vendredi 15 juin 2012



Samedi 9 juin 2012; île de Barra, Castle Bay

nous avons donc pris notre bus en fin de matinée en ayant pris soin de hisser l'annexe assez haut pour la marée et suffisamment sur le côté pour ne pas gêner les passagers qui embarquent à cet endroit pour le château (qui se trouve sur un îlot dans la baie); ce sont des minibus d'une vingtaine de personnes qui circulent ici: ils font la liaison avec l'aéroport dans le nord de l'île, les écoles et toutes ces petites choses qui sont importantes sur une île. Pour ce qui est des horaires, c'est un peu aléatoire malgré ce qui est écrit sur le papier....Un quart d'heure après nous descendions le long d'une plage face à un petit village mais avec une école tout de même ! Nous sommes à la recherche de 3 cairns qui se trouvent à flanc de montagne et qui sont indiqués sur les cartes de l'île; on traverse donc le village puis très vite un chemin remplace la route, puis un sentier et pour finir à travers la pampa en se disant que cela devrait être par-là, vu la configuration du terrain; et puis on devine sur une butte quelques pierres dressées qui ne sont venues là toutes seules de toute évidence!

Çà c'était pour le premier dont il ne reste pas grand-chose; pour les 2 autres, qui devraient être assez proches, nous retournons vers le nord (nous étions partis face à l'est) en continuant de crapahuter ; la vue est magnifique sur cette côte ouest pleine de dunes et de plages; hormis les moutons il n'y a rien sur ces montagnes, pas un arbre ni un arbuste . Le deuxième site est en aussi piteux état que le précédent mais il devait être énorme, vu le tas de cailloux qui reste, nous l'avons vu grâce à cela d'ailleurs. Après avoir déjeuner affalés au soleil, nous tergiversions pour savoir de quel côté nous redescendions parce qu'entre la mer et nous il y a pile une autre montagne; nous hésitions à aller vers le nord car on apercevait quelques petits ravins quand notre regard s'est arrêté sur un couple de personnes , 2 petits vieux qui avaient à l'aise 80 ans chacun et qui marchaient tranquillement vers le nord; nous les avons suivis pour nous rendre compte finalement que ce sentier-là était balisé et évitait tous les endroits scabreux; très belle balade au travers de nombreuses ruines de maisons car il y a eu de très nombreux habitants sur cette île, comme sur les autres d'ailleurs. Ces îles sont habitées depuis la Préhistoire et c'est une grande famine en 1848 (comme en Irlande et pour la même raison: la pourriture des pommes de terres) qui a fait fuir les gens quand ils n'en sont pas morts; les Anglais, égaux à eux-mêmes, en ont profité pour expulser ces pauvres gens qui n'avaient rien pour survivre !On parle même d'une famille que le propriétaire a expulsé sans leur laisser le temps de prendre leurs quelques affaires, leur a intimé l'ordre d'embarquer tous sur leur barque de pêche et a mis le feu à la maison.....

Pour finir, le bus est passé avec 10mn d'avance, nous l'avons vu mais ne nous sommes pas précipités car on ne pensait pas que c'était le notre.....on a donc commencé a rentrer à pied jusqu'à un hôtel à mi-chemin où un minibus avait l'air de repartir à vide: normalement il ne prenait pas de passagers mais....on était bien soulagés de ne pas finir à pied !

Dimanche 10 et lundi 11 juin; Castle Bay

ce n'est pas qu'il fasse si mauvais temps que nous sommes toujours là, mais le vent oscille en permanence entre 15 et 20 nds et il s'obstine à venir du nord-est...et nous allons vers le nord-est ! Nous attendons donc qu'il veuille bien tourner, c'est l'avantage de ne pas être pressés !

Ce dimanche a été tristounet avec un ciel bien gris et quelques averses; aujourd'hui lundi nous nous penchons sur l'histoire de cette île et de cette baie en particulier en allant au musée après avoir fait la promenade autour de la baie où se trouve quelques explications de ruines: cette baie a vécu pendant presque un siècle au rythme de la pêche aux harengs qui durait 2 mois entre mai et juin; cette baie qui est assez grande est en forme de U avec le village au fond du U et la sortie orientée au sud, ce qui en fait un port naturel très bien protégé, d'autant qu'au sud, en face de l'ouverture se trouve une autre île (celle de Vatersay) qui protège elle aussi cette baie de la houle. De 1860 à environ 1960 il y a eu ici jusqu'à 600 bateaux de pêche ( ce qui fait dire aux gens qu'on pouvait aller à Vatersay à pied sans se les mouiller!) et bien entendu tout ce qui se rapporte à une pêche aussi énorme; à terre il y a eu jusqu'à 40 conserveries, qui salaient ce poisson et le mettait en tonneaux; çà c'était réservé aux femmes et jeunes filles (comme à Douarnenez avec les sardines et les anchois) , qui travaillaient dehors par tous les temps, à faire des filets de ces poissons, les saler et les mettre en tonneaux; leurs mains étaient des plaies permanentes et à vif avec le sel mais quand on leur a posé la question si cela avait été dur, elles ont répondu que cela avait été les meilleures années de leur vie!! !Et quand elles en avaient terminer là avec les harengs, elles essayaient de se faire embaucher ailleurs pour un travail similaire ! Tout autour de la baie se trouve des restes de quai en pierres ou en béton, pour les derniers qui ont résisté, seuls vestiges de cette époque glorieuse ! A l'avènement du moteur, les bateaux ont grossis, puis les chalutiers sont arrivés et la pêche industrielle qui a achevée les bancs de poissons surpêchés et çà été la mort de cette petite pêche qui faisait vivre cette baie. Les quelques photos que nous avons pu voir au musée parlent d'elles-même; mais cette petite ville de Castle Bay a pris son essor à cette occasion et elle est restée la ville la plus importante de l'île, avec une école, un collège, une bibliothèque, une piscine chauffée et un hôpital ! Les pêcheurs ont émigrés au nord de l'île à North Bay où se trouve la seule conserverie de poissons de l'île.

Toutes les îles appartiennent à des particuliers ou plutôt à des clans: l'île de Barra ainsi que d'autres îles aux alentours, appartient au clan Mac Neils.

Mardi 12 juin ; île de Barra; Castle Bay

le vent n'est pas si pire et de toute façon ce sera comme çà jusqu'à jeudi où il devrait tourner vers l'est, ce qui nous permettrait de remonter jusqu'à South Uist; mais avant de remonter vers le nord nous aimerions aller faire le tour des quelques petites îles plus au sud qui sont inhabitées maintenant mais qui sont le repaire des oiseaux.

La journée s'annonce plutôt ensoleillée, nous partons donc vers 11h; la mer est tout de même bien agitée avec ce vent qui souffle depuis des jours ! Je suis parée contre le mal de mer avec un patch de Scopoderm derrière l'oreille et bien m'en a pris car sur la côte ouest des îles il y a en plus la houle de l'atlantique qui croise celle du vent ! Nous aurions bien aimé nous arrêter à Mingulay mais c'était absolument impossible car la seule plage où on peut débarquer se trouve face à l'est.....

l'île de Mingulay, qui est la plus grande de ces îles du sud, a été habitée jusqu'en 1912; à propos je vais vous raconter une histoire : comme les îles appartiennent à un privé, il faut donc payer un loyer qui était payable une fois par an; donc une fois par an le propriétaire envoie un receveur qui encaisse les loyers; mais une fois (l'histoire ne donne pas de date) quand le receveur est arrivé à Mingulay, il a trouvé tout le monde ….mort ! Pas un survivant ! Le pêcheur qui avait amené le receveur apprends que tout le monde est mort et pris d'une frayeur subite se sauve à toutes jambes en abandonnant le receveur sur l'île....lequel receveur a été secouru...un an après par un autre receveur; régulièrement il montait sur la montagne faire du feu pour être secouru mais personne ne passait par là. Il a bien survécu à cette vie, on peut dire austère, et le propriétaire pour le dédommager lui a offert une terre sur cette île ! Les raisons de la mort de tous ces gens peut avoir des origines variées comme un empoisonnement avec des aliments ou une petite épidémie tec..

La côte Est de ces îles est basse et accessible par contre la côte ouest est à la verticale, creusée de grottes et de failles, domaine de tous les oiseaux de mer que l'on peut trouver, absolument splendide et sauvage !!!! mais nous n'avons guère pu nous en approcher à cause du ressac.

Nous sommes revenus dans l'après-midi à notre point de départ car il n'y avait malheureusement aucun mouillage tranquille dans ces îles !


lundi 11 juin 2012


Mercredi 30 mai 2012; île de Ulva, anse de Cragaig

le coin où nous avons mouillé, après avoir fait du rase cailloux ( grâce à Donald qui nous a donné une cartographie d'une extrême précision; ce ne sont que des petits détails un peu partout en Ecosse ) est situé dans le milieu d'un tas de petites îles et îlots plein de phoques; sans cette cartographie nous ne serions pas venus là car il faut faire des zigzags entre les cailloux, qui se voyaient mieux à marée basse il est vrai comme hier au soir; et peu de bateaux viendront car notre guide, qui est notre bible à tous ici, parle de secteur peu recommandable sauf pour les amateurs de rase-cailloux, c'est parfait, nous en sommes ravis, il n'y aura pas de surpeuplage du mouillage !

Après un petit tour en annexe du côté des phoques on accoste dans les rochers pour une promenade à terre dans le secteur; nous y trouvons des ruines de maisons et un cimetière dont les tombes , ou plutôt ce qu'il en reste, datent du XVIIIe S; dans l'enceinte du cimetière il devait y avoir une petite église et pour y avoir autant de pierres tombales il doit y avoir plus loin un hameau. Les rochers et les petites criques sont jonchées de plastiques de tout genre: bidons, bouées de toutes tailles de filets et de parcs à poissons, morceaux de filets, de bouts etc.....il y a aussi beaucoup d'oiseaux de mer et des oies sauvages (avec leurs petits) et des chèvres sauvages, très craintives elles aussi.

Après-midi repos et petit bricolage, notre girouette ne donne plus la direction du vent par exemple!

Jeudi 31 mai; île de Ulva, anse de Cragaig

il a bien plu cette nuit et jusqu'à tard ce matin. On hésite à aller se promener cet aprem mais finalement nous descendons et le ciel s'éclaicit et tous les nuages partent à l'horizon; nous empruntons le seul sentier qui court de ce côté de l'île et qui part de la seule maison restaurée dans le fond de l'anse en allant vers le passage entre Ulva et Mull. Ce n'est qu'un sentier praticable uniquement en quad car il passe dans les torrents et passe dans les rochers mais il est entretenu par ces passages. Non loin de la maison restaurée se trouve un ancien moulin et après nous trouvons effectivement les restes d'un hameau assez dispersé, compte-tenu de la nature du terrain; ce chemin monte beaucoup en allant d'une plate-forme à une autre, c'est en partie pour cette raison que les maisons étaient dispersées; sauf une, qui était peut-être la maison du seigneur, elles ont toutes les angles arrondis et non droits comme les modernes. D'après les renseignements que nous avons ce hameau était habité par une importante branche cadette de la famille propriétaire de l'île: les Mac Quarries; nous pensons que près de 150 personnes vivaient là. En 1841 il y avait 570 habitants sur toute l'île, en 48 plus que 150, en 1881 plus que 53; en 1991 ils étaient de nouveau 30 pour n'être plus que 16 en 2001. Nous avons fait l'acquisition d'un excellent livre sur toutes îles Ecossaises un peu conséquentes qui nous donne une carte de chaque île avec tous les mouillages , ce que l'on peut y voir et l'histoire ainsi que les petites histoires du passé, il est superbe et très intéressant ; autant vous dire que ce n'est pas un livre de poche et qu'il est écrit en anglais bien entendu ! C'est devenu le livre de chevet de Bernard qui entretien bien son anglais ainsi.

Il y a des sources d'eau partout ici, aussi bien à terre que dans toutes les îles, c'est sûrement ce qui fait qu'elles étaient toutes habitées même des petites. Heureusement que nous à bord de bonnes chaussures de marche un peu étanches !

Vendredi 1 juin; île de Ulva


très beau temps mais trop de vent pour aller aux Hébrides ou retourner à Iona dans le sud.

Nous allons donc ce matin faire le ramassage de coquilles sur une jolie petite plage de sable blanc; les coques ne sont guère au rendez-vous , ni les bigorneaux en revanche nous trouvons quelques moules sur les rochers. Les phoques s'enhardissent maintenant, à nous voir plantés là, ils viennent s'approcher à moins de 10m de nous mais dès qu'on les regardent ou que je les vise avec mon appareil-photo, ils replongent, dommage !


Ce soir de nombreux bateaux arrivent dans l'anse principale mais aucun ne prends la peine de venir près de nous , ils ne doivent pas avoir notre cartographie, ce qui est tout de même surprenant !

Depuis que nous sommes là 6 kayakistes campent prés de la jolie plage, ils sont bien peinards, là, mais ce soir il en arrive d'autres avec le zodiac de ravitaillement qui amène les tentes et tout le matériel, il y a fiesta et feu de camp ce soir là-bas !

Samedi 2 juin; île de Iona

allez on s'en va ! Direction l'île de Iona, au sud; nous y arrivons à midi pour déjeuner et comme nous avons jeter l'ancre devant le village , on y est vite avec l'annexe. Il y a un très beau monastère, très bien restauré et un couvent; à l'origine , le premier monastère a été crée par St Columba en 595 dès les débuts du Christianisme en Angleterre.

Le mouillage devant l'île dans le passage entre elle et l'île de Mull n'est pas ce que l'on fait de mieux car il y a beaucoup de courant mais nous repartons demain matin...

Dimanche 3 juin; péninsule de Morvern

c'est la fête des Mères aujourd'hui et Pascaline y a pensé cela m'a fait bien plaisir; la couverture téléphonique fonctionne bien dans ces îles !

Nous quittons notre mouillage à 8h mais finalement le vent fraichit très vite et nous prenons un ris dans la grand-voile ( nous la diminuons de surface en la montant moins haut et en l'amarrant bien dans le bas ) et nous remontons bien jusqu'au moment où ce vent va virer du nord-est au nord en forcissant davantage; nous remettons le moteur et allons nous réfugier à terre sur la péninsule de Morvern au nord de l'île de Mull.

De bleu avec un beau soleil , le ciel à l'approche de la terre est devenu gris; cette anse est très habitée mais ce n'est pas très joli. Ce n'est pas grave nous devrions repartir demain matin.

Lundi 4 juin; archipel des Hébrides, île de Barra, anse de North Bay

cette fois nous y sommes aux Hébrides ! Le vent nous a fait un peu défaut mais c'était une très belle journée avec un beau ciel bleu, grand soleil et une mer agréable avec juste une longue houle. Nous avons mis à peu près toutes nos voiles, un coup notre code D, un coup le génois mais souvent avec le moteur pour soutenir; 9h de mer pour arriver à 17h dans cette anse profonde, à l'abri de la grosse houle car entourée d'îlots. Certains de nos amis nous ont dit que nous partions dans « le trou du cul du monde » eh bien il est drôlement habité ce trou ! Il y a des maisons partout ! Dans le fond de l'anse il y a un port de pêche avec des gros et des petits bateaux, c'est Le port de pêche de Barra, il y a aussi une usine de traitement du poisson.


Mardi 5 juin; île de Barra

sur la plus grande des îles qui protège la passe, il y a un piège à poissons naturel: 2 petits chenaux très étroits montent vers un petit lac qui se remplit à marée haute et se trouve isolé dès que la mer est descendue à un certain niveau; bien sûr de l'eau coule vers la mer pendant ce temps mais pas suffisamment pour le vider sauf quand le coefficient de marée est trop faible pour le remplir à nouveau et là il s'assèche; quelquefois des poissons se font piéger ! Nous allons voir cette particularité de la nature à marée basse cet aprem avec l'annexe puis nous nous dirigeons un peu plus vers le nord-ouest voir une très jolie plage de sable blanc, très longue celle-là, avec des dunes qui la sépare d'une autre plage identique qui est orientée vers le large et l'ouest; l'île est donc très étroite à cet endroit et cette plage qui est devant nous et donc orientée vers l'Est à elle aussi une particularité que je vais vous conter: il n'y a qu'un ferry qui relie cette île à la terre et il vient d'Oban; il met 7h pour venir car il fait une autre escale sur une autre île plus au nord mais si vous voulez gagner du temps, prenez l'avion ! Seulement les horaires sont compliqués et pour cause: le décollage et l'atterrissage sont fonction........de la marée et de la météo! C'est pour le moins original n'est-ce pas ? Quel rapport entre l'avion et les marées ? C'est simple: l'avion ne peut se poser que sur la plage et que lorsque la marée est assez basse pour avoir assez de longueur et que le sable soit bien dur ! Nous avons eu la chance d'y être quand l'avion est arrivé et reparti: il décolle très très vite mais pour les passagers cela doit être très impressionnant !

Comme il n'y a pratiquement pas de pente à cette plage, la mer se retire très loin; c'est un cimetière de coquilles de coques vides, la plupart sont énormes mais pas moyen d'en trouver une seule dans le sable même en creusant ou alors il fallait une grande pelle pour creuser profond; les seules que nous avons ramener sont celles que les oiseaux n'avaient pas vues. Inutile de vous dire que nous étions très déçus ! En rentrant nous sommes passés par le port de pêche où il aurait dû y avoir un pub avec du wifi; nous ne l'avons pas trouvé.

Mercredi 6 juin; île de Barra, Castle Bay

pendant la nuit le clapot qui venait du sud-est est tout de même rentré dans notre anse rendant notre mouillage quelque peu rouleur et comme la météo va se dégrader dans 2 jours nous partons vers le sud de l'île dans un endroit beaucoup plus à l'abri...et plus habité.

Pendant la traversée vers les Hébrides nous n'avions rien pêché donc Bernard n'a pas remis de ligne de traîne mais en passant sur un haut-fond il a vu une grosse tache de poissons au sondeur (le sondeur permet de savoir quelle est la profondeur de l'eau et le notre est sophistiqué car il a un écran sur lequel défile le fond et il voit les bancs de poissons s'ils sont denses), nous avons stoppé le bateau et il a envoyé sa ligne: elle n'a pas eu le temps d'arriver au fond ! 4 poissons ont mordu tout de suite: 4 lieu portion, impeccable, nous sommes repartis tout de suite.

Après 1h de route nous arrivons sous le soleil dans cette baie où il y a une véritable ville; quand on dit ville, c'est comme en Irlande ici, ville est un grand mot; mais c'est ici que le ferry arrive d'Oban et on y trouve quelques magasins dont un supermarché. Les collines autour sont pelées, il n'y a pas un arbre, surprenant, Bernard pense à juste titre que les habitants les ont tous utilisés pour se chauffer....Cette baie est orientée au sud et en face, au-delà d'un chenal étroit se trouve une autre île, Vatersay, réputée pour ses plages; cette île est reliée à Barra par une chaussée assez haute pour ne pas être recouverte par la marée. Et comme son nom l'indique, dans cette baie il y a un château: tout seul sur un rocher au raz de l'eau et à marée haute l'eau lui lèche les pieds.

Nous profitons du très beau temps pour rendre une petite visite à ces jolies plages de Vatersay: quelles merveilles sous ce ciel bleu ! On comprend pourquoi tous les peintres Ecossais viennent ici ! Nous en avons vu un peu partout de ces peintures et de ces photos de Vatersay et franchement cela vaut le déplacement ! Et comble du bonheur, il y fait même chaud sur ces plages aujourd'hui, quel plaisir, on y reviendra !

Jeudi 7 juin; île de Barra, Castle Bay

avec 18°C à 8h du matin, le petit déjeuner s'est pris dehors ! Ce qui est dommage c'est que cela ne dure pas ici car s'il faisait encore chaud pour déjeuner en partie dehors, le ciel s'est couvert ensuite et la température est vite tombée; nous étions retournés à Vatersay en annexe pour aller ensuite à pied jusqu'à la grande baie dans le fond de laquelle se trouve une grande plage; arrivés là-bas nous nous sommes assis 5mn et nous sommes rentrés au galop à cause de la pluie qui arrivait et le vent qui montait. Nous sommes arrivés à temps à bord, juste avant le déluge !

Vendredi 8 juin; île de Barra; Castle Bay

pluie et vent fort toute la nuit; au matin la pluie a bien diminuée et le vent s'est calmé à midi. Et après la sieste le soleil était revenu; nous avons décidé demain d'aller voir les Cairns dans les montagnes au milieu de l'île, donc il nous fallait les horaires de bus, une carte et un pique-nique !

Et assis au soleil à la terrasse d'un bar dominant le port c'était pas mal !



























samedi 2 juin 2012






Marina d'Oban

eh oui nous sommes toujours scotchés à la marina mais le départ approche: toutes les voiles sont en place ainsi que tout le petit accastillage que nous enlevons pour l'hiver pour qu'il s'abîme moins et le vernis brille de nouveau; les lattes du bout-dehors sont toutes neuves et notre annexe c'est fait une belle toilette du coup, elle va bientôt avoir ses roues et cela va nous changer la vie. Comme cela fait un moment que nous sommes là les gens commencent à nous connaître et viennent nous parler, on fait parti des meubles maintenant et quand on leur explique que nous revenons ici pour l'hiver prochain, ils sont visiblement très fiers que leur pays nous plaise autant ! Ils sont en général très serviables et aimables mais il y a comme partout des c....!

Nous avons sorti le bateau de l'eau 3 jours pour faire notre peinture sous-marine: la coque était particulièrement propre, ce qui nous conforte dans notre habitude de caréner tous les 2 ans; nous avons eu un mois d'avril particulièrement beau mais froid et nous avons dû réparer notre pont en recollant des lattes avec autre chose que de la résine époxy car même en couvrant et en chauffant la partie collée nous n'aurions jamais pu avoir la température désirée, tant pis, c'est réparé quand même et on verra comment cela se comporte; notre ami Donald nous a donné de l'acajou qu'il nous a en plus déligné en lattes de la taille dont nous avions besoin et ce qui n'a pas été débité a servi pour le bout-dehors, grand-luxe d'avoir un bout-dehors en acajou ! Notre autre ami, Martin, celui qui a aussi surveillé le bateau, est allé une fois en voiture dans une autre petite marina qui est dotée d'un magasin pour nous prendre du vernis dont ils n'avaient plus un pot à Oban, du coup maintenant quand on se croise il demande si nous n'avons besoin de rien d'autre; ces 2 amis ont beaucoup d'humour: Martin nous a raconté qu'il avait voulu aller écouter de la musique traditionnelle sur l'île de Mull avec son amie Lynda mais à 3h de l'après-midi tout le monde était fin saoul et il a fait comme commentaire «  ils en avaient même oublié qu'ils étaient civilisés ! » Très jolie l'expression n'est-ce pas ? Quand à Donald, après avoir fait la boîte postale tout l'hiver pour le matériel dont nous avions besoin pour le bateau, il a shangaïé Bernard ( shangaïé étant une expression de la marine à voile quand les bateaux n'avaient pas de moteur, terme qui veut dire embarquer quelqu'un de force souvent en le soûlant ) et inutile de dire que Bernard n'a pas eu besoin de boire pour dire oui ! Donald avait besoin de quelqu'un pour participer à une course mais pour ma part j'ai décliner l'offre, la raison principale étant qu'il y avait encore de la peinture à faire avant notre départ et j'apprécie moyennement de participer à une course. Celle-ci est très importante en Ecosse et d'un genre un peu spéciale, elle s'appelle: Scottitsh Island Peacks Race, que l'on pourrait traduire par la « Course des Pics des Iles Ecossaises »; autrement dit, ils partent en voilier d'Oban avec 1 ou 2 coureurs à bord, sauf si tout l'équipage court, et ils vont sur 3 îles, Mull, Jura et Arran (qui se touve à l'Est de la péninsule de Kinthyre et nous y sommes allés l'an passé) faire une course d'orientation de 40kms à chaque fois; c'est tout de même une course de fous car aucune des 3 îles n'est plate, à chaque fois ils doivent monter à 1000m et à Jura il y a 3 pics !
 120Kms en moins de 3 jours !!!L'arrivée se fait à Troon, sur le continent, à l'Est également de l'île d'Arran et au sud de Glasgow,en tout environ 170 MN avec une heure limite d'arrivée à 18h le dimanche; le départ avait lieu à Oban le vendredi à 12h. Le seul moment où tout le monde part en même temps c'est pour la mise en jambe de 5kms à Oban; pendant ce temps le bateau tire des bords le plus près possible de la ligne de départ et un des équipiers du bord attend dans l'annexe (à la rame bien entendu) sur la berge que son ou ses coureurs arrivent, puis il rame le plus vite possible vers son bateau et ils partent en direction de Mull. Le Sandpiper de Donald, un bateau en plastique de 14m, est parti avec 3 équipiers et 2 coureurs (pour la petite histoire Donald mesure 1m90, pèse environ 100kg avec des mains 2 fois plus grandes que les notres, il a 51 ans, son équipier Clark a les mêmes proportions que lui et les 2 coureurs ont une trentaine d'année et sont épais comme Bernard tout en le dépassant d'une tête); ils ont été le dixième bateau à quitter Oban pour s'engouffrer dans la passe nord entre la terre et l'île de Kerrera (j'étais postée sur l'île à la pointe nord pour les photos). En arrivant à Mull (côté Sound of Mull) Clark a descendu les 2 coureurs et les a récupérer vers 20h; quand ils sont partis il y avait déjà 2h que les premiers étaient partis !Ils sont arrivés à Jura au matin et les coureurs sont partis: ici il n'y a pas de chemins, vous devez vous rendre à un point fixe en vous débrouillant: facile alors ?! Oh que non, car s'il n'y a pas de chemins il y a des ruisseaux et il y en a tant que vous êtes bien obligés de patauger; il y a également des lieux fixes de passage où se trouve un énorme sac orange fluo, calé avec des pierres; il faut prendre un des témoins à l'intérieur qui prouve bien que vous êtes passés là ! Bernard m'a raconté que les coureurs rentraient complètement crottés jusqu'au genou et qu'ils étaient bien contents de pouvoir prendre une douche à bord, ce qui n'est pas le cas de tous les bateaux. Au départ de chaque course les coureurs ont un contrôle de leur sac: ils doivent avoir un minimum requis à boire et à manger, une tenue de rechange, un vêtement étanche, un chaud et …..un duvet ! Quand ils sont arrivés à Jura, les premiers étaient déjà partis depuis 6h et le vent est tombé, ils ont eu du mal a arriver jusqu'à la plage; certains propriétaires vident entièrement leur bateau pour la course, histoire de l'alléger et presque tous embarquent des pelles d'aviron, si si toute blague mise à part, pour essayer de se déhaller par manque de vent ! Bernard a dit que cela ne les avaient pas bien avancés car ils se sont épuiser à le faire avec les courants.... Pour Sandpiper la course s'est arrêtée là, faute de vent et ils ont fait demi-tour; sans vent, ils ne pouvaient pas être à Troon avant 18h le lendemain; il était 15h et il fallait encore faire une grande nav. Et une autre course avant l'arrivée ! Au final très peu de bateaux ont fini la course car il n'y a que les premiers qui ont bénéficié du vent plus au sud. L'ambiance était excellente à bord et il y avait à manger pour un régiment pour une semaine; ils ont fait la cuisine à tour de rôle et Donald avait acheté baucoup de produits français pour faire plaisir à Bernard; et les coureurs ont apprécié le tourisme dans les îles que Donald leur a montré, tout est bien qui finit bien !


Ciel, mon mari ! Il ne devait rentrer que le lundi soir et pour ne pas me laisser seule, nos amis de Saskatoon (l'autre bateau français sympa qui a hiverné ici) m'avaient invitée à dîner, il y a donc eu un couvert de plus!

Jeudi 24 mai 2012; Oban

il y a un restaurant sur l'île qui n'ouvre que de mai à fin septembre; oh c'est tout petit, la cuisine est sous un petit barnum et ils ont construit une salle en bois (un kit à monter soi-même qu'ils ont monter en 3 jours) qui doit faire une quinzaine de mètres sur 6 de large avec une terrasse sur le port; nous y sommes allés déjeuner avec notre ami Martin et Lynda pour mon anniversaire. J'ai enfin pu mettre une robe d'été car depuis lundi les températures oscillent entre 21 et 25 °C et ils annoncent plus chaud pour la fin de la semaine! Çà c'est drôlement bien ! Le départ est prévu pour lundi et la pression monte un peu.

Hier au soir quelqu'un est venu frapper au bateau: un bateau de passage français qui arbore comme pavillon national... le drapeau Breton ! Il nous a dit qu'il venait nous faire une petite visite de courtoisie, nous avons tout de suite sympathisé et ….nous nous sommes quittés à minuit ! Robert est français, est marié à une anglaise et vit en Grande-Bretagne dans la région des lacs sur la côte ouest juste en dessous de l'Ecosse; il venait à Oban car son coéquipier le quittait là et il en embarquait 2 autres. Celui qui débarquait était très attachant: Bill, un anglais qui vit également en GB à son grand désespoir car il est marié à une Corse qui refuse de retourner là-bas aussi bien qu'en France ! Son seul espoir d'aller plus souvent en France, c'est son fils qui est totalement bilingue et qui fait actuellement ses études à Paris et qui pense y rester ; Robert et lui passait de l'anglais au français sans souci avec beaucoup d'humour . Bill était l'ancien propriétaire du bateau de Robert et un des 2 qui embarquait ce soir là naviguait sur son propre bateau avec Robert comme équipier avant que celui-ci n'achète le bateau de Bill, simple n'est-ce pas ? Ils allaient au resto sur l'île, ils nous ont embarqué avec eux et nous avons fini avec l'armagnac à notre bord; le 4e larron est arrivé sur ces entrefaites et ils ont continué sur leur bateau à boire force rhum et gin; avant de partir ce matin ils sont venus nous dire au revoir: il y avait de la gueule de bois dans l'air ! Nous devrions pouvoir nous rencontrer de nouveau cet été, vu nos navigations prévues.







La semaine dernière un autre bateau français est passé à la marina, un gros Aldberg Rasi de 45 pieds mais après force salutations de la main à leur arrivée, nous n'avions pas grand chose à nous dire: visiblement il ne fallait pas naviguer sur autre chose que sur un bateau comme le sien, les autres étant tous de la ….mais à la marina il y avait 2 autres bateaux comme le sien en plus grand, 53 pieds et il se demandait s'il n'aurait pas dù en acheter un comme ceux-là; il ne pensait qu'à faire de nombreux milles, il n'y a que çà qui comptait: monter jusqu'aux Hébrides redescendre à Bénodet en 5 semaines pour repartir en juillet vers le Portugal, voilà ce que c'est que de la navigation parce que au delà de 6 semaines d'absence « les bonnes femmes râlent! »

Lundi 28 mai 2012; sud de l'île de Mull près de Iona

il fait toujours aussi beau et chaud depuis une semaine; pendant le week-end il a fait 27°C et nous sommes restés en maillot . Nous avons fait tous nos pleins car avant que nous rencontrions une épicerie …..2 voyages avec chariot et sacs à dos sans compter ce que j'avais déjà approvisionné pendant l'absence de Bernard.

Nous n'avons pas encore repris nos habitudes et nous avons fait très fort au départ, vous allez pouvoir rire car nous sommes les premiers à le faire quand cela arrive aux autres: nous sommes partis de notre ponton pour celui du gasoil avec...notre rallonge électrique branchée ! Eh bien, bizarrement quand on veut la rentrer, elle se fait des nœuds et s'accroche partout mais là, elle s 'est débranchée sans heurts et a filée à la mer.....c'est notre voisine qui est venue nous le dire, heureusement qu'elle était là !et nous avons remorquer notre nasse: pas grave en soit sauf qe l'on aurait pû la perdre et perdre par la même occasion ce qu'elle contenait : un homard de 2kg7 !!!!notre ami Martin qui était venu nous dire au revoir n'en croyait pas ses yeux ! Et il a eu comme commentaire « dire qu'il faut que ce soit des Français qui nous montrent comment faire ! »

Après la photo d'usage dans ce cas il est passé tout de suite à la casserole; casserole qu'il a fallu extirpée de la cale où elle est entreposée habituellement !

Le vent est absent et quand il se lève nous l'avons dans le nez; du moteur donc; il fait plus frais en mer et nous ne retrouvons nos 24°C qu'au mouillage à l'arrivée dans ce très joli coin: petite anse bordée de gros cailloux comme à Ploumanac'h ou pour ceux de la Méditerranée comme les Lavezi avec au fond une grande plage de sable blanc; l'eau est transparente sans une ride, ce premier mouillage se présente bien ! Aussitôt arrivés nous mettons l'annexe à l'eau pour un peu d'escalade et une promenade sur le sable; on a pu tester nos roues pour l'annexe, c'est rudement pratique !

Mardi 29 mai; île de Ulva (l'île de Mull ressemble à un croissant dont les 2 pointes sont à l'ouest et l'île de Ulva est à l'intérieur du croissant côté nord): baie de Cragaig

journée oh combien chargée : nous sommes encore levés de bonne heure, nous n'avons pas encore pris le rythme d'avoir rien de précis à faire. Nous partons vers l'île de Staffa en passant devant l'île de Iona sans faire d'escale parce que le monastère à visiter ne bougera pas de là alors qu'à Staffa il y a une grosse colonie de d'oiseaux dont nos préférés « les macareux-moines » et eux ne restent à terre que le temps de la nidification (environ 2 mois). De plus cette île est une curiosité de la région car elle est constituée dans sa grande majorité de colonnes de basalte comme en Irlande « La Chaussée des Géants » mais en plus belle encore parce qu'il y a des grottes dont une grandiose et absolument splendide Dans les colonnes de basalte.

Nous avons mouillé au nord de l'île à cause du clapot; déjeuner de bonne heure pour descendre vite profiter de tout cela; l'approche en bateau est déjà en soi grandiose ! Nous avons pris le temps de faire tout le tour de l'île par les sentiers les plus au bord de la falaise, nos petits amis les macareux étant au casse-croûte en mer. Puis nous sommes descendus dans la grotte par le sentier balisé pour les touristes, qui viennent nombreux avec des bateaux de passagers, et nous sommes retournés au bateau par le côté des nids des macareux: ils creusent leurs nids comme des terriers dans la lande au-dessus des falaises: ils étaient là par centaines à aller et venir; vous vous asseyez à 10m du bord et vous les laissez venir: ils finissent par la curiosité à venir à 50cm de vous ! MAGIQUE ! On a dû rester là au moins 1h en présence que quelques autres personnes; personne ne parlait, il n'y avait que les appareils photos qui émettaient de temps en temps un petit bip. On est partis parce que l'on voulait rentrer dans la grotte avec l'annexe avant qu'il ne fasse trop sombre; en fait les bateaux de passagers ne peuvent pas rentrer dans la grotte, c'est trop étroit mais avec l'annexe...Jules Vernes a utilisé cette grotte dans un de ses livres, il y rentre le Némo.



Ce soir nous en avons plein les yeux de cette île; nous la quittons pour un mouillage plus sûr un peu plus au nord, sur la côte sud de l'île de Ulva. Le beau temps chaud est déjà fini mais les beaux jours sont là tout de même avec 15-180°C en mer .


mercredi 9 mai 2012

Marina d' Oban, ile de Kéréra le 9 mai 2012



Voici donc la première édition de ce blog 2012 tant attendu par beaucoup de personnes de notre entourage; il est vrai qu'il y a déjà 1 mois que nous sommes ici mais nous ne naviguons pas encore car nous avons entamé nos travaux de l'année à la petite vitesse; on ne peut pas dire qu'il fasse mauvais temps car il ne pleut pour ainsi dire pas , le ciel est très souvent d'un beau bleu limpide mais il fait anormalement froid pour cette saison. Cette température basse nous a obligés à utiliser un autre système de collage pour notre pont à réparer et la mauvaise surprise de l'année a été l'état assez pitoyable de notre annexe qui est pour nous un élément indispensable de nos navigations mais bon je ne vais pas rentrer dans les détails ce serait fastidieux, je vais donc passer à autre chose !Depuis que nous sommes devenus à moitié terriens Landais, nous avons de plus en plus d'amis complètement terriens eux et ce premier message de notre blog leur est dédié car peu de ces personnes connaissent notre bateau; il est vrai que depuis que nous avons créé ce blog nous n'avons jamais fait de description de notre Romico, je vais donc réparer cette lacune avec bien sûr quelques photos. Que ceux qui connaissent notre maison flottante nous pardonne le peu d'intérêt pour eux de ce premier message de l'année !

Notre Romico est né en 1964 et a été mis à l'eau sous ce nom de Romico, aucun de ses nombreux propriétaires successifs n'ayant eu l'idée de le débaptiser (il est bien connu dans le milieu maritime que cela porte malheur de changer le nom d'un bateau !); il a été construit à Rezé les Nantes ( dans la banlieue de Nantes ) dans un chantier qui n'a existé que 2 ans et qui a construit 4 bateaux: 2 pêcheurs, une goélette de 20m et notre ketch ( sur un ketch il y a 2 mats dont le plus grand est devant, sur une goélette il est derrière ou il a la même taille que l'autre ). Nous en sommes devenus propriétaires le 2 avril 1996 il y a donc déjà 16 ans; à part la coque qui est une très belle construction, le bateau était dans un état pitoyable et nous nous sommes donc retroussés les manches Bernard et moi-même pour le remettre en état et l'améliorer. Pendant 5 ans il n'y a pas eu de navigation du tout et à part une petite semaine de vacances par ci par là, on a travaillé 7 jours sur 7; un ami de Bernard est venu nous aider les 3 premières années pour le gros-œuvre car en plus je travaillais encore. Tout y est passé: on a vidé tout l'intérieur, on a refait toutes les cloisons, tout le tour et le toit des 3 cabines, le pont y compris tous les barreaux qui le tiennent ( les barreaux étant en quelque sorte les poutres qui soutiennent un toit ) et j'en passe et des plus compliqués; nous étions de bons bricoleurs, nous sommes devenus de très bons bricoleurs ! Nous n'avons jamais baissé les bras même si quelquefois nous avions l'étrange impression de ne pas avancer ; pour nous soutenir le moral nous avions au pied du lit, punaisé au mur, une vue du bateau tel qu'il est maintenant, dessiné et colorié par mes soins. Nous avons réaliser tous ces travaux avec le bateau à l'eau et non à terre dans un port de Méditerranée qui se trouve sur une petite île à l'Ouest de Toulon: l'île des Embiez et la première année nous avons déménager dans un petit appartement sur l'île même pour être sur place plus vite; il n'y avait que notre fille qui allait à terre tous les jours pour aller à l'école ! Personne ne pensait que nous tirerions quelque chose de cette espèce d'épave dont nous étions tombés amoureux ! En décembre 99 le bateau était de nouveau étanche à l'eau douce et dès le mois de juin suivant nous emménagions à bord tout en faisant les finitions, qui étaient bien longues comme toutes les finitions; enfin en août 2001 nous partions un mois en Corse après avoir rangé les outils provisoirement. En 2002 nous avons réussi à partir 3 mois et enfin en juin 2003, en plein pendant la canicule, nous avons larguer définitivement les amarres de notre île, direction l'atlantique et c'était provisoire.............le provisoire étant fait pour durer n'est-ce pas ? Nos gros travaux ont bien durés 7 ans alors que nous avions parlé de 2 ans , plus 1 an , plus 1 an.......


Notre bateau est entièrement en bois, en acajou pour être plus précise, il fait 12m80 de long pour 4m de large, avec une quille dite «  longue » comme tous les bateaux en bois, ce qui nous permet de pouvoir nous échouer avec des béquilles (voir la photo );à l'intérieur,outre le carré qui fait salon-salle à manger-cuisine et poste de barre( la barre étant le volant de conduite) nous avons également 2 cabines pour 2 personnes plus 1 personne dans la nôtre et une salle de bains avec wc et douche nous l'avons amélioré en ajoutant un bout- dehors ( sorte de mat à l'horizontal dépassant à l'avant ) et un support pour notre annexe sur l'arrière que l'on appelle des bossoirs ( cela nous permet de ne pas la traîner en remorque et de ne pas nous gêner sur le pont). Nous sommes pratiquement autonomes car outre les 5 voiles qui nous permettent de naviguer par presque tous les temps, nous avons un excellent moteur puissant de 130 CH avec une réserve de gasoil de 800L, une réserve d'eau de la même quantité, plus un dessalinisateur ( qui nous permet de transformer l'eau de mer en eau douce ), une machine à laver le linge de 3 kg, un poêle qui fonctionne au gasoil, un bon frigo et à l'extérieur une éolienne et un panneau solaire qui nous permettent de tenir une dizaine de jours au mouillage (donc sans possibilité de raccordement électrique ) sans mettre le moteur en marche pour recharger les batteries; notre annexe est également en bois avec possibilité de la faire avancer à la voile elle-aussi mais on utilise plutôt un moteur hors-bord........ ou les rames si on ne va pas loin ! On peut monter à 4 dedans sans se mouiller les pieds ni les fesses non plus d'ailleurs ! Nous avons aussi bien sûr beaucoup d'électronique comme un GPS, un radar ( qui voit beaucoup mieux que nous surtout la nuit !) pour surveiller les alentours, un sondeur qui nous permet de savoir combien il y a d'eau sous le bateau, cela évite en théorie les échouages imprévus, une VHF qui est une espèce de radio-téléphone qui nous permet de communiquer avec les sémaphores à terre et les autres bateaux ( on vient même d'en acheter une nouvelle qui nous dira qui est le cargo qui passe à proximité, son nom et sa direction, voir l'âge de son capitaine peut-être...et surtout le plus important c'est qu'en cas de détresse nous n'avons qu'à appuyer sur un bouton qui transmettra à tous les sémaphores ainsi que tous les bateaux de commerce et quelques plaisanciers notre position exacte et qui nous sommes, c'est plus facile pour être secourus) et enfin une BLU qui est aussi une sorte de radio mais la nôtre ne fait que recevoir des messages, nous ne pouvons pas répondre, en revanche couplée à notre ordinateur, elle nous donne des fax météo sur 5 jours, ce qui est extrêmement appréciable.

Tous les 2 ans nous sortons le bateau de l'eau pour repeindre la partie de la coque qui est immergée, gratter l'hélice et changer les anodes; ce que nous venons de faire, nous avons remis à l'eau ce matin de bonne heure.

Des travaux nous avons au moins 500 photos mais le numérique n'était pas très répandu, je n'ai donc pas de photos à ma disposition, pourtant elles méritent le coup d'œil !

Je vous raconterais un peu notre vie ici à Oban dans le prochain message.

















dimanche 2 octobre 2011

Jeudi 22 septembre; Marina d'Oban/ Loch Feochan; 8MN
nous allons essayer de profiter encore un peu de ce pays en attendant le 3 octobre, jour où nous prenons notre place pour l'hiver ici. Il ne pleut plus mais le vent est toujours là quoiqu'un peu moins fort; notre place actuelle le long du quai extérieur n'est pas très confortable avec ce vent, le bateau se cabre et fait des mouvements heurtés, ce qui est très fatiguant. Nous prenons de bonne heure la navette pour Oban, histoire de prendre du pain et quelques autres petites choses indispensables à notre bien-être. Après avoir regardé les cartes, nous décidons d'aller nous réfugier dans le Loch Feochan dans le Sud. Il nous faudra 1h30 pour nous y rendre avec une mer très agitée et le vent qui a repris. On a perdu nos habitudes de tout caler convenablement et beaucoup de choses ont valsées à l'intérieur. Le Loch Feochan est en forme de 8 très allongé avec un passage très étroit entre les 2 boucles mais dans lequel il y a de l'eau, surtout à marée haute comme c'est le cas; beaucoup de courant aussi pour y rentrer mais cette entrée assez tortueuse est bien balisée. On mouille après le petit passage derrière une petite pointe; nous sommes entourés de collines, pour ne pas dire de montagnes, couvertes de bois style bouleaux, noisetiers, chênes et de sapins plantés; pour le moment c'est calme, nous sommes bien à l'abri du vent et surtout de la houle. La météo à venir n'est pas du tout bonne, ce qui compromet grandement un voyage jusqu'à Jura.
Dimanche 25 septembre; Loch Feochan
vent fort, plus de 40 nds à l'abri et pluie violente ont été le lot de ces 2 derniers jours; Bernard a reconnu qu'un voyage à Jura dans ces conditions n'était pas envisageable. Donald nous avait prêté un très beau livre sur les îles Ecossaises, que nous nous sommes dépêchés d'aller acheter: l'auteur, un navigateur, a dessiné la carte de toutes les îles , avec pour chaque île tous les mouillages possibles suivant la météo, ce que l'on y trouve allant de la faune, la flore, la géologie, l'histoire des sites préhistoriques, des ruines, des sources d'eau douce, des pubs et éventuellement si vous pourrez y trouver du gaz; bien entendu en Anglais mais très complet avec de très belles aquarelles, peintes par l'auteur également, et de jolis dessins en noir et blanc. C'est devenu le livre de chevet de Bernard et justement il avait trouvé plein de choses à voir à Jura, d'où son envie d'y retourner ! En fait c'est un ouvrage indispensable pour ceux, qui comme nous, allons faire toutes ces îles, du moins en grande partie. Nous avons passé toutes ces journées à paresser (nous avons du travail qui nous attend à la maison!); à part broder, jouer aux cartes, boire et manger et regarder quelques films, il n'y a pas grand chose à faire.
Lundi 26 septembre; Loch Feochan
enfin une brève accalmie dans ce temps pourri; nous profitons des grands marnages ( pour les Méditerranéens, au moment de la nouvelle lune et de la pleine lune, l'eau se retire plus loin et remonte plus haut que d'habitude, on appelle cela les grandes marées également) et de la marée basse à midi pour faire une expédition de ramassage de coques dans le fond du loch: à un endroit comme celui-là avec un coefficient de marée de plus de 110, en France vous y trouvez plus de 100 personnes: ici nous sommes tout seuls ! Autant vous dire que les coques que nous trouvons sont comme les moules et les champignons: énormes ! Bien sûr si personne ne les ramassent! Nous en ramenons plus de 3kgs que nous mettons en suspens dans un filet spécial dans l'eau le long du bateau en attendant de s'en faire plusieurs ventrées ! Nos casse-croûtes à venir sont assurés et c'est tant mieux car les poissons se font rares dans ce loch.
Mercredi 28 septembre; Loch Feochan
cela fait exactement 4 mois que nous avons quitter Vannes et nous n'avons pas vu le temps passer !Aujourd'hui, oh miracle, il fait très beau et très chaud: 17°C ce matin à 9h et jusqu'à 21 cet après-midi ! Pendant une brève accalmie ces jours derniers nous avions commencé à désarmer le bateau en enlevant les voiles qui nous servent le moins: la trinquette et l'artimon et aujourd'hui nous finissons ce que nous avions commencé; il va falloir faire comme cela dorénavant si on veut être prêts à partir le 11. Le plus gros du travail à faire reste à retirer la grand-voile et le génois que nous préfèrerions faire le long d'un quai pour les plier comme il faut, c'est la meilleure façon de faire durer les voiles, en les retirant et en les mettant à l'abri. De toute façon la météo que nous prenons sur 5 jours nous annonce du beau temps seulement pour dimanche maintenant, nous retournerons donc sûrement ce jour là à Oban et comme il faudra partir de très très bonne heure à cause de la marée, nous aurons, nous l'espérons , le temps dès notre arrivée pour enlever nos voiles restantes; tout le restant peut se faire avec du vent et de la pluie comme retourner l'annexe et la poser sur l'avant du bateau et bien amarrer le bateau: nous aurons une place de 2 bateaux entre 2 catways pour éviter de cogner justement. Nous avons déjà vidé une des cales arrières pour trouver le gros convecteur électrique que nous ne pensions pas utiliser cette année et nous n'étions pas trop de 2 pour le faire car il fallait sortir beaucoup de choses avant de le trouver et ensuite tout remettre; nos bagages sont bien avancés eux aussi, donc tout va bien.
Jeudi 29 septembre; Loch Feochan
nous avions envisagé d'aller refaire un petit séjour à Pouilladobhrain mais le vent hier soir est reparti de plus belle avec cette fois des rafales brutales passant en quelques secondes de 0 à 40 nds; c'est totalement décourageant; pluie et vent toute la nuit et ce matin encore; et puis après déjeuner, le vent est tombé et la pluie a cessée. Un coin de ciel bleu est apparu et nous en avons profité pour retourner aux coques et aux moules: ne croyez surtout pas que les moules soient fortement accrochées aux rochers comme souvent chez nous, non non, elles sont posées à la verticale sur la vase et font comme un tapis; on comprend maintenant, en voyant cela, pourquoi dans certains coins les pêcheurs les ramassent avec de grosses dragues métalliques comme en Irlande ! Bien sûr ils ne viennent pas le faire dans le fond des lochs, donc elles prolifèrent et grossissent beaucoup. Quand aux coques, elles sont à peine enterrées, donc assez visibles, parce que la vase est pleine de petits cailloux qui les empêchent de s'enfoncer; on n'a pas vu âme qui vive venir en ramasser ! Notre récolte a été encore assez fructueuse; avant de rentrer nous allons faire un petit tour vers l'autre bassin du loch où il n'y a en fait rien d'intéressant à voir si ce n'est une vingtaine de bateaux sur bouées et quelques maisons au bord de l'eau.
Vendredi 30 septembre; Loch Feochan
enfin du beau temps et il fait chaud en prime et quand je dis chaud c'est tout de même 20°C et en prime plus un poil de vent: extraordinaire ici et en cette saison; nous hissons notre grand-voile pour la faire séchée, faisons tourner notre groupe électrogène et tourner la machine à laver; toute ma lessive va sécher elle aussi très bien. Journée chargée donc parce qu'avoir les voiles à l'intérieur demande une certaine organisation: les sacs de voiles, qui sont tout de même tous assez gros, vont sur la couchette avant mais avant il faut retirer les matelas de la-dite couchette(ils n'aiment pas avoir du poids ainsi pendant 6 mois cela les écrasent trop) et leur trouver une place ainsi qu'à nos bagages, sans nous gêner pour vivre cela va de soi ! Nous arrivons à enlever et plier la grand-voile sans être le long d'un quai, c'est beaucoup moins bien fait et le vent c'est quelque peu relevé mais c'est fait et avec cette météo bizarre, il vaut mieux être prudent et ce qui est fait n'est plus à faire....
Samedi 1 octobre; Loch Feochan
petit déjeuner dehors, ce qui ne nous était guère arrivé encore, avec 19°C de bon matin; malheureusement cela n'a pas duré, le ciel est devenu de plomb, il s'est mis à crachiner et la température a chutée. Repos à l'intérieur.
Dimanche 2 octobre; Loch Feochan/Marina d'Oban: 7MN
départ pour Oban à 9h30 avec la pleine mer et le courant commençant à descendre pour nous aider dans la passe difficile et très étroite de l'entrée du loch; il fait un temps minable avec très peu de visibilité et les nuages sont accrochés à mi-montagnes; nous sortons au ralenti avec le radar allumé au cas où mais à la sortie du loch on aperçoit un joli bout de ciel bleu sur l'île de Mull au NW. Nous arrivons à destination après 1h30 de navigation pépère au moteur et allons prendre tout de suite la place qui nous est normalement dévolue pour l'hiver; un voisin de bateau vient nous voir pour des renseignements sur notre poêle et nous lui faisons visiter le Romico du coup. Il fait très beau depuis notre arrivée, nous hissons donc notre dernière voile à faire séchée; nous sortons de nos réserves de grandes et grosses amarres pour l'hiver que nous mettrons en place quand la capitainerie aura confirmée demain que nous sommes bien à la bonne place. Notre génois est plié et rangé ce soir, il ne reste plus que nos écoutes qui ont du mal à sécher mais que nous mettons à l'intérieur si on veut qu'elles sèchent; nous avons fait les ¾ de ce qu'il y avait à faire pour hiverner le bateau et cela tombe bien car le ciel ce soir est de nouveau noir et à part demain, la météo à venir ne nous incitera pas à sortir les maillots de bain ! Nous demanderons de l'aide pour retourner l'annexe et la mettre sur l'avant du bateau mais il nous reste une semaine pour çà et ce qui reste à faire, on est dans les temps. Demain virée à terre pour quelques courses et un ship pour trouver du matériel que nous devons changer tel qu'une drisse abimée, de grosses manilles etc...Il y a un peu d'usure dans notre matériel, ce qui est totalement normal après 10 ans de navigation, mais comme nous enlevons pratiquement tout pour chaque hiver, nous avons donc très peu de mauvaises surprises. Ceci est la fin de notre voyage pour cette année; les projets pour l'an prochain sont d'aller faire les Hébrides, iles qui sont à l'Ouest, l'île de Sky et avant faire le tour de l'île de Mull; s'il nous reste du temps nous pousserons jusqu'aux Orcades, sinon ce sera pour l'année d'après. Cet hiver nous allons regarder beaucoup plus sérieusement où hiverner l'hiver suivant pour ne pas faire comme cette année. Je ne pense pas qu'il y aura un autre message à ce blog que je vais achever avec un bilan.
Bilan de notre voyage:
comme nous avons pris plus de temps pour rester dans les endroits où nous allions, nous avons vu plus de choses et nous avons rencontré plus de gens; contrairement à nos amis du « Saffire », nous n'allons vers les autres bateaux qui sont au mouillage près de nous car nous ne sommes pas toujours très à l'aise avec notre anglais (mais de toute façon nous avons rarement eu des bateaux à côté de nous); si les gens viennent vers nous c'est qu'ils ont envie de communiquer et qu'ils sont intéressés par notre bateau, qui est très spécial. Et justement l'originalité de notre bateau fait que certaines personnes nous prennent pour des excentriques inintéressants . Quoiqu'il en soit, nos rencontres ont toutes été intéressantes, que ce soit en Irlande ou en Ecosse. La vie a énormément augmentée aussi bien en Irlande qu'en Écosse et les prix sont maintenant plus élevés que chez nous ce qui revient à dire que cela devient un luxe de voyager sauf si l'on peut pêcher à la ligne ou à pied. En Irlande sur la côte Est nous n'avons pas eu le choix pour mouiller, nous avons dû rentrer dans beaucoup de ports si nous voulions voir quelque chose et cela a fini par grever notre budget mais nous n'avons aucun regret car nous avons vu de bien belles choses. Mais je le répète, cette côte Est est très industrialisée et très Anglaise dans leur façon de vivre; très différente en cela de la côte Ouest qui est restée sauvage et très Celtique. Quand à l'Écosse, le pays n'est pas aussi sauvage qu'on peut le penser, du moins dans les coins que nous avons vu; nos guides maritimes que nous avons achetés l'hiver dernier et qui ont été édités en 2008 sont en partie dépassés par les évènements: les auteurs le reconnaissent d'ailleurs en disant que depuis qu'ils ont fait les relevés, les bateaux se sont multipliés de façon dramatique et ils sont en dessous de la vérité ! Tout un chacun a maintenant envie d'avoir un bateau comme ailleurs en Europe, les marinas se sont multipliées elles aussi bien sûr et vous trouvez partout du monde et des bateaux sur bouées dans tous les lochs. Dire que cela est bien ou pas n'est pas mon propos, je ne fais que constater un état des choses ! Pour la nourriture, si les prix ont augmentés, la variété a augmentée elle aussi: on trouve plus facilement des fromages du pays, plus de variétés en tout cas, plus de variétés également de légumes et de fruits, la viande y est meilleure qu'il y a 4 ans et on trouve du pain comme chez nous et qui se conserve mieux; les vins sont importés d'Afrique du Sud ou de l'Argentine et sont à des prix abordables. Les restaurants sont devenus inabordables avec des menus à 50 Livres, ou euros en Irlande, sauf si vous y allez à midi pour un « lunch » ce qui vous fait un plat très convenable à 12 Livres et pareil en euros en Irlande; maintenant ils vous propose un dessert, dont il y avait très peu il y a 4 ans, pour 4 ou 5 Livres mais souvent vous n'avez plus faim pour cela. En Irlande de l'Ouest nous avons trouvé partout des circuits touristiques en bus très bien organisés: il y en a très peu, voir pas du tout à l'Est et en Écosse non plus, sauf de prendre un Tour -opérator sur plusieurs jours par une agence de voyage. Enfin la population des jeunes est devenue obèse, surtout en Irlande, parce qu'ils boivent et mangent n'importe quoi à toute heure de la journée, ce qui est navrant ; les magasins de bonbons se sont multipliés comme les petits pains ! Les Celtes sont d'un naturel aimable et serviable mais les jeunes n'ont pas l'air de vouloir continuer. En Irlande de l'ouest on parle le Gaëlique couramment même à l'école, en Irlande de l'est on ne parle que l'anglais, en Ecosse également.
Pour ce qui est de notre navigation, nous n'avons fait que 1090 MN pour 126 jours de mer et 43 jours de navigation, ce qui fait une moyenne approximative de 1 jour sur 3 de navigation; en fait le calcul serait plus compliqué que cela car quelquefois nous avons fait une très courte distance ou bien comme à Waterford où nous sommes sortis pour la journée avec un retour à la case départ. Nous sommes pratiquement restés une semaine à chaque endroit où nous nous amarrions et c 'était très bien comme cela car cela nous a permis de voir du monde et de bien jolis coins. Le plus beau à nos yeux a été le canal de Crinan, que nous avons eu la chance de voir sous un beau soleil, et qui a été une très belle expérience, surtout pour nos amis qui n'avaient jamais passé d'écluses ( oh pardon si, une fois à St Malo à l'achat de leur bateau). L'endroit le moins agréable a été en Irlande, Arklow et peut-être aussi Drogheda, 2 villes qui ont apparemment perdu leur principale activité qui était pour l'une la construction navale et l'autre de l'industrie tout court: des gens au chômage et des jeunes en pleine dérive. En Ecosse nous ne sommes pas du tout allés vers les zones industrielles qui se trouvent principalement dans le secteur de Glasgow et entre Campbeltown et Oban nous n'avons pas vu de grande ville.
Voilà pour cette année 2011 et à l'année prochaine et en attendant passez un bon hiver et peut-être nous verrons nous.
Dominique et Bernard