la pluie et le vent au mouillage de Skye, nous profitons de l'accalmie pour aller au port de Mallaig faire un approvisionnement et y passer une nuit. Hier nous avons enfin réussi à maintenir une liaison internet suffisamment longtemps pour voir nos petits sur la webcam, ce qui évidemment nous ravi totalement ! Même mon petit papy chéri craque devant la petite dernière qui le réclame à corps et à cris.... nous allons nous organiser cet hiver pour que je vienne chercher les 2 grands l'été prochain car ils sont encore trop petits pour prendre l'avion tous seuls; ce sera une belle expérience pour eux ...et nous aussi !

Bien sûr ici au port nous avons une excellente wifi et nous en profitons pour songer au retour et prendre nos billets d'avion pour le 27 septembre prochain; la météo prise n'est absolument pas enthousiasmante pour les jours à venir, ni même pour ce soir . Le maître de port nous a fait mettre en bout de panne tout au fond de l'abri, la proue face à l'entrée car il devrait y avoir du vent fort de nord la nuit prochaine. Dans les jours à venir, hormis demain où nous devrions pouvoir nous déplacer, est une longue suite de coups de vent de sud, sud-ouest, limitant ainsi nos mouillages prévus, voir même nous empêchant d'aller où nous voulions, dommage; la température la nuit a bien chutée et si on ne veut pas avoir trop d'humidité dans le bateau, il va falloir mettre les bâches à l'extérieur surtout dans notre cabine.

Nous sommes un peu découragés ce soir par cette météo et surtout ce port de Mallaig n'est absolument pas protégé du vent de nord: il faut voir comment çà valse le long des pontons ! Heureusement que nous sommes lourds et le bateau monte bien aux vagues mais ceux qui sont légers...je n'aimerais pas être à bord...

Jeu 30 août; anse de Dumbruie-loch Sunart

bien belle navigation toute la journée rien qu'à la voile et c'est si rare que cela mérite d'être signalé !A vrai dire comme le vent était on ne peut plus variable en intensité et en direction, Bernard a passé son temps à changer les voiles mais c'était rudement bien; beaucoup de soleil et des nuages très hauts mais une température fraîche avec ce vent du nord.

L'anse de Dumbruie est réputée pour être à l'abri de tous les vents dont l'entrée étroite est face à l'ouest; il y a déjà des bateaux bien sûr, mouillés juste là où il y a une ancre dessinée sur le guide, au cas où n'est-ce pas, mais nous les laissons et allons nous mettre dans le fond de l'anse au calme. Il n'y a plus de hautes montagnes de 1000m descendant à l'à pic des lochs maintenant, comme plus au nord, mais plutôt des monts de 200- 300m totalement arrondis couverts de végétation et de forêts. Par contre ce qui nous étonne désagréablement ( désagréablement parce que cela implique que beaucoup de gens ont perdu leur ressources pour vivre là où ils habitaient ) c'est qu'en 5 ans toutes les petites fermes d'élevage de saumons qui se trouvaient partout dans le fond de tous les lochs d'Ecosse, et signalées dans tous nos guides, ont disparues au profit de grandes bassins industrialisés, installés à l'entrée de certains lochs et accessibles par tout temps par des bateaux de 50m;et ce qui est pire à nos yeux, c'est que cette armada de gros bateaux qui fait la liaison entre les parcs et la terre bat pavillon Norvégien ! Pourquoi n'a-t-on pas donné la priorité à un armement Ecossais, voilà qui reste un mystère...leur système consiste à élever à un endroit les petits poissons qui sont ensuite transportés en bateau (cela paraît incroyable mais je vous assure que c'est vrai, ils les pompent avec l'eau de mer ) à un autre endroit et cela on ne sait pas combien de fois mais quand ils sont assez grands pour être commercialisés, ils sont déjà tous regroupés et il n'y a pas de perte de temps à aller les chercher à droite et à gauche. Si le saumon fumé n'était pas aussi bon...Ceci étant nous avons trouvé encore de petits exploitants qui commercialisent eux-même leur production et on peut vous dire que cela n'a rien à voir avec le saumon fumé industriel !

Il n'y a qu'une maison très grande sur tout notre horizon ici et on n'y voit pas signe de vie; de toue façon il n'y a pas de route non plus, alors …

Dimanche 2 septembre; anse de Drumbuie-loch Sunart

le vent s'est enfin un peu calmé après avoir soufflé à plus de 40nds depuis 2 jours nous immobilisant à bord; repos forcé car en plus il a plus pratiquement tout le temps. Heureusement nous avons beaucoup de livres et en parlant de çà d'ailleurs nous envisageons de nous mettre au livre électronique et la tablette tactile pour nous éviter de transporter autant de poids en bagages; en plus on pourrait avoir encore plus de livres et de documents ainsi; on pourrait également s'abonner à des revues qui nous intéressent, ce qui laisse évidemment de bien grandes possibilités ! Il ne pleut plus non plus et nous faisons donc notre « washing day » et avec le peu de vent qui reste tout va bien sécher. Dans l'après-midi, nous quittons notre anse pour essayer de trouver un contact wifi, que nous trouverons de façon aléatoire plus loin dans le fond du loch; cela est suffisant pour prendre la météo qui confirme ce que nous avions vu sur notre BLU: une ancienne tempête tropicale qui va se combiner avec une dépression sur l'Islande et çà va ronfler ! Nous revenons dans notre anse, désertée par les autres; nous mouillons à l'entrée, on devrait ainsi être mieux protégés des vents annoncés. Seul inconvénient de l'histoire c'est que tous ceux qui arrivent, et ils sont nombreux ce soir, nous tournent autour et mouillent près de nous et comme dirait bernard «  cela devient intéressant ! »

Vendredi 7 septembre; île de Mull; Tobermory

cela fait une semaine que nous étions bloqués dans l'anse de Dumbruie avec du vent et de la pluie; la seule accalmie que nous avons eu, mercredi dernier, nous en avons profité pour aller nous promener et refaire le plein de moules . C'est ce qui manque le plus quand nous sommes bloqués à bord, d'aller marcher; maintenant pour être reposés nous sommes reposés !

Nous venons d'arriver à Tobermory, sur l'île de Mull; ce sera notre dernière escale avant le retour à Oban le 15 septembre car si aujourd'hui il ne fait pas trop mauvais cela recommence demain avec du vent fort. Tobermory pourrait être qualifiée de capitale de Mull et c'est une très jolie petite ville avec des maisons très colorées comme en Irlande.

Maintenant ce que nous avons appris à nos dépens, c'est qu'il est inutile de vouloir naviguer en septembre ici, les jours de beau temps y sont trop rares; mieux vaut venir en avril et commencer à naviguer en mai avec les jours longs et une belle lumière que rester à l'automne sous la grisaille et le crachin. L'année prochaine nous restons naviguer dans le même secteur sans aller jusqu'au nord et les Orcades et nous en ferons profiter nos petits enfants que j'irais chercher en France car ils sont trop petits pour prendre l'avion tous seuls; cela va être une belle expérience pour eux comme pour nous d'ailleurs.

Je finis ce blog aujourd'hui en disant que nous n'avons pas fait beaucoup de milles cet été et que nous avons navigué environ 1 jour sur 4, ce qui est très bien à notre goût car nous avons pu profiter pleinement de nos escales ; du coup nous avons rencontré beaucoup de gens et tous ont été aimables et serviables. Nous avons passé au total 7 semaines aux Hébrides et peu de gens peuvent dire qu'ils ont vu tout ce que nous avons vu; entre la voiture de location à Stornoway et John à South Uist, nous avons entièrement visité par la terre toutes ces îles. Nous n'avons croisé de bateaux que dans les endroits très habités et connus, ailleurs nous n'avons vu personne; ce qui ne veut pas dire que ce soit totalement isolé, non, mais pas connu du grand public. Nous venons de voir à terre des endroits bien plus isolés que ne le sont les Hébrides.

Pour ce qui est de la météo, il a fait exceptionnellement froid et sec cette année, aux Hébrides du moins; on ne vient pas ici pour se baigner de toute façon...

Voilà pour cette année 2012 notre navigation. Que nous avons pleinement appréciée !!!
 

 



 

mercredi 29 août 2012


Mardi 14 août 2012; Hébrides; île de South Uist; loch Skipport

après avoir soufflé fort toute la nuit, le vent est bien tombé et il ne faisait pas mauvais ce matin avec du soleil mais rien n'a duré: 1h après notre départ, il a fallu affaler notre code D sous peine de le voir se déchirer sous les rafales de vent brutales, celui-ci passant de 3nds à 20nds en quelques secondes; la mer est très agitée des restes du vent d'hier et nous traversons finalement au moteur. Le ciel s'est plombé et il tombe de bonnes averses régulièrement. En arrivant près de l'entrée du loch Bernard stoppe le bateau pour pêcher et il prend en 30 secondes 3 lieus portions, super !

A notre arrivée dans le loch, nous nous y engageons tout de suite jusqu'au fond, ce que nous n'avions pas osés faire la dernière fois quoique nous y soyons allés avec l'annexe pour sonder la profondeur là où cela s'élargit un peu pour remarquer que si cela était mal cartographié, il était toutefois possible de venir mouiller. Il y a bien une petite maison habitée juste à proximité mais pas de liaison tél et pas de wifi, même pas sûr que la route aille jusqu'à la maison d'ailleurs...Bernard descend avec l'annexe pour trouver un endroit où il pourra appeler notre ami John...qui arrivera une demie-heure plus tard: comme cela est assez difficile de faire comprendre à quelqu'un qui doit venir vous chercher où vous êtes, surtout dans une langue étrangère, nous avons commencé par débarquer devant la maison d'à côté, Bernard étant persuadé qu'il s'était bien fait comprendre, et nous commençions à grimper vers la maison quand nous avons entendu quelqu'un crier: il n'y a pas âme qui vive dans le secteur hormis dans cette maison, c'était donc forcément John qui nous appelait et nous n'étions pas où il fallait ! C'était d'ailleurs logique qu'il soit là d'où il appelait: c'est le terminus de la route qui dessert quelques bâtiments pour les pêcheurs, qui sont peu nombreux à l'heure actuelle, ce qui n'était pas le cas il y a quelques décennies. Le ciel s'est bien dégagé et il fait même beau; en rentrant chez lui, il nous emmène sur une colline d'où le panorama est grandiose sur la côte ouest et la côte nord. Sa femme Malag est contente de nous voir de nouveau et leurs amis viennent après dîner; nous mangeons les poissons que nous avons amenés et tout le monde se régale car John n'a pas l'habitude de pêcher à part des maquereaux...

Il est plus de minuit quand il nous ramène à notre annexe; il est prévu qu'il vienne nous chercher demain matin à 10h et il nous demande si nous voulons rester dormir chez lui demain soir; il sait très bien que les marins quittent rarement leur bord de peur que le bateau ne dérape pendant leur absence: nous le rassurons sur ce sujet car nous sommes sûrs de notre ancre surtout dans un fond de vase comme là où nous sommes et acceptons son invitation pour demain soir.

Mercredi 15 août; île de South Uist; chez John

tout le monde est d'accord ici pour dire que cet été a été exceptionnellement froid et sec avec des vents de secteur nord en permanence; depuis début août toutefois ceux-ci ont enfin tourné au nord amenant un peu plus de pluie mais enfin de la chaleur ! Pour les enfants de ces îles c'est trop tard, la rentrée des classes a lieu demain; Malag nous demande notre avis sur l'heure du lunch car il risque d'être tard pour cela: nous lui répondons que nous n'avons guère d'horaire pour déjeuner et que cela arrive très souvent que ce soit à 14 ou 15h suivant ce que nous sommes en train de faire!

Elle propose un pique-nique sur une belle plage et nous prenons la route, la seule d'ailleurs, qui longe la côte ouest vers le sud et l'île d'Eriskay qui est reliée à South Uist par une chaussée; si vous voulez aller à Barra qui est encore plus au sud il faut prendre un ferry à Eriskay. Toute la côte ouest de ces îles est pratiquement plate avec des dunes et des plages de sable blanc mais il est indéniable que celle d'Eriskay a un petit cachet supplémentaire car elle est orientée sud-ouest et l'on aperçoit Barra et les îlots qui jalonnent le passage vers celle-ci. Il y a du monde et beaucoup d'enfants qui se baignent ( avec un combi-short) pour leur dernier jour de vacances. Un vent fort s'est levé comme prévu de sud-est, 30nds, mais sur cette plage nous sommes à l'abri et il y fait chaud; John a amené une bouilloire qui chauffe au feu de bois; c'est étonnant comme appareil et efficace: cela ressemble aux bidons de lait de notre enfance avec une double paroi; dans la paroi extérieure on y met l'eau et dans la partie centrale on met du petit bois auquel on met le feu; en dessous il y a un récipient de 15cm de haut sur lequel est posé ce bidon et qui récupère les cendres, c'est très ingénieux ! A côté de çà vous amenez une gamelle de camping pour faire infuser votre thé et le tour est joué ! Car il est inconcevable que l'on ne boive pas de thé au lunch ! Bien sûr pour nous français, un coup de rouge aurait été mieux mais bon il faut s'adapter n'est-ce pas ?! Par contre même avec ma combi je ne sais pas si je me serais baignée....l'eau doit être à 15°C....

En rentrant, John rencontre un copain mareyeur devant son hangar: celui-ci a un gros problème avec un camion-frigo en panne pour une livraison de pinces de tourteaux pour l'Espagne et avec la chaleur en Europe du sud, il a une cargaison perdue; on se retrouve donc avec une dizaine de kilos de pinces de crabes ! John a une bonne mémoire car nous lui avions raconté que nous étions allés au fond du loch Eynort (au sud du loch Skipport) et qu'il y avait de bien beaux arbres à cet endroit mais que nous n'avions pas pu débarquer au petit quai: et pour cause celui-ci est privé et le propriétaire, qui est un de ses amis, s'est arrangé pour que son quai soit inaccessible aussi bien depuis la terre que de la mer tellement il a eu de déboires avec des gens de passage sans scrupules ! Nous sommes donc allés voir ces gens: ce sont des ours et pas spécialement accueillants avec les étrangers, heureusement que nous n'avions pas insisté pour accoster là en force, on se serait fait virer avec perte et fracas ! Ceci dit ce sont des travailleurs tous les 2: ils ont fait un paradis de ce coin d'île aride et il faut le faire; ils ont créer une plate-forme pour construire leur maison qui est entourée de pelouse, d'arbres de toutes sorte, de fleurs et de massifs, d'arbres fruitiers et de 3 potagers suivant qu'il faille du soleil ou de l'ombre, le tout orienté le plus possible au sud; elle, elle tissait du tweed à domicile et son métier à tisser qui est tout neuf est installé dans un petit chalet caché dans un repli de terrain, invisible du sentier piéton des touristes; pour aller à son quai il a creusé un tunnel depuis sa maison tout simplement et il a crée un tel lacis de chemins sous les arbres qu'il est totalement impossible de comprendre comment on peut aller au quai ! Nous l'avions testé ! Nous sommes allés marcher dans leur immense propriété où il plante chaque année un carré d'arbres différent; il s'est fait également un abri dans la pampa pour tirer les chevreuils qui sont légion ici aussi et non protégés heureusement. Nous sommes repartis après avoir bu quelque chose, manger des galettes maison et elle nous a donné un énorme chou que Malag a eu la gentillesse de couper en 2 et 2 énormes courgettes. Le supermarché Co'op étant ouvert jusqu'à 21h elle propose que nous y allions tout de suite (nous devrions être encore là demain mais on ne cherche pas à discuter )

Sur les 10kgs de pinces de tourteaux on n'a pas dû en manger plus de 2 ou 3kgs mais elle a tout fait cuire et insiste pour que nous emportions le reste pour faire des conserves; il faut dire que la cuisine en général n'est apparemment pas une passion chez elle: elle n'avait jamais fait cuire de crabe, d'habitude elle les achètent tout cuits, quand aux courgettes, si elle connaissait leur existence elle n'en n'avait jamais acheté donc jamais fait cuire également ce qui est incroyable ! Je lui ai montré la recette toute simple qui consiste à les couper en petites rondelles et les faire revenir dans un poêlon après avoir fait roussir des oignons; mais comme dirait notre ami Martin  «les gens aiment ce qu'on leur fait goûter dont ils n'ont pas l'habitude et sont demandeurs d'avoir tous ces produits mais une fois qu'ils les ont ils les font bouillir ! » cela le navre totalement !

Jeudi 16 août; île de South Uist; chez John.

Le vent a véritablement soufflé en tempête cette nuit avec de bonnes ondées et même si on a moins de bruit qu'à bord on a assez mal dormi. Avant de partir où que ce soit nous allons au bateau, voir comment il va et mettre nos vivres au frais; John profite de notre annexe pour aller au sien récupérer ce qui reste de frais justement. Après un petit lunch au retour en fin de matinée, Malag annonce qu'elle ne reste pas avec nous et repartons en voiture avec John vers le nord cette fois. Le beau temps est revenu avec encore du vent mais un beau soleil; nous traversons l'île de Benbecula où se trouve un centre d'essais de tirs de missiles, donc une grosse population de militaires et de civils, puis l'île de North Uist et enfin l'île de Berneray qui est la dernière de la série reliée aux autres par une chaussée, après il faut prendre un ferry pour aller vers les Harris et Lewis; cette île de Berneray a beaucoup de caractère et c'est la seule où des particuliers remettent en état tout un hameau de blackhouses; non qu'il n'y en ai pas ailleurs de restaurées mais ici elles sont nombreuses et relativement groupées: 2 d'entre elles servent d'hôtel, enfin si on peut appeler cela un hôtel, cela ressemblerait plutôt à un B&B et elles sont à la limite de la grève !

Nous avons fait des arrêts très fréquents pour voir de beaux panoramas et il faut dire que John connait parfaitement ses îles; si nous ne l'avions pas rencontré nous n'aurions jamais espéré les voir aussi bien. Entre la location de voiture à Stornoway et John, nous aurons sillonner toutes les routes des Hébrides ! Ce soir nous regardons quelques petites vidéo de ma fabrication, ce qui leur donne des idées quand aux photos...John et Malag ne prennent que rarement des vacances ensemble mais ils viennent en France souvent pour faire du ski; leurs 2 enfants ont l'âge de Pasca: leur fils a un diplôme dans la restauration mais pour le moment il vend du matériel de restauration à l'étranger et plus particulièrement à Istanbul et aux Émirats; quand à leur fille, elle a un diplôme d'infirmière mais faute de travail en UK, elle a eu une opportunité pour devenir hôtesse de l'air dans les Émirats, justement, et elle a trouvé a juste titre que c'était tout de même la meilleure solution pour visiter le monde; et comme elle est très jolie, elle sert de modèle à son papa pour les pubs. Mais peut-être n'ai-je pas dit ce que faisait John avant de prendre sa retraite: il fabriquait, et le fait toujours à l'occasion, des bijoux en argent principalement mais aussi en or: tout ce qu'il fabrique touche à la culture Celte et aux coutumes Écossaises et cela va des bijoux typiquement féminins aux accessoires des tartans (le kilt) en passant par de magnifiques broches; il serti beaucoup de pierres précieuse et semi-précieuses. Nous sommes allés visiter son atelier; sa maison est en forme de L dont la grande barre sert de bijouterie mais pas seulement comme toujours dans ce pays: il y a aussi un tea-room et une partie où ils vendent des articles typiques des îles. Dans l'angle du L il y a l'atelier et dans les combles super bien éclairés par d'immenses vélux, il y a son atelier de création ainsi que du matériel d'encadrement, il touche à tout, ce garçon ! Çà vous rappelle quelqu'un peut-être ? J'en profite pour lui empreinter quelques CD à enregistrer sur mon PC.

Vendredi 17 août; loch Skipport

tout à une fin dans ce bas monde n'est-ce pas ?! La pluie revient au grand galop et nous retournons à notre bord après ces 2 jours à terre; il pleuvait tellement ce matin que John a proposé de nous ramener après le lunch. Il y a eu une petite accalmie vers 13h mais le temps que arrivions à l'annexe , la pluie était revenue: une bonne averse qui mouille bien. Après m'avoir déposée à bord, Bernard retourne chercher John au ponton pour aller avec lui sur son bateau; il a des problèmes d'électronique et de courant électrique. Après le rangement indispensable à bord, je m'attaque au vidage des pinces de tourteaux pour en faire des bocaux; il en reste encore 6-7kgs et j'y passe tout l'après-midi. Quand Bernard rentre il vient m'aider et çà va beaucoup plus vite !

Lundi 20 août; loch Skipport

rien à signaler sur les 2 jours qui viennent de passer; pluie et vent.

Cet aprem nous profitons d'une accalmie pour aller faire un tour à terre mais la lumière n'est même pas assez belle pour faire des photos alors que la bruyère est partout en fleur et que c'est bien joli.

Ce soir le vent est enfin tombé, quel silence d'un coup !

Mardi 21 août; île de South Uist; loch Boisdale

nous repartons vers le sud de l'île dans un loch que nous n'avions pas pris le temps de voir au printemps: il y a le ferry qui vient ici, c'est le même que celui qui va à Barra et qui dit ferry, dit aussi hôtel, magasins, une couverture téléphonique et du wifi, merveilleux ! Nous avons la flemme de descendre à terre, on verra demain si la météo se maintient avec du vent .

Mercredi 22 août; île de Rum

il était dit que nous n'irions pas à terre au loch Boisdale, ce qui en soit n'est pas grave puisque nous sommes venus dans le coin avec John; nous avons plusieurs sources de météo et aucune ne disait la même chose mais il fait beau et le vent est portant vers la terre et juste assez fort pour nous ce matin ce qui nous décide à lever l'ancre. Très belle navigation sous les couleurs de notre code D, une mer pas trop agitée; en arrivant devant Rum, le vent a commencé à forcir ce qui nous a obligé à enrouler rapidement notre belle voile pour la remplacer par le génois seul avec lequel nous faisions tout de même plus de 6nds. Les nuages et la pluie reviennent avec le vent juste quand nous arrivions au mouillage. Il y a déjà de nombreux bateaux, comme d'habitude agglutinés au même endroit alors que la baie est large et profonde, mais nous nous tenons à l'écart comme la dernière fois; nous essayons de nous rapprocher le plus possible du fond de la baie pour éviter le clapot du vent.

Jeudi 23 août; loch Nevis (à terre)

cette fois nous quittons les îles définitivement pour cette année à moins que la météo se remette au beau fixe, ce qui est peu probable. Comme le vent a soufflé toute la nuit, la mer est beaucoup plus agitée qu'hier; c'est gérable car elle vient de derrière; pas de belle voile aujourd'hui mais le génois et la grand-voile et on marche bon train; il y a encore plus de houle dans la passe entre la terre et la péninsule de Sleat car le courant de marée est à l'opposé du vent. Nous ne faisons que le traverser mais on se fait secouer. Le loch Nevis dans lequel nous rentrons est extrêmement long et en 2 parties avec un resserrement entre les 2 parties que nous ne pouvons passer qu'à marée haute; il est également très profond, 100m, et pour mouiller il faut coller la côte. A l'entrée qui est assez protégée, il a été impossible de mouiller tant c'était profond ! Ensuite le loch fait un coude à angle droit et nous faisons encore plus de 5 MN avant d'arriver au rétrécissement que nous ne pouvons passer à cause de la marée basse: il y a un château, là, sur un promontoire mais aucune route n'y arrive; idem pour les maisons étalées le long de la rive ! Que la route maritime pour aller en ville à Mallaig en 1h ! C'est tellement montagneux ici que les gens sont encore plus isolés qu'aux Hébrides; l'eau ne manque pas, il suffit de capter une source, qui sont en nombre, mais il n'y a pas d'EDF; le tel portable passe bien en revanche. A côté se trouve une petite anse avec beaucoup de profondeur et nous tournions dedans en cherchant un endroit moins profond quand un petit bateau de passagers est venu nous dire que nous pouvions prendre un mouillage, super ! Contrairement aux îles en général, c'est très boisé dans ce massif montagneux et la bruyère omniprésence est toute en fleur; ce soir il n'y a plus un poil de vent et la surface du loch est un miroir, quel calme aussi ! Au fond de l'anse se trouve 2 maisons avec un sentier qui y arrive; l'une d'elles est habitée par le propriétaire du bateau de passagers et sa famille et l'autre qui doit être une ancienne chapelle est habitée également par des gens âgés: il ne doit pas venir souvent de plaisanciers dans ce coin et nous sommes une attraction de toute évidence !

Samedi 25 août; loch Nevis

pluie toute la journée d'hier donc rien d'intéressant. Si le ciel est toujours tristounet ce matin, il fait plus clair tout de même; ce matin nous sommes allés voir cette piste qui arrive à ces 2 maisons: c'est carrossable pour un bon 4x4 ou un quad mais sans plus, pourtant ce sentier a dû beaucoup servir il y a quelques décennies car il est fait de main d'homme, surélevé, bien empierré avec un fossé de chaque côté mais il n'est pas assez entretenu; de toute façon cela va plus vite de prendre un bateau pour aller en ville ! Il y a des endroits où vous devez changer de bus ou de train pour vous rendre là où vous allez passer vos vacances, ici vous changez de bateau: celui de Mallaig vous amène jusqu'à cette anse; là on vous fait passer avec armes et bagages (il ne faut surtout pas avoir oublié quoi que ce soit sinon il faut apprendre à s'en priver) sur un bateau plus petit et rapide qui a en remorque un autre bateau encore plus petit sur lequel vous monterez pour débarquer juste devant la maison que vous avez louée ! C'est simple, non ? Apparemment c'est la famille du petit bateau de passagers qui habite une des 2 maisons qui gère le ménage et l'installation des gens; ceux qui sont arrivés ce matin avaient 3 kayaks en plus !

Après notre promenade sur ce sentier qui passe un col entre 2 montagnes et va longer ensuite un énorme loch d'eau douce , le loch Morar, qui est parallèle en gros avec le loch Nevis , nous larguons notre bouée pour aller mouiller tout au fond de la deuxième partie de notre loch, à encore 5MN de là; dans la nuit de dimanche à lundi on devrait avoir du très gros mauvais temps et nous espérons ainsi nous mettre à l'abri de ce vent du sud-est et de la houle. Plus de liaison téléphonique ici et pas de wifi libre malgré les quelques maisons; 2 vallées avec un ruisseau chacune arrivent au bout du loch avec une très grande étendue d'eau qui découvre à chaque marée où nous allons voir s'il y a des possibilités de coquillages à ramasser: on trouve de belles moules en nombres, de gros bigorneaux de taille XXL mais guère de coques malgré toutes les coquilles vides ( les piafs les trouvent mieux que nous décidément !) C'est difficile de mouiller convenablement ici car on passe de 3m d'eau à brutalement 20m mais on verra, de toute façon si cela ne va pas nous avons une alarme qui se déclenche si nous chassons sur notre ancre !

Dimanche 26 août; loch Nevis

pour le moment tout est calme, la dépression annoncée ne devrait arriver que cette nuit même si ce soir cela commence à bouger un peu plus. Il a fait si beau ce matin que nous en avons profité pour faire de la lessive: du soleil et une petite brise, n'est-ce pas l'idéal ? Le temps c'est couvert ensuite après déjeuner, ce qui a un peu gâché notre promenade mais on l'a faite quand même; un peu d'escalade sur le versant de la montagne au sud nous a permis d'avoir une bonne vision du massif montagneux alentour qui n'est pas rien puisque toutes les montagnes en question font entre 800 et 1000m; certes ce ne sont pas les Hautes Alpes ou les Hautes Pyrénées mais ici en Ecosse de l'ouest, il n'y a que çà des montagnes ! Je vous rassure aussi nous ne sommes pas montés jusqu'en haut !C'est fini les promenades où l'on ne se mouillait pas les chaussures: le terrain est totalement trempé et il y a tellement de ruisseaux qui coulent partout que nos chaussures sont vite trempées elles aussi; heureusement que ce sont des chaussures de marche un tant soit peu étanches et non des baskets …

A notre retour a bord Bernard est parti pêcher et il est revenu content car il a enfin pris une petite morue portion, ce qui va nous changer de nos lieus, même si c'est très bon. Le vent qui commence à monter vient comme on l'espérait du fond du loch ce qui nous permettrait de ne pas avoir trop de houle.

Lundi 27 août; île de Skye; loch Na Dac (face à la terre dans le détroit)

nuit blanche: déjà il n'est jamais agréable d'entendre du vent souffler en rafales entre 50 et 60 nds mais de toute façon à 1h30 du matin notre alarme c'est déclenchée nous faisant bondir de la couchette; oui on avait chassé mais après examen on avait l'air de s'être de nouveau stabilisés. Et non, mauvais plan, il a fallu remonter l'ancre pour se représenter; il ne pleuvait plus c'était déjà çà de gagné mais il valait mieux se couvrir avec ce vent! L'ancre a dérapé car nous étions mouillé sur une verticale et çà çà ne marche pas avec du vent fort, donc il nous faut du plat, mais pas 20m de fond et tout çà à voir dans le noir complet...merci l'électronique mais moi qui aime bien voir de visu, j'avais la fenêtre ouverte près de la barre et la tête dehors pour visualiser le fond de la vallée, là où nous devions trouver le plateau qui échoue tout en restant au bord grâce au sondeur: nous avons envoyé l'ancre dans 3m d'eau, à marée haute, mais là il n'y avait aucun risque que l'on vienne s'échouer car ensuite les fonds descendent tellement vite...Là on a bien tenu surtout avec 60m de chaîne....mais à chaque rafale on sursautait tout de même ! Quelle nuit ! Au matin il tombait des averses violentes en prime et puis tout à coup vers 10h, plus rien; plus de vent et une petite pluie fine....les torrents coulent le long des montagnes partout de façon extravagante...et c'est grandiose ! Nous sommes complètement dans le cirage et une bonne sieste nous remet quelque peu d'aplomb. Pendant le déjeuner nous avons eu la visite d'une loutre venue faire un festin de poissons près du bateau...trop beau à voir...et difficile à photographier !

La météo n'est toujours pas optimiste et comme le vent devrait tourner au sud-ouest, nous craignons de ne plus être à l'abri; on se sait pas du tout comment va s'engouffrer ce vent dans les vallées alors nous préférons profiter de l'accalmie pour sortir d'ici. Nous choisissons un petit loch sur l'île de Skye dans le Sound (le détroit) entre l'île et la terre; dans le détroit il y a une belle houle qui vient de notre arrière car nous remontons légèrement vers le nord. Le génois en place aidé du moteur pour aller plus vite et nous y sommes relativement vite; là pas de grandes montagnes et une vue dégagée, cela nous change beaucoup ! Pas mal de bateaux autour dont un très joli vieux gréement; les nuages défilent tellement vite que les lumières en sont magnifiques !